Semaine du 21 au 27 novembre 2012 - Numéro 949
Une tragédie due à la corruption

Abdel-Rahmen Al-Kady, 6 Octobre.

 

Accident Ferroviaire .Un de nos lecteurs exprime sa rancœur après le drame ayant coûté la vie à des dizaines d’écoliers la semaine dernière. Il accuse les dysfonctionnements au sein de l’Etat.

 

Un nouveau drame ferroviaire s’est produit cette semaine en Egypte, et cette fois dans le gouvernorat d’Assiout. Il a eu lieu à 7h du matin, quand près de 60 enfants âgés de 4 à 12 ans ont été blessés ou ont perdu la vie en allant à l’école, quand le train de Manfalout a percuté leur bus.

Je présente donc ici mes sincères condoléances aux familles, et avant de rechercher le responsable de cet accident, il faut réaliser que c’est là une catastrophe immense pour nous, pas seulement pour les familles concernées.

Bien sûr il y a la responsabilité du garde-barrière qui n’a pas empêché l’accès à la voie ferrée à l’approche du train. Mais la vérité, au-delà de cette personne, c’est que tout le système est corrompu en Egypte. Après la révolution du 25 janvier, on avait l’espoir que le dossier de la corruption trouverait des solutions. Mais chaque jour, la mauvaise situation de l’Egypte s’aggrave.

Pour cela, les villageois ont barré le chemin de fer en y plaçant des pneus enflammés, ce qui a bloqué la circulation des trains jusqu’à ce que les responsables de ce drame soient sanctionnés, obligeant ainsi l’Etat à assumer ses responsabilités.

Ces familles de victimes estiment par ailleurs que le président Morsi est le principal responsable dans cet accident. En fait, depuis qu’il a été élu président de la République, il n’a résolu aucun dossier. Il est en réalité le président des Frères musulmans et pas de tous les Egyptiens, comme il le dit.

Alors est-ce que ces drames à répétition conduiront-ils prochainement à une nouvelle révolution en Egypte ?

Morsi perd chaque jour le soutien des citoyens, surtout ceux qui sont en Haute-Egypte après cet accident, car il n’a pas pris la peine d’aller voir les familles et leur apporter sa consolation. Il ne fait aucun effort pour que l’Egypte avance. Cela est une vraie catastrophe.

 


Nos faux espoirs sur la nouvelle Egypte

Nahla Ahmad, Le Caire.

 

C’est avec peine que j’ai reçu la nouvelle du décès des dizaines de petits anges à Assiout. Des enfants entre 4 et 11 ans ont perdu leur vie à cause de la négligence des responsables et pas à cause de l’employé chargé de surveiller la voie ferrée. Ce qui m’a aussi causé beaucoup de peine c’est qu’il y a eu 5 décès dans une même famille. Imaginez-vous 5 enfants d’une seule famille décédés ...

Loin de tout ce qui a été publié sur Facebook, dans les journaux et les médias égyptiens, j’accuse le président Morsi et le premier ministre Qandil d’être derrière le décès de ces enfants. Si Morsi abandonne le fait d’aller prier chaque semaine dans une mosquée différente, entouré de près de 1 000 hommes de sécurité, il économisera plus de 10 millions de L.E. que l’on pourra injecter dans l’entretien des chemins de fer.

Et en ce qui concerne la réaction du premier ministre, Hicham Qandil, je me demande s’il a oublié qu’il était le premier ministre de l’Egypte et pas celui de Palestine. C’est très émouvant ce qu’il a fait à Gaza et le fait qu’il est allé là-bas pour soutenir les Palestiniens ... mais je l’invite aussi à soutenir le peuple égyptien voisin.

Avec la révolution, nous avons cru à une nouvelle Egypte où les responsables travailleraient avec honnêteté. Malheureusement, depuis la révolution, on ne fait que perdre des jeunes et des enfants victimes de ces responsables. Alors, on attend la justice divine.


Bienvenue au pape Tawadros II

Nadia Adel, Alexandrie

 

Avec joie, les coptes et les Egyptiens en général ont suivi les rites de la cérémonie d’intronisation du pape Tawadros II, le dimanche 18 novembre. Le pape Tawadros II est un homme exceptionnel au regard de son long chemin ecclésiastique. Le pape Tawadros, avant de devenir évêque général de Béheira et de Hélouan, était pharmacien. Pendant plusieurs années, il a occupé le poste de directeur d’une usine de médicaments à Damanhour, où il a pu gagner l’amour et le respect de tous. Il a été aussi le disciple de l’évêque Pakhomios, autre grand homme de l’Eglise copte orthodoxe.

Le pape Tawadros, comme Anba Raphaël, s’est beaucoup intéressé aux jeunes et aux enfants des écoles du dimanche.

Lors d’une interview avec la speakerine Lamis Al-Hadidi, celle-ci lui a posé beaucoup de questions piège sur la politique, qui auraient suscité une vague de colère contre lui. Heureusement, elle n’a pas atteint son but, et le pape Tawadros a fait preuve d’une vigilance remarquable. Je prie Dieu qu’il nous garde cet homme, qu’il lui donne la sagesse, le calme et la patience nécessaires à sa nouvelle fonction.


Sauvons le Musée de l'enfant

Nahla Khaled, Héliopolis.

 

Pourquoi les bons projets ne continuent-ils pas ? Le Musée de l’enfant est l’un des projets qui connaît des difficultés après la révolution du 25 janvier, car c’était l’un des projets nés sous le président déchu Moubarak. Peut-être qu’à l’occasion des fêtes de l’enfance qui se tiennent du 22 au 29 novembre, le dossier de l’enfance trouvera une solution, car de nombreux problèmes existent : travail des enfants, enseignants qui battent les enfants après en avoir été autorisés par le ministre de l’Education ...

Le Musée de l’enfant est le premier du genre au Moyen-Orient qui raconte l’histoire et la civilisation d’un pays aux petits, en plus des activités proposées. Il peut accueillir près de 2 000 enfants par jour. C’est un projet intelligent qui permet à nos enfants de faire des choses intéressantes. Il ne faut pas négliger ces projets parce qu’ils ont été mis en œuvre à l’époque de Moubarak, ou parce que la question était gérée par Suzanne Moubarak. Les médias doivent jouer un rôle plus positif en faisant connaître aux citoyens, surtout aux familles, l’importance de visiter ce musée, pour que leurs enfants puissent apprendre l’histoire de l’Egypte de manière différente. A bon entendeur ...


Une nouvelle loi d'urgence

Sami Moustafa, Le Caire.

Depuis quelques semaines, le fantôme de la loi d’urgence agite l’Egypte. Cela après que le gouvernement a lancé le projet de loi sur la sécurité, qui a pour but de protéger la société contre les éléments dangereux. Les citoyens redoutent que ce projet de loi soit une nouvelle version de la loi d’urgence.

Une manifestation a donc explosé pour refuser cette loi et lutter contre elle, car elle restreint les droits essentiels des citoyens. Si cette loi est vraiment relative à la sécurité et à la stabilité du pays, nous l’accepterons ... mais le problème est que ce projet de loi donne au ministère de l’Intérieur les mêmes droits que sous l’ancien régime. Alors pourquoi une telle loi s’il existe déjà le code pénal ?