Semaine du 12 au 18 décembre 2012 - Numéro 952
Oui à la réconciliation nationale

Chérif Boudelal, France

 

Le 29 novembre2012, 65 ans jour pour jour depuis la résolution 181, l’Onu a voté la reconnaissance de l’Etat palestinien comme observateur non membre en son sein. Les résultats : 138 voix pour (dont la France), 9 contre et 41 abstentions. Une victoire écrasante du peuple palestinien qui le mène vers la victoire finale.

Le peuple palestinien a subi une injustice unique dans les anales de l’Histoire de l’humanité, puisque les membres du « Conseil de sécurité » de l’Onu ont livré son pays à des criminels venant d’ailleurs. Ils ont dépossédé le peuple palestinien de ses terres au nom de tous les Etats membres de cette organisation qui se dit défendre la justice, les droits de l’homme et les valeurs universelles. Ceci dit le monde a évolué, même s’il a longtemps observé un silence complice.

Les régimes arabes vont-ils se souvenir, cette fois-ci, de cette date historique ?

La victoire du peuple palestinien exige son unité ! Le peuple palestinien et les mouvements de la résistance, dont le Hamas, se sont unis pour dire « Oui » à la demande de reconnaissance de l’Etat palestinien par l’Onu. Même si cet Etat n’est qu’observateur, il est désormais reconnu comme tel par la communauté internationale au grand dam des Etats-Unis et d’Israël. L’importance de cette reconnaissance c’est de pouvoir désormais rester en tant qu’Etat auprès de la Cour de justice et des tribunaux internationaux.

Maintenant que la reconnaissance de leur Etat est de fait, les dirigeants de toutes les forces politiques palestiniennes doivent se montrer responsables vis-à-vis de leur peuple et de ses amis à travers le monde, en réalisant son rêve : celui de la réconciliation nationale pour faire face à leurs ennemis communs.


Merci monsieur le président

Mohamad Abdallah, Le Caire.

Oui, le titre de la lettreest correct. J’aimerais remercier le président de la République, Mohamad Morsi, pour ce grand service qu’il nous a rendu. Un service qu’il a rendu au pays en moins de 6 mois, et que son prédécesseur, Moubarak, n’a pu faire en 30 ans. Brièvement, c’est grâce à M. Morsi que les Egyptiens se sont unis une nouvelle fois contre les Frères musulmans, contre sa dictature et contre toute tentative de vol du pays.

C’est grâce à M. Morsi que les Egyptiens ont cloné la place Tahrir sur toutes les autres places du pays. C’est grâce à lui qu’il y a eu l’une des plus grandes manifestations devant le palais présidentiel à Héliopolis, le mardi 4 décembre. Finalement, après des mois de scission à cause des différentes idéologies et doctrines politiques, voilà que les Egyptiens ont trouvé une raison qui les unit tous et qui les aide à dépasser ces différences et à défendre les droits de citoyenneté et de liberté de tous. C’est aussi grâce au président que ledit « parti du canapé », qui groupe la majorité absolue des Egyptiens, tous ceux qui n’ont jamais pensé à participer aux manifestations ou même descendre voter et qui n’avaient pas confiance en la révolution à ses débuts, tous ces gens-là ont décidé finalement de déserter leurs fauteuils, de quitter leurs maisons, de penser en dehors d’eux-mêmes et de descendre dans la rue pour soutenir les demandes révolutionnaires des manifestants.

M. Morsi, vous avez rendu à ce pays un service inoubliable. C’est vrai que la période que vous avez passée en étant président a été l’une des plus douloureuses, mais je suis sûr que cette période a aidé le peuple à devenir plus mûr politiquement.


Le dernier avertissement

Mona Abdelrahmane, Le Caire.

 

C’est avec beaucoup de conviction et d’espérance que je constate avec vous chers lecteurs d’Al-Ahram Hebdo l’échiquier politique du pays.

Comment lire la scène devant le palais présidentiel avec des milliers d’Egyptiens en colère contre la situation actuelle, et tandis que le président de la République, Morsi, quant à lui, ne se trouvait pas dans le palais ?

Nos familles qui étaient là sont venues demander au président de retirer un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et protester contre un projet controversé de Constitution. Il faut reconnaître que l’Egypte vit actuellement une profonde crise politique depuis le décret du 22 novembre de M. Morsi. Ce premier président islamiste du pays a notamment mis ses décisions et la commission chargée de rédiger la future Constitution à l’abri de tout recours en justice. Ce devait être la journée du dernier avertissement, et elle a été un vrai succès vu les dizaines de milliers de manifestants.

Plusieurs marches sont parties de divers endroits, pour se rejoindre au palais présidentiel. Comment croire qu’un projet de loi fondamentale soit adopté à la hâte par une instance composée en majorité d’islamistes, et ne protégeant pas certains droits fondamentaux, dont la liberté d’expression ?

La mobilisation a montré qu’une grande partie des Egyptiens n’est pas prête à accepter une nouvelle dictature. Les décisions prises par M. Morsi n’ont fait qu’accentuer la polarisation de la société.

Nous devons tous bouger jusqu’à faire tomber cette soi-disant Constitution.


Mon Egypte

Ayman Elghandour, Tanta.

 

Ne pleure pas, mon Egypte, ne pleure pas

Dieu t’a créée en haut. Paradis, on te voit

Ma mère, mon amour dont j’ai toujours besoin

Ma chère, sois forte, ne crains aucun destin

Arrache ton chagrin, oublie toute douleur

Marche fermement sur les corps de dictateurs.


Révolution: Ensemble à Ittihadiya

Hassan Mohamad, Le Caire.

Un de nos lecteurs applaudit le rassemblement des Egyptiens, venus manifester en grand nombre devant le palais présidentiel pour exprimer leur colère contre Morsi, la semaine dernière.

 

 

Ce qui s’est passé à Ittihadiya est hors pair. Pour la première fois le peuple réussit àr. Pour la première fois le peuple réussit à obliger un grand responsable de l’Etat, à la hauteur du président de la République, de s’échapper par les portes arrière du palais. Mardi dernier, Morsi s’est échappé parce qu’il ne se sentait pas assez protégé dans son palais.

En comparant la fuite de Morsi avec ce qui s’est passé avec les autres présidents et rois, on trouve que même le roi Farouq, lorsqu’on l’a obligé à quitter le pays et à renoncer au trône lors de la Révolution de 1952, celui-là a quitté le pays après avoir assisté à une marche militaire, et on l’a laissé partir par un bateau devant tout le monde, avec des honneurs.

Je pense que Morsi n’aurait jamais dû s’enfuir de cette façon s’il ne se sentait pas illégitime. Personnellement, je suis certain qu’il n’est pas le vrai gagnant de l’élection présidentielle et qu’il a pu accéder au pouvoir par une fraude ou une entente avec l’armée.

Les psychologues disent qu’un fautif se sent toujours coupable, et essaye de se défendre tout le temps, même s’il n’a pas été accusé. Et c’est ce que fait Morsi, en répétant au fur et à mesure qu’il est le premier président élu, juste pour cacher son mensonge.

Un dernier mot à Morsi et aux Frères musulmans : votre fin est imminente. Et cette fois-ci, le peuple, que vous avez accusé d’apostasie, ne vous pardonnera jamais.