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  Président Salah Al-Ghamry
 
Rédacteur en chef Mohamed Salmawy
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 Semaine du 27 décembre 2006 au 2 janvier 2007, numéro 642

 

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Palestine . La rencontre entre le président de l’Autorité palestinienne et le premier ministre israélien s’est soldée par quelques mesures qui devraient renforcer le président palestinien dans son bras de fer avec le Hamas.

Maigres avancées

« La glace a été brisée », rien de mieux ne peut qualifier la première rencontre officielle qui a eu lieu à Jérusalem entre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbass et le premier ministre israélien. Une rencontre qui a marqué la reprise du dialogue au plus haut niveau entre Palestiniens et Israéliens. Mais il faut encore que cette rencontre soit suivie d’autres plus fructueuses, comme l’a annoncé le porte-parole de la présidence palestinienne, qui a également qualifié cette entrevue de deux heures d’« utile », les deux responsables s’étant mis d’accord pour relancer le processus de paix. « Les deux dirigeants ont exprimé leur volonté de coopérer comme de vrais partenaires dans un effort pour faire progresser le processus de paix entre Israël et l’Autorité palestinienne », a indiqué le communiqué conjoint publié par la résidence du Conseil israélien à l’issue de cette rencontre. « Le peuple israélien et le peuple palestinien ont suffisamment souffert et il est temps de faire avancer le processus de paix par des mesures concrètes », souligne le communiqué conjoint.

Ce faisant, Abbass et Olmert ont insisté sur « l’importance de l’existence d’un contact direct et sérieux entre eux ». Ils ont convenu de se « rencontrer fréquemment ». Les deux dirigeants ont « discuté du cessez-le-feu en vigueur dans la bande de Gaza et de son extension à la Cisjordanie », dans le cadre des conclusions du sommet de Charm Al-Cheikh de février 2005 entre le président palestinien Mahmoud Abbass et le premier ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon. Ils se sont dit d’accord pour parvenir à « une solution à deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité », en conformité avec la Feuille de route, le dernier plan de paix en date pour un règlement du conflit israélo-palestinien.

De belles paroles qui ne sont, pour l’instant, que des vœux pieux. Car rien n’indique que le gouvernement israélien a l’intention de changer sa politique et de s’engager dans de véritables négociations de paix. Le langage conciliant concédé par le gouvernement Olmert dans le communiqué commun n’est finalement qu’un moyen de renforcer la position du président Mahmoud Abbass dans son bras de fer avec le mouvement du Hamas, qui dirige le gouvernement palestinien. Dans ce même cadre, le ministre israélien de la Défense Amir Peretz a annoncé des mesures d’allègements « immédiates » pour les Palestiniens de Cisjordanie. « Nous avons préparé un plan applicable immédiatement, qui consiste à faciliter la circulation et les mouvements des Palestiniens et à augmenter le nombre de Palestiniens autorisés à travailler en Israël », a-t-il déclaré à la presse à l’issue d’une réunion de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, le Parlement israélien. M. Peretz a précisé qu’Israël allait « démanteler 59 barrages routiers en Cisjordanie en deux phases, d’abord 24, puis le reste ». Un nouveau passage devrait être ouvert pour le transit des marchandises entre le nord de la Cisjordanie et Israël, et les contrôles sécuritaires devraient être assouplis pour faciliter l’accès au territoire israélien des commerçants palestiniens.

Scepticisme

Au cours de leur entretien, Olmert et Abbass ont également évoqué la réactivation d’une « commission mixte pour étudier les normes à suivre pour la libération de prisonniers ». C’est ce dossier des prisonniers qui peut être le plus important de tout ce qu’ils ont discuté. Au lendemain du sommet de Jérusalem, le premier ministre israélien a invité dimanche son cabinet à revoir sa position sur le sort des quelque 8 000 Palestiniens détenus en Israël. Il a suggéré que certains pourraient être relâchés, même avant la libération du caporal Shalit, enlevé par des groupes palestiniens en juin dernier, condition qui était préalable à toute libération des Palestiniens.

« Cette opinion est peut-être différente de ce qui a été dit précédemment lors de réunions du gouvernement mais c’est mon opinion », a déclaré Ehoud Olmert, selon les propos rapportés par un responsable israélien ayant requis l’anonymat. Le premier ministre israélien a laissé entendre que certains prisonniers palestiniens pourraient être libérés pour la fête musulmane du Grand Baïram, qui tombe cette année le 30 décembre dans la région, a précisé ce responsable.

Cette mesure obéit à la même logique : soutenir Mahmoud Abbass, du Fatah, en pleine lutte de pouvoir avec le Hamas. Si des prisonniers étaient libérés, le président de l’Autorité palestinienne pourrait plus facilement persuader ses administrés que la voie de la négociation peut porter ses fruits. Mahmoud Abbass tente de convaincre les Palestiniens que seuls des pourparlers avec Israël peuvent déboucher sur un Etat palestinien indépendant.

Sur un plan plus pragmatique, le chef du gouvernement israélien a accepté de débloquer 100 millions de dollars (76 millions d’euros) provenant de taxes et droits de douanes collectés par Israël pour le compte de l’Autorité palestinienne mais gelés depuis l’arrivée au pouvoir en mars dernier du Hamas. Israël compte transférer bientôt cet argent mais veut s’assurer qu’il ne parviendra pas au Hamas, selon Miri Eisin, porte-parole du gouvernement israélien. Cette mesure devrait soulager la crise financière aiguë dont souffre l’Autorité palestinienne, incapable de payer ses fonctionnaires et aidera M. Abbass à marquer des points face au Hamas.

La rencontre de samedi a été évidemment accueillie avec méfiance par le Hamas, pour qui cette rencontre et son contenu ne répondent pas aux revendications des Palestiniens : « Tous nos droits nationaux, le droit au retour, Jérusalem, l’évacuation des colonies, la libération des prisonniers. Nous attendons du président et de tous les leaders palestiniens qu’ils s’engagent dans ces droits et qu’ils ne donnent pas la possibilité aux Israéliens de se servir de nos difficultés internes, de gagner du temps ou de faire pression sur nous. ». De même, le ministre chargé des prisonniers, Wasfi Kabha du Hamas, a estimé que « cette rencontre n’était que de la poudre aux yeux ». « Aussi bien Abou-Mazen (Mahmoud Abbass) qu’Ehud Olmert sont confrontés à une crise interne et ils se sont rencontrés uniquement pour dire qu’ils espèrent reprendre des négociations », a ajouté ce ministre.

Un professeur de sciences politiques de l’Université de Bir Zeit en Cisjordanie, Ali Al-Jarbawi reste également prudent. « C’est un premier pas, mais nous ne saurons pas s’il est important avant de voir les résultats sur le terrain. Le peuple palestinien veut du concret et pas seulement des rencontres », poursuit cet universitaire. Un autre analyste, Hani Al-Masri, souligne qu’Ehud Olmert « n’a rien donné de tangible à Abou-Mazen ».

Rania Adel

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« Il faut donner la priorité
 au dialogue »

Membre du bureau politique du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), Kayed Al-Ghoul évoque la crise interne sur la scène politique palestinienne et l’éventuelle tenue d’élections anticipées.

Al-Ahram Hebdo : Malgré l’accord du cessez-le-feu conclu entre le Fatah et le Hamas, l’impasse politique reste entière. Comment régler les différends politiques qui opposent les deux parties ?

Kayed Al-Ghoul : Nous devons nous attaquer au dossier politique, la clé de la solution de la crise actuelle. Cette solution ne se fera qu’à travers le dialogue politique global et non pas bilatéral afin de trouver une issue à la formation d’un gouvernement d’union nationale, conformément à la charte de l’entente nationale et suivant un calendrier précis sur lequel s’accorderont toutes les parties, dont le FPLP. Si nous ne parvenons pas à un résultat, nous devrons rechercher une alternative à travers la tenue d’élections anticipées, mais aussi en recherchant une entente active entre les parties concernées.

— Y a-t-il effectivement une possibilité que le dialogue s’élargisse pour englober les forces autres que le Hamas et le Fatah ? Les deux mouvements ont-ils accepté que le FPLP et les autres factions rejoignent le dialogue ?

— Nos confrères du Hamas et du Fatah nous ont informés qu’ils étaient d’accord pour élargir le dialogue aux autres factions. Nous estimons que les deux mouvements ont réalisé que le dialogue bilatéral n’a pas abouti à des résultats concrets. Par conséquent, il est devenu important d’élargir le dialogue.

— Vous venez d’évoquer la tenue d’élections anticipées comme une possible issue à la crise. Etes-vous donc d’accord avec le président Mahmoud Abbass sur cette question ?

— Jusqu’à ce moment, nous incitons au dialogue parce que nous avons toujours cru et nous continuons à croire en l’importance de l’entente. La réalité palestinienne nous impose d’unifier nos institutions et nos forces face à l’occupation. N’oublions pas qu’il existe des équilibres des forces qui nous imposent de parvenir à une entente pour faire aboutir tout accord auquel nous parvenons. Nous essaierons d’éviter des élections anticipées. Abou-Mazen aurait dû accorder plus de temps au dialogue, qui aurait dû englober toutes les factions, et pas seulement le Fatah et le Hamas. Surtout que le dialogue bilatéral a conduit à des divergences qui ne se limitent guère aux deux parties concernées mais s’étendent à d’autres, y compris le FPLP. Différents courants sur la scène palestinienne rejettent le gouvernement d’union nationale, et veulent imposer leur choix d’élections anticipées. Nous avons remarqué qu’Abou-Mazen n’a pas fixé de date pour ces élections, ce qui nous donne le temps de poursuivre le dialogue. Nous espérons progresser, là où le dialogue national a échoué. Dans ce cas nous aurons réussi à nous éloigner des élections anticipées et leurs répercussions. Ce qui importe actuellement c’est de recommencer le dialogue qui nous conduira probablement à des résultats tangibles.

— Quelles sont les conditions nécessaires pour que l’accord du cessez-le-feu tienne ?

— D’abord, il faut réactiver le rôle du Conseil de sécurité national présidé par le président et regroupant le premier ministre, le ministre de l’Intérieur et les responsables des appareils sécuritaires dans l’objectif d’unifier le plan sécuritaire afin de mettre un terme au débordement sécuritaire sur la scène palestinienne. Il est de son ressort également d’unifier l’action des appareils de sécurité pour en fin de compte contrecarrer les groupes qui sont hors la loi. De leur côté, les factions doivent se réorganiser de manière à stopper toutes les manifestations armées et éviter tout débordement dans les rues.

Achraf Aboul-Hol

 




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