Semaine du 27 février au 5 mars 2013 - Numéro 963
Le piston continue

Nadim Ahmed, Le Caire.

 

Favoritisme . Un de nos lecteurs fait part de son amertume à propos des pratiques dans les cercles du pouvoir qui ne donnent pas le bon exemple à suivre pour la nation.

 

J’aimerais féliciter monsieur Omar Mohamad Morsi pour avoir trouvé un travail après de longues recherches et après avoir demandé à ses connaissances, son entourage et ses amis de l’aider à en trouver un. Je le félicite non seulement parce qu’il l’a trouvé, mais aussi parce qu’il a pu traverser cette étape difficile. J’aimerais aussi le féliciter pour son intégrité et son honnêteté. Monsieur Omar a refusé d’avoir recours à son père président pour qu’il l’aide à trouver un travail. Il a refusé d’être traité en tant que fils du président et a choisi de participer à la longue file de jeunes diplômés au chômage. Excusez-moi d’être sarcastique, mais ce que j’ai lu il y a quelques jours m’a fait de la peine. Surtout quand un ami m’a raconté qu’en passant à 2h, alors qu’il faisait très froid, devant le Conseil suprême des antiquités à Zamalek, il a rencontré 3 jeunes qui faisaient un sit-in sur le trottoir du Conseil. Deux étaient endormis et le troisième montait la garde. Il lui a demandé pourquoi ils étaient là. Le jeune a répondu en affirmant qu’ils s’étaient présentés pour travailler au Conseil suprême des antiquités et qu’ils ont été acceptés. Mais leurs noms ont été barrés des listes puis remplacés par d’autres pistonnés. Le jeune a assuré que c’était là leur 95e jour de sit-in devant le Conseil. Qu’est-il arrivé à l’égalité sociale ?


La valeur du sang égyptien

Abdel-Rahmen Al-Kady, 6 Octobre.

 

Tout ce qui se passe autour de nous montre que le prix du sang égyptien ne vaut pas grand-chose. Dans son pays ou à l’étranger, nous avons le sentiment que l’Egyptien n’a pas de valeur. Beaucoup de jeunes sont morts et d’autres blessés lors des deux dernières années. Tout ceci sans que les responsables soient réellement sanctionnés. Pour quelles raisons les jeunes ont sacrifié leur vie ? Où sont les buts de la révolution : liberté et égalité ?

Des mères affligées et le président Mohamad Morsi et ses ministres font la sourde oreille. Rappelons-nous l’histoire du jeune étudiant de l’Université du Caire qui a mis fin à sa vie après une grave dépression qui l’a poussé à se jeter du 4e étage de l’un des immeubles de l’université. C’était une histoire dramatique. Et le plus grave, c’était la réaction de la direction. Ses collègues ont été choqués par la réaction de l’université. Ils ont refusé que les responsables traitent cet événement comme un simple accident en nettoyant le lieu du suicide et se préparant pour la fête de remise des diplômes de la nouvelle promotion. Et ils ont poussé la direction de l’université à s’excuser. Cette histoire prouve que nos jeunes ont toujours un rôle, et quand ils sont descendus le 25 janvier 2011 pour refuser le régime de Moubarak, ce n’était pas une surprise pour nous. Alors, il faut que le président Morsi réfléchisse sagement avant de prendre ses décisions, car le peuple égyptien n’en peut plus, et si le verre déborde, ni Morsi, ni les Frères musulmans ne seront capables de maîtriser la situation. Chaque fois, quand de nouveaux martyrs tombent, les Egyptiens disent qu’ils vont continuer la révolution jusqu’à leur dernière goutte de sang, car quand on compare le régime de Morsi, on trouve qu’il est encore plus pourri que l’ancien régime de Moubarak. On a toujours l’espoir que notre révolution réussira et que Dieu protègera les jeunes et les Egyptiens.

 

(Photo : Reuters)


L'irresponsabilité de la société

Mohamad Farouq Ahmad, Riyad.

 

Il est important de limiter l’impact de l’échec scolaire sur la société. Et pour y parvenir, il faut commencer par répondre à la question suivante : Qui est responsable de ce phénomène ? Certains disent que les médias en sont la cause, d’autres rejettent la responsabilité sur la famille, et d’autres accusent l’école ! Mais en réalité, la responsabilité est partagée entre beaucoup de parties : la société avec ses différents acteurs qui représentent l’environnement complexe de l’élève. La famille est le premier et le plus important acteur qui influence l’élève positivement ou négativement.

Quant à l’école, c’est le deuxième foyer de l’élève, c’est l’endroit où il rencontre ses amis qui remplacent ses frères, et les professeurs qui remplacent ses parents. Mais on trouve parfois dans une école des professeurs et des camarades qui n’encouragent pas à faire des efforts pour réussir. L’élève, lui-même, a sa part de responsabilité, car il doit non seulement faire des efforts, mais aussi faire des sacrifices pour tracer son propre chemin. Sinon, comment parvenir à la réussite ? Enfin, on dit que l’échec est un résultat de l’irresponsabilité de la société avec toutes ses composantes …


Notre humanité perdue

Amira William, Le Caire.

 

Vous rappelez-vous, chers lecteurs, la célèbre chanson Ana bahebek ya beladi (mon pays, je t’aime mon pays), de Aziz Al-Chafei et Rami Gamal, qui a été diffusée avec le déclenchement de la révolution du 25 janvier 2011 ? Est-ce que vous vous rappelez à quel point cette chanson était pénible ? Est-ce que vous vous rappelez les images des martyrs qui accompagnaient cette chanson ? Vous vous rappelez la peine qu'on ressentait à chaque fois que l’on pensait aux parents de tous ces jeunes martyrs ? Comment sommes-nous devenus si indifférents vis-à-vis de la mort ? Comment arrivons-nous à prétendre que la vie passe et qu’il ne faut pas s’arrêter devant des nouvelles de ce genre ? Comment arrivons-nous à répéter sans cesse qu’on va se venger pour le sang coulé des martyrs, sans rien faire ?

Et c’est triste, le fait de devenir complètement indifférent.

Je vous assure qu’avant tout, on est en train de perdre notre humanité


Jusqu'à quand ?

Khadiga Mohamed, Guiza.

 

Depuis le déclenchement de la révolution, rien n’a changé en Egypte. Je ne suis pas pessimiste, mais c’est la vérité. Permettez-moi de vous raconter l’histoire de mon frère qui travaille dans le secteur du tourisme depuis 10 ans. Il a voté pour Chafiq car il a une vision claire du développement de l’industrie touristique du pays. Mais malheureusement Mohamad Morsi a gagné. Mon frère et tous ceux qui travaillent dans le secteur du tourisme refusent qu’un islamiste soit le président de l’Egypte. Car les islamistes envisagent d’apporter quelques restrictions au secteur touristique, pouvant faire obstacle à l’arrivée des touristes dans notre pays, dont par exemple le port du maillot de bain sur les plages publiques. Il y a aussi des rumeurs concernant l’interdiction de vendre l’alcool dans les magasins. Est-ce possible ? Où est la liberté personnelle ? Non à Morsi et à n’importe quel islamiste qui mettra des entraves au développement du pays et qui utilise la religion pour ses propres intérêts.

N’oublions pas que le tourisme est la première source de devises de l’Egypte.