Al-Ahram Hebdo, Evénement |  Visions discordantes
  Président Salah Al-Ghamry
 
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 Semaine du 27 septembre au 3 octobre 2006, numéro 629

 

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Evénement

Palestine. Le Hamas et le Fatah peinent à adopter une vision commune. Ce qui complique la formation d’un gouvernement d’union nationale et rend de moins en moins probable la relance du processus de paix.

 Visions discordantes 

Les risques de « fragmentation », si l’on se permet d’emprunter le terme du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, sont à prendre au sérieux. En effet, le dossier palestinien ne montre aucun signe d’espoir, et le fossé entre le Hamas et le Fatah s’élargit, écartant les chances d’un compromis autour d’un gouvernement d’union nationale. Pour cause : l’épineuse question de la reconnaissance d’Israël. Une question qui divise les dirigeants palestiniens. Certains sont allés jusqu’à parler d’un pouvoir à double tête avec un double discours. Ce qui n’est pas faux. Les propos des responsables sont en effet contradictoires. Alors que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbass, a souligné, à la tribune de l’Assemblée générale de l’Onu, que tout gouvernement palestinien reconnaîtrait Israël et les accords conclus avec lui, notamment les lettres de reconnaissance mutuelle (entre l’Etat hébreu et l’OLP) datées du 9 septembre 1993, le Hamas disait le contraire. Ahmad Youssef,  conseiller d’Ismaïl Haniyeh qui a réagi aux propos de Mahmoud Abbass, a été d’une extrême clarté. « La ligne politique du Hamas fait que ce dernier ne peut participer à un gouvernement qui met la reconnaissance d’Israël dans son programme politique », a-t-il déclaré vendredi matin. De son côté, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Mahmoud Zahar, du Hamas, a dit qu’une « telle reconnaissance serait très dangereuse pour la cause palestinienne ainsi que pour le Liban et la Syrie dont les terres sont occupées par l’Etat hébreu ».

De quoi discréditer le chef de l’Etat et représentant du Fatah qui était allé à l’Assemblée générale à New York pour obtenir notamment la reprise des aides internationales et des promesses pour relancer le processus de paix. De quoi ramener, aussi, les négociations interpalestiniennes à la case départ. M. Abbass a d’ailleurs accusé, samedi, le Hamas d’être revenu sur ses engagements. « Malheureusement, après la signature de l’accord (concernant le gouvernement d’union nationale), il y a eu régression (...) et nous sommes revenus au point de départ. Nous allons réexaminer la question », a-t-il dit. Il a également déclaré que les Etats-Unis et les pays européens membres du Conseil de sécurité des Nations-Unies ne jugeaient pas la position du Hamas « favorable à la formation d’un gouvernement d’union nationale ».

On se retrouve ainsi dans un cercle vicieux. Le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Onu, Union européenne, Russie) a posé trois conditions pour la reprise des aides directes à l’Autorité palestinienne, suspendues après l’entrée en fonction du Hamas fin mars : reconnaissance d’Israël ainsi que des accords conclus avec ce pays et renonciation à la violence.

Les Etats-Unis ont de même répété leur exigence que ces conditions soient remplies. « La seule voie possible (pour une reprise du versement des aides qui ont été suspendues) est d’avoir un gouvernement palestinien (...) qui adopte les conditions posées en janvier par le Quartette », a déclaré le porte-parole adjoint du département d’Etat, Tom Casey. Bien plus, Washington menace de bouder les membres du Fatah qui appartiendraient à un gouvernement dirigé par le Hamas qui n’accepterait pas les conditions de la communauté internationale.

Israël rejette la trêve

Néanmoins, tout en soulignant sa volonté de parvenir à un gouvernement de coalition, le Hamas n’a pas l’intention de fléchir face à ces pressions croissantes. M. Haniyeh a réitéré la position de son gouvernement : la solution au conflit israélo-palestinien ne passe pas par la cohabitation de deux Etats, l’un juif, l’autre palestinien. Le Hamas souhaite la création d’un Etat palestinien, qui remplacerait à terme l’ensemble d’Israël. Mais il a proposé une « trêve de 10 ans » à l’Etat hébreu et non d’une vraie paix dans le conflit entre Israéliens et Palestiniens. « Une tierce partie doit jouer le rôle de médiateur pour parvenir à cette trêve », a indiqué M. Youssef, conseiller de Haniyeh sans préciser quel pays pourrait être impliqué dans d’éventuelles négociations. M. Youssef a cependant souligné que le prochain cabinet « respectera les accords (signés avec Israël) s’ils ne vont pas à l’encontre des droits et des principes palestiniens ».

Proposition immédiatement rejetée par Israël. Une trêve « ne nous intéresse pas. Ce que nous exigeons de tout gouvernement palestinien pour pouvoir reprendre le dialogue, c’est qu’il se plie aux conditions fixées par la communauté internationale », a réaffirmé Avi Pazner, porte-parole du gouvernement israélien.

Selon certains analystes, le blocage actuel est de la responsabilité du mouvement de résistance du Hamas qui refuse tout ce qui porte atteinte à son idéologie et qui ne met pas en tête la priorité du peuple palestinien. « Le Hamas a des calculs qui ne concernent pas uniquement la cause palestinienne. Ses positions peuvent, à titre d’exemple, correspondre à des calculs syriens », souligne le politologue Emad Gad, rédacteur en chef d’Israeli Digest.

« Le Hamas doit être plus flexible et faire des concessions, la question de reconnaître ou non Israël est désuète, c’est un pays membre de l’Onu, il faut dépasser cette phase et attaquer ce qui est plus important », souligne un autre chercheur.

Un avis qui n’est pas partagé par d’autres qui voient que toutes les pressions sont exercées sur le Hamas et non sur aucune autre partie et qu’il faut accorder l’importance à l’origine du problème. « Le plus dangereux pour la région, c’est l’approche que font les Etats-Unis pour la situation au Moyen-Orient. Israël a réussi à taxer la résistance de terrorisme et les Etats-Unis l’ont suivi dans ce chemin. Le président américain George W. Bush n’accorde aucune importance au règlement du conflit arabo-israélien, et il n’y a pas de date fixée pour l’établissement de l’Etat palestinien », souligne M. Kamal Nagui, chercheur en droit international.

Et pour preuve de la partialité américaine, la réunion ministérielle du Conseil de sécurité, tenue la semaine dernière et destinée à examiner des idées présentées par les pays arabes pour relancer le processus de paix, n’a réalisé aucun résultat tangible à cause de Washington qui a voulu éviter que la réunion ne se transforme en une tribune anti-israélienne. Dans ce contexte, les Palestiniens n’ont qu’à régler leurs différends dans les plus brefs délais pour former un front uni et éviter une effusion de sang qui profite à l’ennemi.

Rania Adel

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