Semaine du 30 janvier au 5 février 2013 - Numéro 959
L’autorité inexistante

Karim Aly, Le Caire.

Police . Un de nos lecteurs exprime son indignation face aux réactions des agents chargés d’assurer la sécurité des citoyens quand ils se trouvent dans une situation délicate.


Permettez-moi chers lecteurs et lectrices de vous raconter une histoire réelle qui est arrivée à l’un de mes cousins, un ingénieur propriétaire d’une usine au 6 Octobre. En raison de la nature de son activité, il dispose d’une flotte de véhicules. Après la révolution, les ouvriers de son usine lui ont annoncé une mauvaise nouvelle : cinq de ses véhicules ont été volés.

On sait bien qu’après la révolution, divers problèmes d’insécurité sont apparus à la surface, l’un d’entre eux est le vol de voitures. Mon cousin a porté plainte au commissariat, mais en vain. Et il a été obligé de se rendre à l’un des marchés aux voitures volées, mais sans plus de succès. Après, un intermédiaire lui a téléphoné pour lui dire où se trouveraient ses véhicules, mais s’il versait une somme d’argent de 100 000 L.E. sans aucune négociation possible.

Alors, il est retourné à la police pour l’informer de ce coup de fil. Mais la police lui a dit qu’elle ne pouvait se rendre dans un lieu aussi dangereux. Alors, il y est allé tout seul et a payé les 100 000 L.E. et a récupéré ses voitures. Cette réponse des policiers est incroyable et inadmissible. Si elle nous laisse seuls face à ce genre de problèmes, alors les chefs de bande domineront.

Est-ce qu’on pourra ensuite les affronter seul ? Je ne crois pas. Il faudra alors un travail beaucoup plus important des forces de sécurité pour restaurer leur autorité. En attendant, nous voyons notre pays sombrer dans la délinquance.

 

 


Une opposition indigne de ce nom

Shaimaa Ahmed Nouman, Le Caire.

 

Insulter le président de la République ne me semble pas être la meilleure façon d’être un honnête opposant. Dans tous les pays démocratiques du monde, ce genre d’attitude est passible de prison et de plusieurs milliers de dollars d’amende ... Et puis, ceux qui sont dans la rue Mohamad Mahmoud, au Caire, ne sont pas des révolutionnaires à proprement parler. Mais plutôt des voyous qui sèment le trouble, cassent et brûlent les infrastructures et se montrent très agressifs vis-à-vis des forces de l’ordre qui ne tirent pas sur eux, et ne les tuent pas. Et, s’il y en a qui se blessent, c’est par leurs propres projectiles enflammés. Les forces de l’ordre ne font, paradoxalement, que se défendre avec leur bouclier et le gaz lacrymogène contre la violence inouïe, injustifiée et illégitime. Car ce n’est pas, à mon sens, par la violence et les actes de barbarie que ces hommes dits « militants » (qui ne le sont pas en réalité pour la bonne cause, mais probablement pour le compte personnel de quelques corrompus appartenant encore à l’ancien régime de Moubarak et ses « gangsters ») commettent dans leur propre pays qu’il faut commémorer les événements sanglants de cette rue-là. Une opposition digne de ce nom doit être constructive et agir dans l’intérêt général de la population (comme par exemple essayer de prendre part aux réformes nécessaires à tous les domaines de la vie quotidienne en Egypte ...), et non une opposition destructrice et orientée par les intérêts d’une poignée de personnes égoïstes et opportunistes qui cherchent à masquer tout ce qui peut ressembler à un brin d’espoir de réforme, économique ou autre, lancé par le gouvernement dans le pays. Il faut rappeler que le chantier est gigantesque en Egypte. Tout est à faire et à refaire. Le gouvernement ne fait que ses premiers pas dans le travail pharaonique qui l’attend. Alors, le mieux serait que chacun y mette du sien pour que la roue puisse avancer sereinement et non pas mettre de l’huile sur le feu partout et sans raison comme dans le passé avec Moubarak.
 

Les voyages forment la jeunesse

Nadia Khaled, Héliopolis.

 

« Connaître votre pays », c’est le slogan qui a été choisi par l'une des associations en faveur des jeunes Egyptiens pour la période des vacances de mi-année en leur organisant des voyages intérieurs dans les différents gouvernorats (Port-Saïd, Alexandrie, Marsa Matrouh …), afin qu’ils visitent des lieux touristiques. Cette association a aussi pour but d’améliorer les capacités des jeunes, pour qu’ils puissent être de bons citoyens. Ainsi, les jeunes suivent un stage pour la conservation de leur milieu et ils encouragent leurs amis à en faire de même. Ainsi, ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse ? Alors, j’adresse mes plus vives félicitations à ce genre d’associations ; elles encouragent les jeunes à voir leur pays différemment, ce qui est une première vers un meilleur avenir du pays.

 

La maison qu'on souhaite

A. Helmy, Le Caire.

 

Le mot maison signifie l’endroit qui nous rassemble et qui nous protège … Moi, je parle de notre patrie, de notre nationalité, de notre identité et de notre patrimoine. J’ai suivi à la télévision le film Kelmet watane (le mot patrie) qui narre l’historique du Service des renseignements. Normalement, les institutions publiques diffusent toujours leurs réalisations et glorifient leur réussites. Mais il s’agit ici de l’une des plus grandes forteresses de secrets et d'informations. Et malgré son succès, elle ne crie jamais et ne publie rien. C’est normal parce que dans le monde de renseignements, tout succès reste toujours caché et bien sûr l’échec est un grand scandale. Ce documentaire relate les grands succès de notre Service de renseignements qui travaille discrètement, afin de garantir la paix externe qui reflète notre état de paix interne. Bien qu’ils n’aient pas été pressentis par le peuple, les yeux des faucons ne dorment jamais, depuis 1954, pour protéger notre patrie contre les ennemis. Passant par l’histoire de Réfaat Al-Gammal (Raafat Al-Haggane) et Ahmad Al-Hawane (Gomaa Al-Chawan) jusqu’au général Omar Soliman, beaucoup de personnes ont tout sacrifié pour défendre leur patrie. Cette institution travaille pour notre patrie seulement et elle n’attend ni reconnaissance, ni applaudissement, ni récompense, quelles que soient les personnes en charge. Alors j’invite tout le monde à regarder ce film de 45 minutes seulement.
 

Le courage des Egyptiennes

Mona Ahmed, Guiza.

 

Le 25 janvier pour nous les Egyptiens est un signe de gloire et représente la fin d’un siècle plein de souffrances. Après la révolution, nous avons souhaité que la situation en Egypte change, mais en vain … Même si, pour la première fois depuis des siècles, nous avons eu une vraie élection présidentielle. Mais le président Morsi a des intentions d’islamiser la société dans la nouvelle Constitution, et les droits des femmes sont très faibles. Etant femme, avec mes amies, nous avons décidé de ne plus accepter que nos droits soient bafoués. Pour cela, nous avons organisé un groupe pour améliorer la situation des femmes non seulement dans les villes, mais surtout dans les bourgades. Car les femmes dans ces lieux ne connaissent pas bien leurs droits, elles connaissent seulement leurs devoirs envers la famille.
A travers les siècles, les femmes égyptiennes ont lutté pour leur dignité et ont réussi à avoir ce qu’elles veulent. Pour cela, je lance un appel à toutes les femmes égyptiennes de ne pas renoncer à la lutte contre ceux qui veulent que le rôle de la femme recule.

Les embouteillages encore et toujours

Ahmad Hussein, Le Caire.

 

Permettez-moi d’exprimer une fois de plus ma colère envers le problème endémique que représente la circulation qui ne cesse de s’aggraver. Pourquoi n’avons-nous toujours pas trouvé les solutions adéquates alors que nous avons de très bons spécialistes dans ce domaine ? Il faut absolument étudier ce qui se fait à l’étranger, afin de réduire les embouteillages dans la rue. Il est inadmissible qu’un tel problème ne trouve pas de solution dans un grand pays comme le nôtre. Nous devons savoir que ce problème influe sur d’autres activités. Agissons tous ensemble pour atténuer ne serait-ce qu’un peu cette éternelle crise dans laquelle nous nous débattons.