Semaine du 14 au 20 décembre 2016 - Numéro 1155
Aider les sans-abris

Nahla Hassan, Port-Saïd.

Une de nos lectrices met l'accent sur l'importance de la solidarité sociale en cette entrée d'hiver.

Ces deux dernières semaines, les températures ont beaucoup baissé. Et dans ces moments, nous ne devons pas oublier les sans-abris qui dorment dehors avec à peine une couverture pour se réchauffer. Beaucoup d’associations et d’organisations caritatives ont commencé leur campagne de sensibilisation pour les sans-abri. Des collectes de couvertures et de vêtements ont commencé pour venir en aide aux personnes et aux familles les plus démunies, surtout en Haute-Egypte. 

De telles actions méritent toute notre attention et que chacun fasse un petit effort. Malheureusement, des volontaires et des associations caritatives ont subi des menaces de la part d’associations islamistes qui voudraient garder le monopole de l’aide sociale. Mais cela n’a pas découragé les volontaires, qui sont maintenant soutenus par de grandes entreprises telles que TE Data et Ghabour Motors. J’espère que de telles campagnes de solidarité continueront toute l’année et que l’entre aide pourra prospérer dans notre société qui s’apprête à passer par une bien difficile période. 


La situation des plus démunis

Farouq Ahmad, Le Caire.

Comment les personnes les plus démunis réussissent-elles à survivre en Egypte ?

Etrangement, cette question ne trouve pas de réponse. Dans un pays comme le nôtre, où les plus riches écrasent les plus pauvres, les personnes sans moyens se trouvent de plus en plus marginalisées et la classe moyenne, frappée de plein fouet par la crise économique, est en train de disparaître. Je me souviens d’un village, situé dans le gouvernorat de Ménoufiya, où les villageois ont été obligés de boire l’eau jaunâtre qui sort de leurs robinets car ils n’avaient plus d’autre choix que de boire cette eau pour survivre.

Lorsque beaucoup d’entre eux sont tombés malades, le ministre de la Santé et le gouverneur de Ménoufiya ont commencé à réaliser l’ampleur du problème et à quel point le niveau de vie des habitants avait chuté. Pourquoi les responsables attendent-ils toujours que les problèmes soient là pour commencer à envisager des solutions ?

Tant qu’il n’y a pas de morts, rien ne se passe. Il faut l’admettre : si les responsables continuent à mener ce type de politique, le peuple ne croira plus du tout à l’Etat, il cherchera à acquérir ses droits par la force et le gouvernement perdra toute crédibilité. 


Nasser et la diversité

Chérif Loutfi, Alexandrie.

Que vous soyez pour ou contre sa politique et ses idées, on ne peut pas nier que Nasser a été l’un des présidents égyptiens qui a su gagner l’amour et le respect d’une grande majorité de la population et surtout des pauvres et du prolétariat. Nasser était un leader pas comme les autres. Et même s’il a été pour certains un dictateur absolu, personne ne peut oublier à quel point il a su rassembler les Egyptiens tout au long de sa présidence et pendant une période très difficile pour le pays.

Il a su renforcer l’esprit de patriotisme, de citoyenneté et d’égalité chez tous les Egyptiens. Sous Nasser, il était tout à fait normal de trouver un boucher italien, un couturier français et une voisine grecque qui vivaient en paix, sans se sentir menacés ou mal accueillis. Je ne vais pas parler de différentes religions qui ont pu coexister pendant si longtemps de façon pacifique, mais je mentionnerai dans tous les cas la grande diversité des nationalités que réunissait l’Egypte à cette période. Aujourd’hui, nous luttons pour que le tourisme reprenne. Je pense personnellement que cette mixité des différentes nationalités est quelque chose de positif et un enrichissement pour le pays et sa population et j’espère qu’un jour le pays sera à nouveau une terre d’accueil pour des personnes de différentes nationalités espérant vivre et travailler en paix en Egypte.