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Iran. Le dossier du programme nucléaire de la République islamique sera transféré au Conseil de sécurité de l'Onu. Prélude à d'ultimes tentatives de règlement, avant d'éventuelles sanctions.

L'escalade

L'exécutif de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) a entamé lundi à Vienne le réexamen du dossier nucléaire controversé de l'Iran, en « prélude », selon Washington, à une convocation du Conseil de sécurité de l'Onu, que l'AIEA avait informé il y a un mois. Le directeur de l'agence, Mohamad Al-Baradei, a estimé à l'ouverture de la réunion qu'un accord était encore possible pour éviter un recours au Conseil de sécurité. Il a indiqué « vivement espérer » qu'un accord négocié entre Européens et Iraniens intervienne « dans la semaine qui vient » autour du programme iranien de recherches sur l'enrichissement d'uranium.

Mais l'Iran reste intransigeant sur son « droit » à poursuivre l'enrichissement de l'uranium à petite échelle, une demande qui a fait capoter vendredi d'ultimes discussions avec les trois pays européens impliqués depuis 2004 dans la crise iranienne : Allemagne, France et Grande-Bretagne (UE-3). « La recherche et le développement sont dans notre intérêt national et l'Iran ne reviendra pas sur cela », a déclaré dimanche le principal négociateur du nucléaire iranien, Ali Larijani. « La recherche nucléaire va se poursuivre, et les menaces, la propagande et l'intimidation ne nous toucheront pas », a aussi déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Hamid Reza Assefi. M. Larijani a même laissé entendre que son pays, quatrième producteur mondial de brut, pourrait utiliser l'arme pétrolière en cas d'escalade si les pressions internationales affectaient son pays.

Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA va constater que l'Iran ne s'est pas conformé à sa demande de suspendre toutes ses activités liées à l'enrichissement. Cette demande a été exprimée par l'AIEA dans une résolution le 4 février dernier. Mais Téhéran a lancé depuis un enrichissement à très petite échelle à Natanz (centre), dans un but déclaré de « recherche ». Les Occidentaux refusent que l'Iran avance dans l'enrichissement car cette technique permet à terme d'obtenir la charge fissile d'une arme nucléaire. Une nouvelle résolution des 35 pays de l'exécutif de l'AIEA semblait cependant improbable, faute de consensus entre Occidentaux, Russes, Chinois et Indiens, au cours de cette réunion qui pourrait s'achever dès ce mercredi. « Le Conseil des gouverneurs va examiner le dernier rapport du directeur général de l'AIEA Mohamad Al-Baradei, qui sera ensuite automatiquement transmis au Conseil de sécurité », a indiqué un porte-parole de l'agence, Peter Rickwood.

Dans ce rapport présenté lundi dernier, M. Al-Baradei s'est inquiété de questions non résolues, mais sans aller jusqu'à accuser l'Iran de rechercher l'arme nucléaire. Après avoir constaté en septembre 2005 que l'Iran n'était « pas en conformité » avec ses obligations de non-prolifération, le Conseil des gouverneurs avait déjà « fait rapport » le 4 février dernier au Conseil de sécurité. Mais il avait alors donné un mois à l'Iran pour répondre à ses demandes en demandant qu'il n'y ait pas de mesures prises à New York jusqu'à la réunion du 6 mars. Les Iraniens ont tenté le week-end dernier, par des contacts avec la Russie et l'UE, de les convaincre d'accepter « une suspension sélective » qui impliquerait un moratoire de deux ans sur l'enrichissement industriel, mais la poursuite d'activités de recherches à Natanz. Un accord avec Moscou pour l'enrichissement d'uranium iranien uniquement en Russie n'a pas non plus été possible à la veille de la réunion de Vienne.

La position exprimée par le porte-parole de l'AIEA sur le renvoi automatique du rapport d'Al-Baradei devant le Conseil de sécurité de l'Onu colle avec celle de Washington, pour qui une nouvelle résolution de l'AIEA n'est pas nécessaire pour transférer le dossier iranien au conseil, ce qui pourrait intervenir dans les prochains jours. Si l'affaire semble entendue du côté américain, elle le semble tout autant du côté iranien. « Aller devant le Conseil de sécurité ne fera certainement pas reculer l'Iran sur la recherche et le développement », a asséné M. Larijani, alors que M. Assefi a assuré que « l'Occident ne doit pas faire l'erreur de croire que nous cherchons à négocier », sur la recherche.


Le plan américain

Malgré le prochain renvoi du dossier nucléaire iranien devant le Conseil de sécurité, les Etats-Unis ont fait savoir que la prise rapide de sanctions contre la République islamique n'est pas à l'ordre du jour, a indiqué samedi la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, à Islamabad, lors d'un point de presse en marge de la visite du président George W. Bush au Pakistan. Washington chercherait, selon le Washington Post de samedi, à obtenir du Conseil de sécurité qu'il fixe un délai de 30 jours à l'Iran pour arrêter son programme nucléaire. Selon des diplomates européens et américains, les Etats-Unis s'attendent toutefois « à des négociations difficiles » entre les 15 membres du Conseil de sécurité et indiquent que « beaucoup dépend de la Russie ».

Selon le Washington Post, « les diplomates américains ont préparé un projet de texte pour qu'il soit adopté par le conseil sur la base des derniers éléments mis à jour par l'AIEA ». Ce projet donne 30 jours à l'Iran pour suspendre ses activités nucléaires et coopérer avec les inspecteurs ou être confronté à des sanctions diplomatiques plus dures. Parmi les mesures citées figurent une interdiction de déplacement à l'étranger pour les dirigeants iraniens, des sanctions économiques ou un embargo pétrolier. « L'idée est de commencer doucement avec une déclaration du président (du Conseil de sécurité de l'Onu), la détermination d'un calendrier et donner une échéance aux Iraniens pour répondre. Après, nous augmentons le pression avec une résolution », a confié un diplomate américain.

Les Etats-Unis comptent aussi présenter au Conseil de sécurité des éléments de preuve sur une bombe nucléaire iranienne provenant d'un ordinateur portable volé. Selon l'hebdomadaire américain Time de dimanche, les Etats-Unis vont soumettre au conseil des documents provenant de cet ordinateur appartenant à un ingénieur iranien et qu'ils ont obtenus. Ceux-ci montrent des dessins ressemblant aux premières bombes atomiques américaines. « En raison de la taille, du poids et de la puissance ainsi que de l'altitude fixée pour l'explosion, cela ne peut que se rapporter à une bombe atomique », affirme un diplomate occidental, sous le couvert de l'anonymat .

Hicham Mourad
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