Semaine du 3 au 9 septembre 2014 - Numéro 1040
Les Egyptiens las des coupures d’électricité

Aly Raouf, Le Caire.

Un de nos lecteurs décrit la colère des Egyptiens face aux coupures récurrentes d'électricité dont souffrent les citoyens.

Les Egyptiens sont confrontés quotidiennement à un problème très important : les maintes coupures d’électricité qui touchent tous les gouvernorats d’Egypte chaque jour. Tout le monde en parle et les plaintes sont multiples, mais rien ne change. Ces coupures touchent aussi bien les quartiers riches que les quartiers pauvres. Mais il est vrai que ce sont les quartiers pauvres qui souffrent des plus longues coupures. Comment peut-on nous demander de payer des factures aussi lourdes, avec une taxe pour le ramassage des poubelles, alors que le courant est toujours coupé et que les poubelles s’amoncellent dans les rues ?

Comme si cela ne suffisait pas, on nous coupe en plus l’eau. Pour économiser l’électricité, le gouvernement avait envisagé de fermer les boutiques à 21h. Cette décision n’est jamais entrée en vigueur, mais serait de toutes les façons difficilement applicable. Il est devenu urgent pour le gouvernement de chercher des solutions applicables immédiatement et sur le long terme.


Se révolter contre l’injustice

Rami Mohamed, Port-Saïd.

Pendant longtemps, le peuple égyptien a été très passif vis-à-vis de la vie politique en Egypte. Epuisés par la hausse des prix des produits de première nécessité, par les bas salaires, le calvaire des transports en commun, la pollution, les gens n’avaient plus la force de réclamer leur droit à une vie convenable. Cela a changé avec la révolution du 25 janvier, qui a été menée par les jeunes désespérés et tous ceux qui ont le sentiment d’avoir gaspillé leur vie sans vivre proprement. C’est pour cela que j’invite tous les citoyens à avoir un rôle actif dans la vie politique et sociale de notre pays. Je vous prie de ne pas vous soumettre encore une fois. Réclamez vos droits, révoltez-vous contre l’injustice. Et à chaque fois que vous exercez votre droit politique, rappelez-vous tous ceux qui ont perdu leur vie, afin que vous soyez capables maintenant de faire un choix libre.


Les beaux souvenirs

Noura Rachad, Alexandrie.

 Admettons-le, la société égyptienne a beaucoup changé. Une simple comparaison entre les photos des années 1950, 1960 et 1970 et celles d’aujourd’hui, et on découvre le changement radical qui a eu lieu. Les photos d’enfance, de mariage, celles avec les amis et les collègues étaient complètement différentes des photos que nous voyons de nos jours. Ce qui est remarquable c’est qu’on ne pouvait pas faire la différence entre musulmans et chrétiens. Tout le monde avait le même visage doux, le même sourire, ils portaient des vêtements d’un même style. Ils étaient très élégants. Ils étaient de vrais pratiquants de la religion.

C’était une société tolérante, qui accepte l’autre. Une société qui nous a donné des génies et des stars dont la vie nous influence toujours. Une société libre au vrai sens du mot.  Malheureusement, ce n’est plus le cas aujourd’hui. On se donne le droit de faire des choses qu’on interdit aux autres. Ce changement a eu lieu avec l’ouverture sociale des années 1980 et 1990, lorsque l’Egypte a ouvert grand les bras à ceux qui revenaient des pays du Golfe. Ils sont revenus avec des habitudes et des normes complètement différentes de notre société. Et peu à peu, notre belle Egypte a changé, elle est même devenue moins belle et moins propre. Mon rêve est qu’on puisse retrouver un jour notre chère Egypte, telle qu’elle était, belle et tolérante.