Semaine du 21 au 27 décembre 2016 - Numéro 1156
Ne touchez pas à la loi sur le statut personnel

Racha Ghanem, Alexandrie.

Une lectrice réagit à la proposition de loi d’une députée qui suggère que la garde des enfants dans les couples divorcés soit remise au père, si la mère se remarie.

La situation des femmes égyptiennes est déjà critique. Elles sont quotidiennement sujettes à des agressions morales ou physiques. Que cela vienne de la société, du père, du frère ou du mari et même du fils, il n’y a plus de respect. Et si cela se ressent déjà beaucoup en ville, dans les provinces, en périphérie des villes et dans les villages, c’est encore pire. Je pense à celles qui travaillent, mais dont les salaires sont récupérés par les maris, ou encore à ces femmes en difficulté conjugale, et qui sont forcées à garder le silence, dans l’impossibilité de faire face à l’autorité du mari ou même d’en faire part à leur famille. Des exemples pareils, je pourrais en citer plein, et pas seulement dans des milieux ruraux, même les intellectuels et les hommes de droit ne semblent plus s’intéresser aux droits des femmes.

Et voilà qu’une députée propose de changer la loi sur le statut personnel, qui aggraverait cette situation déjà pénible et remet en question le droit d’une mère divorcée d’éduquer ses enfants si elle se remarie. La loi actuelle stipule qu’en cas de remariage de la mère, la garde des enfants va à la grand-mère maternelle. Ce qui est proposé aujourd’hui c’est de revenir à une loi antérieure qui donnait la garde des enfants directement au père sans discussion possible. Les enfants seraient non seulement privés de l’éducation de leur mère, mais celle-ci serait remplacée par celle d’une bellemère inconnue. Cette proposition, si elle venait à être appliquée, porterait atteinte à la mère comme aux enfants. Pourquoi revenir sur les progrès faits en faveur des femmes ? Tout cela ne ferait que renforcer le statut patriarcal de la société égyptienne.


Un prêche émouvant

Hassan Ahmed, Le Caire.

Chers lecteurs et lectrices, laissez-moi vous parler d’un des plus célèbres prédicateurs du monde arabe, l’Egyptien Amr Khaled. Né à Alexandrie le 5 septembre 1967, il obtient un diplôme de l’Institut d’études islamiques en 2001. Son approche du monde est celle d’un homme ouvert d’esprit et il guide les gens vers la foi. Son attention porte principalement sur les jeunes de la classe moyenne, de 15 à 35 ans, convaincu qu’ils sont les plus aptes à faire du monde musulman un monde meilleur. Amr Khaled a commencé à prêcher en 1990, puis en 1998, il a commencé ses prêches télévisés.

Malgré les inquiétudes du régime de Moubarak quant à l’influence de Amr Khaled sur la population, surtout les jeunes, celui-ci a continué ses activités sur les chaînes satellites et sur Internet. En 2004, Amr Khaled a fait son grand retour en apparaissant dans le programme télévisé Les Bâtisseurs de la vie. Pendant l’émission, il a présenté plusieurs idées de projets dans des domaines comme l’agriculture, l’éducation, la santé, etc. Ses conférences et émissions télévisées sont très populaires. Dans Basmet Amal, il nous relate l’histoire de personnages historiques et nous raconte même parfois ses propres aventures. Son but est de donner de l’espoir d’apprendre des autres. Il y a quelques semaines, il racontait l’histoire d’une mère qui a fait don de son oeil à son fils unique qui l'avait perdu dans un accident.

Cet enfant a grandi, s’est marié, et lorsque sa mère âgée est allée vivre chez lui, il l’a placée dans une maison de retraite sous prétexte que son apparence lui faisait honte. La mère est morte. Sans avoir jamais revu son fils, elle lui avait laissé une lettre expliquant qu’il représentait ce qu’elle avait de plus cher au monde, mais lui reprochait de ne lui avoir jamais demandé comment elle avait perdu son oeil. Cela sans aucune rancune, car il a toujours été la prunelle de ses yeux. Cette émission m’a beaucoup touché. Les enfants n’ont pas conscience de ce qu’ils représentent pour leurs parents. Nous devons être là, prêts à faire des sacrifices pour ceux qui nous ont mis au monde, élevés et éduqués.