Semaine du 27 mars au 2 avril 2013 - Numéro 967
Le chaos social

Moustafa Ismaïl,Guiza.

Egypte . Un de nos lecteurs déplore la situation actuelle du pays et lance un appel

au civisme, mais aussi à l’arméeQue se passe-t-il en Egypte ? Pourquoi la mentalité des gens a-t-elle autant changé ? Notant que ces changements dans la rue égyptienne ont commencé quelques jours après le déclenchement de la révolution du 25 janvier 2011. Les gens sont de plus en plus habitués à obtenir des pistoles et des armes blanches pour se protéger eux-mêmes dans les comités populaires qui ont été formés ces derniers jours. Car le chaos a envahi toute l’Egypte, et les policiers sont absents des rues. Je pense que la plupart des Egyptiens ont pris l’habitude d’utiliser les armes dans leur vie quotidienne, d’où de plus en plus d’accidents de tout genre qui font parfois des morts. La semaine dernière, quelques partis islamiques comme celui de Liberté et justice et Al-Watan ont lancé un appel aux Egyptiens pour soutenir la police dans le maintien de l’ordre et de la sécurité dans le pays. Comment peuvent-ils mettre en application cet appel ? Dans quelques mosquées tenues par les Frères musulmans, on peut lire des slogans sur les murs incitant les gens à former « des comités populaires » pour aider les policiers dans leur tâche. La dernière déclaration du procureur général a provoqué un véritable tollé. Il a appelé les gens à arrêter tous ceux qui commettent des délits dans les rues. Résultat, la semaine dernière, à Kafr Al-Zayyat (Delta), la population s’en est pris à deux jeunes qui tentaient d’enlever un enfant. Pour les punir, ils les ont roué de coups et les ont pendus torses nus. Est-ce possible de voir une chose pareille ?

Attention, il ne s’agit nullement d’une blague. Il s’agit de la situation actuelle en Egypte, un véritable chaos. Où est donc passé l’Etat de droit ? J’espère que le président Morsi cessera de faire la sourde oreille et tentera de trouver des solutions positives à nos questions. Et j’espère que l’armée nous protègera.


Les problèmes de notre président

Sally Mahmoud, Alexandrie.

 

Après la révolution du 25 janvier 2011, la vie en Egypte a beaucoup changé. Le mode de vie des citoyens a profondément été bouleversé, devenant plus courageux, plus audacieux et ils n’ont plus peur d’exprimer leurs opinions. Mais sommes-nous vraiment prêts à appliquer la démocratie ? Est-ce que nous sommes réellement prêts à accepter l’opinion de l’autre ? C’est vrai que nous en sommes tous aux premiers pas de la démocratie, mais le plus important, comment comprendre et appliquer la démocratie ? Nous avons tous souhaité que les objectifs de la révolution se réalisent, mais en vain. La souffrance de notre cher pays est diverse : crise économique, sociale et stratégique. Le pays souffre aussi d’un problème plus grave, celui de son président Morsi, un président islamique, et je suis triste de dire cette phrase, mais malheureusement il n’applique plus les principes de l’islam. Il s’intéresse uniquement à son parti Liberté et justice. Il fait la sourde oreille en ce qui concerne l’insécurité, les problèmes de la mode de vie des Egyptiens, la crise économique, les manifestations qui envahissent toute l’Egypte, les martyres, les blessés, le manque d’essence, etc.

Le résultat est que Morsi a perdu le soutien d’un grand nombre d’Egyptiens et que la plupart appellent à des élections présidentielles anticipées. Autre problème, les chaînes islamiques et les mosquées qui ont commis une grande erreur lorsqu’elles ont parlé de la politique mettant la religion à part. Ces chaînes islamiques pensent que Morsi n’est pas apte à appliquer la charia, car il rencontre des obstacles causés par des intellectuels, des laïcs et des libéraux.

Ces hommes de religion ne sont pas honnêtes, car ils mélangent la religion et la politique, et donnent une fausse image de l’islam. Les hommes de religion connaissent très bien leur influence sur les citoyens, raison pour laquelle ils font ce mélange.

Il faudrait donc que le président Morsi, s’il est vraiment le président de tous les Egyptiens et non seulement des Frères musulmans, trouve de vraies solutions pour l’Egypte et s’approche des pauvres citoyens. Aussi j’espère qu’un jour il y aura un contrôle sur les programmes qui sont diffusés sur les chaînes islamiques. 


Les liens de l'Egypte avec le Pakistan

Ahmed Youssef, Le Caire.

Voilà, le jour est arrivé où l’Egypte est devenue l’alliée du Pakistan. Et pour ceux qui ne le savent pas, le Pakistan est l’un des pays qui ont été pour longtemps victimes du terrorisme et des guerres civiles. Et jusqu’à maintenant, on ne peut pas dire qu’il est un pays tolérant ou sûr. Les problèmes politiques ont mené à l’apparition de nombreux groupes terroristes même si le pays essaye de les combattre. Notre président Morsi vient de recevoir un doctorat honorifique de l’une des universités du Pakistan. Je ne suis pas contre cela, mais il est effrayant de trouver que l’Egypte est en train de se lancer dans les bras de pays à tendance fanatique, tels le Pakistan, l’Iran ... En tant que citoyen égyptien, cela me pousse à me poser des questions.


De la bonté pour les enfants de la rue

Nadia Ahmed, Guiza.

J’aimerais partager avec vous, chers lecteurs, un message qui a été repris par plusieurs personnes sur Facebook depuis quelques jours. Il s’agit d’une photo d’un enfant de la rue, accompagnée d’un commentaire écrit par le jeune Haitham Tabei. Celui-ci raconte ce qui s’est passé avec le petit. Son histoire est un vrai drame, il a commencé à vivre dans la rue après l’arrestation de ses parents accusés de commerce de drogue.

Depuis, sa famille composée de sept personnes s’est morcelée. Et Youssef passe la nuit chez sa pauvre grand-mère avant de retourner à la rue le matin. Haitham Tabei raconte l’avoir pris comme un quémandeur. Mais quand il a demandé un câlin et a raconté que sa mère lui manquait beaucoup, Tabei a réalisé l’ampleur de la détresse du petit qui racontait être maltraité dans les rues huppées du Caire. Tabei raconte le bonheur du petit Youssef quand il l’a pris dans ses bras et l’a embrassé.

Cette histoire m’a beaucoup touchée, surtout que j’appartiens à cette catégorie de personnes qui pense que la grande majorité des enfants de la rue sont des drogués. Et je l’avoue, j’avais tort. Ces pauvres enfants ont besoin de notre amour et de notre aide. Un simple sourire peut les encourager à traverser cette étape difficile. Alors ayez de la bonté pour eux. 


Défendre notre agriculture

Ahmad Hassan, Le Caire.

La manière du célèbre groupe Nous sommes tous Khaled Saïd sur Facebook, j’aimerais créer moi aussi un groupe équivalant portant le nom de « Nous sommes tous des criquets », pour montrer ma solidarité envers ces pauvres insectes. Les raisons seront expliquées dans les lignes suivantes.

« Selon les statistiques exactes du ministère de l’Agriculture, 17 452 criquets ont été éliminés grâce aux efforts du ministère. De même, le ministère a pris les mesures nécessaires pour lutter contre les criquets ». Telle était la manchette d’un article écrit dans l’un des grands journaux à la suite de l’invasion des criquets pèlerins en Egypte.

Et de mon côté, j’aimerais saluer le ministère de l’Agriculture qui a pu tuer les criquets « un à un » et avec une telle précision. Cela explique pourquoi nous n’avons pas vu les criquets passer vers le nord de l’Egypte cette année. On ne les a pas vus dans la mesure où j’ai pensé que ces pauvres insectes avaient perdu leur chemin annuel auquel ils sont habitués. Mais il s’est avéré que notre énergique ministère est à l’origine de leur disparition. Il est vrai que les dommages causés par les criquets dans l’agriculture sont limités.

Mais le problème est que, dans l’agriculture comme dans tant d’autres domaines, rien n’est planifié. La gestion se fait par réactions. Alors n’est-il pas temps d’avoir de bonnes politiques et gestion à long terme dans notre pays pour protéger notre économie et surtout notre agriculture ?