Semaine du 19 au 25 mars 2014 - Numéro 1017
La femme et ses droits

Racha Hassan, Le Caire.

Deux de nos lectrices abordent la question des agressions et du harcèlement sexuel contre les femmes ainsi que celle des injustices dont elles souffrent.

La femme égyptienne attend encore de bénéficier de ses droits alors qu’elle souffre encore de nombreuses agressions. Je redoute de sortir de chez moi, de marcher dans la rue ou d’aller dans un café car je ne me sens pas en sécurité. Le harcèlement des femmes, voilées ou non, est un phénomène très répandu, trop même. Je vais vous raconter ce qui est arrivé avec ma soeur. Il y a peu de temps, de jeunes femmes sont allées à la place Tahrir pour exprimer leur mécontentement contre le harcèlement qui touche près de 80 % d’entre elles en Egypte. Elle a été dégoûtée par les comportements des hommes. Elle me raconte s’être retrouvée entourée de 3 hommes faisant des gestes obscènes. Ils étaient comme des lions s’acharnant sur une proie. Leurs mains ont palpé son corps. Ses vêtements ont été déchirés. De vrais animaux … Le pire est que personne n’a cherché à la protéger à cause de la peur.

 Malgré ces horreurs, elle n’a pas porté plainte. Contre qui la déposer ? Personne n’assure la sécurité dans le pays. Et puis de toute façon, la loi ne considère pas ces agressions comme des viols, mais comme un simple « harcèlement sexuel ». C’est une victime parmi d’autres qui ne trouvent pas de soutien. Aujourd’hui, les jeunes femmes portent de armes de tous genres pour se défendre contre d’éventuels agresseurs. Est-ce là le futur que nous souhaitons pour nos citoyennes ? 


La souffrance des femmes jusqu’à quand …

Laila Aqil, Le Caire.

A l’occasion de la Fête des mères le 21 mars, je souhaite une vie meilleure à toutes les femmes et qu’elles puissent bénéficier de liberté dans notre société.

Permettez-moi chers lecteurs et lectrices de vous faire part de l’histoire d’une de mes amies. Il s’agit d’un couple qui a deux filles mariées et un garçon ayant fini ses études universitaires. Ce couple a divorcé après 20 ans de mariage. Quand j’ai demandé à l’une des filles comment ses parents pouvaient avoir divorcé après tant d’années de mariage, elle m’a dit que ses parents s’étaient mis d’accord qu’après leur mariage, elle et sa soeur, ils divorceraient.

Ainsi, des femmes dans notre société après que leurs enfants sont devenus indépendants, prennent la décision de divorcer et de commencer une nouvelle vie. Mais ces femmes doivent être actives et avoir de bons revenus. Les autres, malheureusement elles sont plus nombreuses, ne peuvent prendre cette décision, faute de bon salaire. Ces femmes souffrent d’une vie pénible, de tristesse et en plus elles sont comme des esclaves de leurs maris. C’est une injustice dont la femme souffre autant alors qu’en plus tous les sacrifices sont attendus de sa part. Pourquoi attendons-nous de la femme qu’elle soit toujours la victime ?

Le pays doit créer des institutions pour les aider. Même si une large catégorie de femmes de la classe moyenne oublient leurs rêves personnels car elles se vouent avec plaisir à leur foyer. Cela ne justifie pas le fait d’oublier les autres.