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Focus sur la crise iranienne
Par Salama A. Salama

Quand j’ai visité l’Iran pour la première fois, c’était à peine quelques semaines avant le déclenchement de la Révolution islamique. C’est-à-dire juste avant le retour de Khomeiny de Paris et l’exil du shah d’Iran en 1979. A cette époque, l’Iran vivait une mutation profonde tout en paraissant calme et serein en surface. Malgré tous les indices qui semblaient prévenir des événements importants, Washington n’a pas compris la réalité de la conjoncture sociale qui devait être le prélude à l’ascension des hommes de religion au pouvoir.

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Le monde entier a témoigné de l’escalade de la tension entre l’Iran et Washington. D’abord, les forces de la garde révolutionnaire avaient assiégé l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran. Puis des événements violents ont succédé. Les Etats-Unis ont imposé un blocus politique et économique sur l’Iran et ont déclenché des campagnes médiatiques féroces qui n’ont jamais cessé. Et l’affaire ne s’est pas terminée avec le déclenchement de la guerre entre l’Iraq et l’Iran qui a duré 8 ans. Les Etats-Unis et leurs alliés du Golfe arabe ont joué un rôle important dans cette guerre en présentant des aides financières et des armes à Saddam Hussein. Quand ce conflit a pris fin, personne n’a pu empêcher Saddam d’envahir le Koweït. C’était le piège tendu par les Etats-Unis pour se débarrasser de Saddam qui était devenu trop dangereux et menaçait les intérêts américains.

Tout le monde sait ce qui s’est ensuite passé dans la guerre contre l’Iraq, considérée par Washington comme la plus importante après la guerre froide, pour faire face au danger qui menace les Etats-Unis après les incidents du 11 septembre 2001. Washington a alors voulu faire la guerre au terrorisme et à la dictature répandus dans le monde islamique.

J’ai eu l’occasion la semaine dernière de visiter une nouvelle fois l’Iran. Cette fois aussi, la tension pèse sur l’Iran et sur toute la région, mais la cause n’est plus la chute du régime du shah pro-américain qui assumait le rôle de gendarme au Proche-Orient et de gardien des sources de pétrole. Mais la cause est que le régime islamique en Iran, qui a réussi à vaincre tous les complots, a dépassé les limites qui lui étaient permises. Cette force a réussi à obtenir les capacités technologiques les plus sophistiquées : l’énergie nucléaire. L’Iran assure qu’il a le droit d’utiliser cette énergie à des fins pacifiques conformément aux chartes internationales. Mais les Etats-Unis et l’Europe déclarent qu’ils n’ont aucune confiance quant aux intentions de l’Iran qui, un jour ou l’autre, fabriquera la bombe nucléaire. Et ce en plus des dangers de l’influence islamique sur la région.

Les échos du bruit provoqué par l’Occident à ce propos sont clairement entendus dans la région du Golfe. Ce malgré toutes les tentatives américaines de semer la discorde sous prétexte que l’Iran constitue un éventuel danger. Les relations politiques et diplomatiques ainsi que les liens de parenté prouvent sans aucun doute que les pays du Golfe prennent parti pour l’Iran. Ils craignent toutefois la guerre que Washington peut éventuellement déclencher contre la région.

Dans ce contexte, la tournée du président Moubarak dans les pays du Golfe pour mettre en garde contre une probable attaque israélo-américaine se révèle donc être très importante. Cette initiative a été favorablement accueillie par les Iraniens dans un contexte explosif.

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