Al-Gamaliya retrouve sa beauté
Nasma Réda et Marianne Ramsès, 9-4-2014

Les ministères des Antiquités et de l’Intérieur, et le gouvernorat du Caire ont lancé une initiative, afin de transformer la rue Al-Gamaliya en un musée ouvert. Cependant, il faudra attendre l’approbation du Conseil des ministres.


Rendre à la rue Al-Gamaliya ses couleurs d’antan ne sera pas une mission aisée, même si le ministère du Tourisme a exprimé sa volonté de coopérer dans la réalisation de ce projet. Celui-ci nécessite une somme de 56 millions de L.E. pour moderniser entre autres les infrastructures,

comme l’éclairage public. « C’est une rue surpeuplée, alors on a essayé de faciliter la vie aux piétons, surtout les plus âgés d’entre eux, en couvrant le sol par endroits d’une couche de basalte quasiment lisse », explique Hani Mahmoud, inspecteur archéologique de la région.

Il ajoute que, pendant les travaux dans les ruelles adjacentes, « une partie de l’ancienne muraille du Caire à Haret Al-Outouf a été découverte ». Les façades seront crépies et peintes en beige, les magasins seront restaurés de manière à refléter l’aspect de l’époque fatimide et les rideaux métalliques auront la couleur marron. Pour cela, une collaboration des habitants et commerçants de la rue est nécessaire. Hania Mamdouh, du ministère des Antiquités, confirme qu’« ils attendaient avec impatience le jour où leur rue serait restaurée. Ils sont conscients de la nécessité de mise en oeuvre d’un tel projet car ils ont vu le résultat des travaux dans la rue Al-Moez ». Et de poursuivre : « Les commerçants veulent que la rue soit fermée officiellement le plus tôt possible car pendant la révolution de 2011, les boutiques d’orfèvrerie ont été pillées ». Selon Am Mohamad, attablé dans un café populaire, « pourquoi s’opposer à ce projet si tous les services seront ensuite disponibles.

Personne ne détestera vivre dans un environnement propre et sain, et surtout dans un lieu historique ». Toutefois, un commerçant lance : « L’interdiction de circulation des voitures va nous poser des problèmes pour le transport des marchandises vers les magasins ». Une question qui exige du dialogue pour être résolue.

A noter aussi que le ministère des Waqfs (biens religieux) a annoncé la restauration de quatre sites en danger pour un coût de 25 millions de L.E. telles les mosquées de l’émir Methqal, Marzouq Al-Ahmadi, Meghlati Al-Gamali et Tetr Al-Goaziya. « On ne peut pas travailler sur plusieurs sites en même temps, alors on commencera par l’émir Methqal », confirme Hania Mamdouh.