Semaine du 25 au 31 mai 2016 - Numéro 1128
Les droits bafoués de la femme

Nagla Ahmed, Alexandrie.

Deux de nos lectrices ouvrent le dossier des droits de la femme en Egypte.

 

La femme égyptienne aspire toujours à obtenir une plus grande liberté et plus de droits dont elle est encore privée. L’une des plus importantes atteintes contre les femmes est le harcèlement. C’est un phénomène très répandu dans notre société. Le harcèlement touche à peu près 80 % des femmes égyptiennes. Et malheureusement, dans la plupart des cas, les victimes ont peur de raconter ou porter plainte. Et c’est à cause des moeurs et des traditions de la société patriarcale. Ajoutons à cela que la loi ne considère pas ces agressions comme des viols, mais comme un simple harcèlement.

Parlons d’un autre cas où la femme obtient difficilement ses droits : le divorce, qui est généralement refusé par la famille. Et si la femme n’est pas financièrement indépendante, elle est souvent obligée de rester en couple, et surtout de devenir complètement soumise à son mari. Ce ne sont là que deux simples exemples de l’injustice dont souffrent les femmes égyptiennes, qui ont encore un long chemin à parcourir pour obtenir leurs droits les plus élémentaires. 


Une révolution contre les hommes

Nermine Amin, Guiza.

Deux de nos lectrices ouvrent le dossier des droits de la femme en Egypte.

La femme égyptienne souffre de nombreuses agressions de la part de son père, frère, mari, voire de son fils. Elle n’a pas le droit de se plaindre contre son mari ou de parler avec sa mère de ses problèmes conjugaux, surtout dans les provinces et les classes pauvres. Jusqu’à nos jours, et malgré certains progrès dans les lois, les mentalités n’ont presque pas changé. Il faut d’abord changer la culture et l’éducation des gens avant de leur demander de changer leurs mentalités.

La violence contre la femme augmente de jour en jour. La situation était très médiocre après la révolution du 25 janvier, lorsque les islamistes ont pris le pouvoir, ils voulaient que le rôle de la femme se réduise pour qu’elle n’ait aucun rôle dans la société. Et c’est une autre face de la violence contre la femme. Nous sommes dans une société masculine, que ce soit avant ou après les Frères musulmans, l’homme considère la femme comme étant esclave et née uniquement pour son plaisir. Il faut mener une révolution contre les hommes et il faut que cette situation change, il faut que la femme puisse trouver sa place et son rôle effectif dans la société. 


Commençons par nous-mêmes

Mounira Rouchdi, Al-Cheikh Zayed.

Nous savons tous que l’Egypte compte parmi les pays les plus pollués au monde. Dans notre pays, on voit que les services municipaux tournent au ralenti. Je vis dans le gouvernorat de Guiza , à Al-Cheikh Zayed, qui était l’un des lieux les moins pollués et les plus propres du pays. Ces derniers mois, des tonnes de poubelles recouvrent les rues. Que faire ? Une initiative avec des publicités pour sensibiliser la population à trier les ordures ménagères pour les recycler a été lancée. Personnellement, j’ai commencé à faire cette opération et j’ai appris à mes enfants à en faire de même.

Si nous arrivons à réutiliser les déchets organiques comme c’est le cas dans beaucoup de pays, un grand progrès sera déjà réalisé. Par dessus tout, ce dont nous avons le plus besoin est de prendre les choses au sérieux. Mais le travail sera long ...