Semaine du 24 au 30 décembre 2014 - Numéro 1055
Protégeons la femme égyptienne

Racha Mahmoud, Le Caire.

Une de nos lectrices ouvre le dossier de la violence contre la femme égyptienne à l'occasion de la campagne lancée par l'Onu.

 
Voici un sujet dont on parle beaucoup : la violence à l’égard de la femme égyptienne. Mais cette fois-ci c’est à l’occasion de la campagne contre la violence à l’égard des femmes en Egypte dirigée par l’Onu. La femme égyptienne souffre encore de nombreuses agressions de la part de son père, son fils ou encore son mari. Elle n’a le droit ni de parler de ses problèmes conjugaux, même avec sa mère, ni de se plaindre contre son mari surtout dans les classes pauvres. On ne peut pas dire aujourd’hui que dans notre pays, la femme a acquis sa liberté ou ses droits. Les agressions contre les femmes ont augmenté surtout après la révolution du 25 janvier 2011.

Quand les islamistes ont pris le pouvoir, ils ont décidé de modifier le rôle de la femme, surtout dans le domaine des médias. Je me souviens de l’histoire d’une de mes voisines qui travaille à la Radiotélévision égyptienne.

Avant la révolution du 25 janvier, elle occupait un important poste mais après la révolution, la situation a changé ... parce qu’elle n’était pas voilée. Les islamistes voulaient que la femme n’ait plus autant de place dans ce milieu. Ils pensaient que la femme n’avait qu’un seul rôle, celui de servir l’intérêt de son mari et de ses enfants. C’est une autre face de l’agression contre la femme. Mais notons que nous sommes dans une société masculine et même avant les Frères musulmans, l’homme estimait que la femme était un péché vivant et qu’il pouvait la diriger comme bon lui semblait. Ajoutons aussi que le taux de harcèlements sexuels a beaucoup augmenté.

Mais aujourd’hui la situation doit changer. Il faut que la femme trouve la place qui lui revient après toutes ses souffrances dans notre société actuelle.

 


Une idée qui ne voit pas le jour

Radwa Moubarak, Guiza.

Pourquoi les décisions en Egypte ne voient-elles pas la lumière ?

Depuis quelque temps, le ministre de l’Approvisionnement a pris une décision très importante, s’agissant de donner un délai d’une semaine à tous les vendeurs de fruits et légumes, pour qu’ils stoppent immédiatement leur course à la hausse des prix. En vain ! Cette décision n’a pas encore vu le jour. Bien qu’il ait pris des sanctions très sévères en faveur des consommateurs.

Il valait mieux que plusieurs secteurs gouvernementaux coopèrent pour appliquer ces décisions. Mais cela n’a pas été fait. A noter que la hausse du taux de pauvreté ces dernières années a aggravé le problème de l’insécurité alimentaire. En conséquence de la hausse des prix, les familles tentent de changer leurs habitudes de consommation en achetant des produits moins chers ou en réduisant la consommation des aliments les plus chers. Mais, le résultat est moins de diversité alimentaire et plus de problèmes de santé. Et finalement, l’avenir des pauvres dans notre pays est encore plus sombre. Alors, cela implique de construire un réseau d’assurance sociale pour faire face aux effets négatifs de la baisse des subventions et diriger celles-ci au bénéfice des plus pauvres. Il faut être sérieux dans la prise de décision.


Justice pour les femmes

Hala Raslen, Héliopolis.

Permettez-moi de parler d’un sujet qu'on évoque beaucoup mais dont il est urgent de trouver une solution. Je parle ici de la violence contre la femme égyptienne. Depuis des temps immémoriaux, et sous l’ère pré-islamique, la femme, ou plutôt la fille, souffre de mauvais traitements de la part de son père et de son mari. Et à travers les différentes époques, elle n’a jamais trouvé ni ses droits, ni sa liberté.Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, il existe de nouvelles initiatives. Elles se nomment « Hotti Warda » (met une fleur) ou « Sawret Al- Banat » (la révolution des filles). L’objectif de ces initiatives est que « la société des hommes » recule un peu et que la femme trouve sa place dans la société, qu’elle s’habille comme elle le souhaite sans recevoir de remarques à longueur de journée.

Jusqu’à quand la femme doit-elle accepter ce harcèlement ? La façon de s’habiller est une liberté individuelle. Pourtant, si on se rappelle les procès pour harcèlement contre la femme, on remarque que certains traitaient de petites filles qui ne dépassaient pas les 10 ans. Donc, il s’agit plutôt du comportement d’hommes malades. La justice doit alors être strictement appliquée contre le harcèlement, cela aura un effet dissuasif pour ce genre d’être humain.