Semaine du 7 au 13 novembre 2012 - Numéro 947
Ce que j’attends de Tawadros II

Sarah Samir, Alexandrie.

Religion. Avec l’élection du nouveau pape copte, une de nos lectrices fait part de son désir de voir plus d’égalité dans la société avec ses compatriotes de confession musulmane.
 

Permettez-moi à travers votre rubrique ouverte aux lecteurs d’exprimer comme beaucoup d’Egyptiens combien j’ai été contente de suivre hier à la télévision la cérémonie pour le choix du nouveau pape, suite au tirage au sort fait par un enfant. Je crois que c’est un moment historique que beaucoup vivent pour la première fois. Je voudrais ainsi féliciter tous les Egyptiens,
particulièrement les chrétiens, pour l’élection du nouveau pape Tawadros II. Permettez-moi de dire tout haut ce dont l’Eglise a fortement besoin : renforcer ses deux rôles, spirituel et social. En tant que jeune, je trouve que l’Eglise doit s’atteler à nous rapprocher tous. Car comme disait notre pape Chénouda III, « en Egypte, les jeunes coptes sont les piliers de l’avenir ». C’est vrai qu’il faut donner aux jeunes une très grande place. Car aujourd’hui, un jeune, qui a fait des années d’études et qui ne trouve pas de travail, est réduit au chômage. Et on doit reconnaître qu’un nombre élevé de chômeurs constitue un danger pour la société. Le nouveau pape doit s’éloigner un peu de la politique, mais ne doit pas oublier nos droits dans notre pays. Je pense que le premier souci de notre nouveau pape doit être la recherche des droits des chrétiens. C’est-à-dire il faut que coptes et musulmans soient égaux. Il ne faut pas que des postes importants soient interdits aux chrétiens, car ce sont les qualifications qui l’emportent et non la religion. Nous demandons à l’Etat de coopérer avec le nouveau pape, afin d’autoriser sans restrictions la construction ou la restauration d’églises. Comment admettre au XXIe siècle une telle bureaucratie ? Parfois un permis de construire d’une église requiert 40 ans de démarches, et je pourrais citer de nombreux exemples. La question demeurée sans réponse est celle de savoir en quoi la construction d’une église dérange l’Etat égyptien …
Il est vrai que l’héritage est immense pour notre 118e pape. Car notre 117e pape Chénouda III était un très grand pape, aimé de tous, très charismatique. Dieu lui a permis d’oeuvrer comme évêque, puis comme pape, pendant près de 41 ans. Sous son égide, il faut noter que l’Eglise copte orthodoxe a connu une grande expansion avec Chénouda III, car elle possède aujourd’hui 120 évêchés à travers le monde. Tout ce que nous espérons c’est une relation de paix, d’amour et de grand respect dans notre société. 

 


Le choix divin du pape

Nano Alfrède, Héliopolis

 

Je pense que le dimanche 4 novembre 2012 sera pour longtemps gravé dans la mémoire du monde, surtout celle des Egyptiens et des chrétiens. C’est le jour où l’évêque Tawadros a été choisi comme nouveau patriarche de l’Eglise chrétienne copte orthodoxe d’Egypte. Devenu le pape Tawadros II, le 118e patriarche aura une tâche lourde en ces temps critiques.
Suivant la messe cérémoniale du choix divin du pape sur les chaînes satellites, j’ai vu à quel point le peuple de l’Eglise copte était assoiffé de la réponse de Dieu. Et comme il était triste après le décès du pape Chénouda III, tout le monde était content du choix du pape Tawadros, surtout que ce dernier est connu par sa spiritualité et sa sagesse. En réalité, David a dit : « L’Eternel a fait pour nous de grandes choses ; Nous sommes dans la joie » (Psaume 126 :3). Nous sommes heureux parce que Dieu nous a envoyé un homme selon sa volonté. Heureux aussi parce qu’Il nous a sauvé l’Eglise pendant toute cette période transitoire entre le pape Chénouda et le pape Tawadros, avec l’évêque Pakhomios. Nous sommes très reconnaissants à lui, il mérite tout le respect et toute l’appréciation. Et finalement, avant de terminer, j’aimerais signaler qu’on n’oubliera jamais notre père, le feu pape Chénouda, qui a supporté un très lourd fardeau, inlassablement. Que Dieu nous garde notre très chère Egypte et notre Eglise, amen.

 


Le président en question

Mostafa Ismail, Guiza.

 

Rien n’a changé depuis la révolution. On a pensé que tous les dossiers trouveraient des solutions après la révolution ... mais en vain. On a trouvé l’insécurité, la déprime, le chagrin, la
tristesse, la douleur et la souffrance. Il n’y a pas d’espoir. Aucun de ces dossiers n’a trouvé de fin. Au contraire, les problèmes ont augmenté et jusqu’à maintenant ni le président Mohamad Morsi ni son équipe présidentielle ne trouvent de vraies solutions. En plus, ils veulent que les citoyens offrent une aide financière au pouvoir pour réaliser « le projet de renaissance ». Est-ce possible et acceptable?  Pourquoi les Frères musulmans ont-ils toujours deux visages ? Avant les élections, ils ont promis au peuple égyptien des changements positifs dans tous les domaines et aujourd’hui, ils veulent que les citoyens, qui ont besoin que le gouvernement résolve leurs difficultés, leur donnent de l’argent pour réaliser l’une des plus importantes causes qui a permis à Morsi de se faire élire. C’est incroyable ! Le problème du chômage est le plus important de tous, et les responsables de notre pays ne trouvent pas la solution et ils ne la trouveront pas. La corruption est à l’origine de ce problème. Un grand nombre de diplômés sont des chômeurs à cause de la corruption qui empoisonne notre société depuis des années. Pourquoi l’Etat ne profite-t-il pas des compétences scientifiques dans différents domaines pour le développement de ce pays ? Pourquoi les responsables ne veulent pas profiter de l’expérience des chercheurs pour développer notre agriculture, notre industrie ? Comment la société résoudra-t-elle le problème du chômage en appliquant la
décision de fermer les magasins à 22h ? Cette décision touchera une grande partie des citoyens. Et depuis quelques jours une manifestation pacifique des vendeurs a commencé de la place Bab Al-Chaeriya jusqu’à la rue du 26 Juillet au Caire en refus de cette décision. Il faudra que les responsables prennent certaines mesures équitables et justes avant d’appliquer cette décision et bien d’autres.

 


Le Sinaï est en danger

Khaled Ossama, Alexandrie.

 

Nous sommes sur le point de perdre le Sinaï. En fait, tous les indices indiquent qu’il est maintenant sous le contrôle des terroristes, qu’ils soient ceux d’Al- Qaëda, ou autres. Comment la situation s’est-elle si gravement détériorée ? Pourquoi laissons-nous cette chère terre sans protection ? Où est le président dans tout ça ? Où sont les forces armées égyptiennes, l’une des plus puissantes du monde ? C’est vraiment décevant. Après avoir lutté plusieurs années contre l’agression et Israël, et après avoir réalisé une victoire glorieuse en vertu de laquelle nous avons regagné notre terre, maintenant nous négligeons sa protection et nous l’offrons sur un plateau « aux moudjahidines » qui ne trouvent pas de place convenable. C’est vrai que les choses en Egypte deviennent de plus en plus compliquées, mais notre priorité maintenant est de surveiller les frontières égyptiennes avant même de voir la politique intérieure. Nous ne devons pas attendre une autre campagne terroriste pour commencer à prendre des mesures palpables, afin de sécuriser le Sinaï. Il nous suffit ce qui s’est passé, le décès de membres des forces armées lors de plusieurs attentats. Et pour le moment, je pense que cela sera de la sagesse de fermer les frontières et les tunnels entre l’Egypte et la Palestine, au moins pour quelques mois, jusqu’à rétablir la sécurité dans la région.