Semaine du 1 au 7 mai 2013 - Numéro 972
L’enfer sur terre

Tareq Yassine, Guiza.

Circulation . Un de nos lecteurs exprime son désarroi face aux accidents de la route quotidiens. Les campagnes publiques de prévention n’existent pas, et pour lui c’est un scandale

 

 

La situation en Egypte ne fait qu’empirer sur les routes. Quand je vais au bureau le matin, j’ai l’impression d’aller en guerre à cause de cette circulation infernale. La souffrance est quotidienne pour aller travailler en voiture. Elle l’est aussi pour ceux qui utilisent les moyens de transport. Tout le monde souffre. J’ai commencé à conduire il y a un an, mais à chaque fois que je prends ma voiture je suis angoissé à cause des chauffards qui ont oublié le code de la route. Personne ne respecte les feux, même les piétons. Personne ne met la ceinture, personne ne respecte les limitations de vitesse. Sans compter le calvaire pour garer.

L’absence de la sécurité joue un rôle très important dans ce dossier. Il est rare de trouver un agent de police dans les rues. Les accidents de voiture augmentent chaque jour. Les routes sont mortelles et personne ne fait rien. Pour le gouvernement, la vie de ses citoyens n’a-t-elle plus de valeur ?


Un pays oublié appelé Syrie

Nadia Hussein, Le Caire.

 

Malheureusement, au milieu de tout ce qui se passe dans le monde, la communauté internationale a complètement oublié ce qui se passe en Syrie. Est-il possible que des villes et des villages soient exterminés sans un mouvement de la part des « pays arabes », au moins ?

Les nouvelles douloureuses concernant ce pays ne s’arrêtent pas depuis début 2011. Il y a quelques jours, j’ai lu qu’à peu près 500 personnes, en majorité des femmes et des enfants, ont été massacrées dans l’une des attaques des forces dépendantes du régime de Bachar Al-Assad, président du pays.

Loin du fait qu’il y a ceux qui soutiennent encore le président et ceux qui le qualifient de criminel sanglant devant être puni pour ces crimes, je trouve qu’avec la mort des victimes, la légitimité d’Al-Assad a chuté. Honnêtement, je n’arrive pas à comprendre comment certaines personnes, dont le président lui-même, arrivent à défendre leur situation avec ce nombre de victimes, près de 60 000 personnes !

Personnellement, je n’arrive pas à penser à une solution pour la Syrie. Jusqu’à maintenant et après 2 ans de cruauté, l’armée libre n’a pas pu vaincre le régime de Bachar, et Bachar continue son génocide. Et jour après jour, la Syrie devient la ruine d’un pays qui était autrefois l’un des plus beaux au monde.

Puisque aucun des pays dit « défenseur des droits de l’homme » n’a pu interférer pour la sauver, les Syriens n’ont que le Bon Dieu qui, seul, pourra un jour terminer leur misère.


La belle Egypte d’autrefois

Manal Hamza, Le Caire

 

Je me souviens encore d’un temps où l’Egypte était plus belle que ça. Je me souviens du temps où l’Egypte était une jeune fille attirante. Je me rappelle encore un temps où l’art était très respecté, où la matière présentée à la télévision et à la radio était éducative en premier lieu. Je me rappelle un temps où les chansons étaient de haut niveau.

Je me rappelle un temps où les gens dans la rue étaient toujours élégants, du point de vue des vêtements et de l’attitude. Je me souviens encore d’une Egypte tolérante, libre et libérale. Je me souviens d’une Egypte qui attirait toutes les nationalités et toutes les religions. Une Egypte qui était civilisée même sous l’occupation et la guerre. Une Egypte riche de son peuple et de sa culture. Aurons-nous la chance de vivre dans cette Egypte une autre fois ?


Le chaos s’empare de l’Egypte

Mounir Raafat, Héliopolis.

Ces deux dernières années, après la révolution du 25 janvier, la situation en Egypte a beaucoup changé. La mentalité des Egyptiens a changé de manière flagrante. Notons que le phénomène de l’insécurité augmente de jour en jour. Depuis quelques mois, le ministre de l’Intérieur a donné un délai de quelques jours aux marchands ambulants pour abandonner les trottoirs et mettre fin au chaos qui envahit les rues du pays. C’est une bonne décision. Mais il faut noter que les décisions antérieures du même genre n’ont jamais connu de succès. Rien n’a changé. Jusqu’à nos jours-ci, les marchands ambulants occupent toutes les rues principales. Un autre phénomène est apparu depuis quelque temps concernant les hôtels islamiques, c’est-à-dire sans alcool, ni danse, ni musique. Pour quelle raison les femmes se sont séparées des hommes ? L’Egypte sera-t-elle dans la même situation que l’Arabie saoudite ? J’espère que non. Je n’aimerais pas voir mon pays se transformer en un pays islamique.


Le prince des controverses

Abdallah Ahmad, Alexandrie.

 

Qui est Hazem Abou-Ismaïl ? Vraiment, j’aimerais comprendre pourquoi et comment cette personne a-t-elle pu occuper cette attention ? Je comprends bien qu’il a commencé ses apparitions dans les médias pendant la campagne présidentielle, mais qui est cette personne et quel est son poids politique pour s’imposer et soulever tant de controverses ? Ce que je sais d’Abou-Ismaïl, avant qu’il ne se présente à la présidentielle, c’est qu’il était un avocat peu connu. De même, il aurait pu être même un candidat fade, comme beaucoup qui ne présentaient pas les critères demandés pour la fonction. Seule l’immense campagne de publicité, injustifiée, a pu attirer l’attention de la rue égyptienne vers ce candidat inconnu.

Mais il faut l’admettre, le calme qu’éprouve Abou-Ismaïl en parlant de ses plans illogiques, irréalistes, effrayants et inacceptables a donné à cet homme un charisme auquel plusieurs n’ont pas pu résister. Il suffit de le regarder en parlant de ses plans concernant le tourisme, l’économie, les affaires intérieures … Il ne dit que des « perles ». Je vous invite tous à y jeter un coup d’oeil sur Internet.

Aussi, je l’admire quand il assure la légitimité du siège effectué avec ses supporters de Media Production City, pendant qu’il critiquait et reprochait les manifestations qui se tenaient devant le palais présidentiel d’Héliopolis. Il dit ce qu’il veut avec un sourire figé et un sang-froid impressionnant.

J’aimerais saluer M. Hazem Abou-Ismaïl, qui, malgré sa creuse personnalité et ses idées superficielles, a pu s’assurer une place dans les débats de la rue égyptienne.


Moubarak dans les coeurs

Rami Youssef, Cheikh Zayed.

 

Récemment, dès que je prends un taxi et commence à discuter avec le chauffeur, il se met à critiquer le président et le gouvernement. A chaque fois que je commence à parler de la révolution, les gens se mettent à déprécier la révolution et ses effets. De plus, tous ceux à qui je parle commencent à éprouver de la sympathie vis-à-vis de l’ancien président Moubarak. Comment est-ce possible ? Moubarak est maintenant une victime ?! Le problème est que cela devient de plus en plus une tendance générale.

Le régime actuel des Frères musulmans a aidé la cause de Moubarak. Les gens ne le voient plus comme dictateur qui a fait plonger le pays dans la pauvreté, l’ignorance et la corruption pendant plus que 30 ans, mais comme président qui les a protégés des Frères « malins ».

Imaginez que la population favorable au président a beaucoup augmenté avec l’accès des Frères au pouvoir … Il ne serait pas curieux de voir Moubarak innocent et d’observer la joie de la rue égyptienne après le verdict. Les personnes qui avaient soutenu la révolution sont maintenant celles qui soutiennent Moubarak et assurent la nécessité de son retour au pouvoir. Bref, la tyrannie et la cruauté des Frères sont la cause derrière la situation catastrophique que vit maintenant le pays.


Qui sauvera le lac Manzala ?

Ossama Badawi, Nouveau Caire.

Le lac Manzala est le lac le plus grand d’Egypte. Il est situé sur 4 gouvernorats (Port-Saïd, Ismaïliya, Damiette et Daqahliya). Sa production annuelle de poissons est estimée à plus de 70 000 tonnes. Mais la négligence a fait que la plupart de ces espèces ont disparu. Il ne reste plus que le tilapia et le silure. Le lac souffre de toutes sortes de pollution et de la surpêche … Les responsables ont une part de responsabilité dans la détérioration du lac. Cela résulte de la désorganisation sociale et de la désintégration des familles de pêcheurs. 85 % des pêcheurs ont abandonné leur travail pour aller en Grèce et en Italie. Alors, j’estime qu’il est urgent d’intervenir pour sauver le lac de la perte.