Semaine du 30 octobre au 5 novembre 2013 - Numéro 997
Borhan Mostafa : Le charbon, solution idéale pour la durabilité de l’industrie
  3 questions a Borhan Mostafa, vice-président de CEMEX Egypt.
Borhan Mostafa
Borhan Mostafa, vice-président de CEMEX Egypt.
Dalia Abdel-Salam30-10-2013

Al-Ahram Hebdo :Etant donné la crise énergétique, pourquoi votre entreprise a-t-elle choisi de fonctionner au charbon bien qu’il soit le plus sale des combustibles fossiles ?

Borhan Mostafa : Pour commencer, il faut réaliser que le pays fait face à une pénurie dans l’approvisionnement en énergie, ce qui a un fort impact sur l’industrie du ciment. En général, on remarque qu’avoir recours au charbon et au coke pétrolier comme combustible est la seule solution à ce problème de manque d’énergie, non seulement pour les cimenteries, mais aussi pour toutes les activités industrielles dans le pays. Utiliser le charbon, qui est le combustible le plus commun, aidera le gouvernement à compenser partiellement le déficit budgétaire du pays résultant des subventions consacrées au secteur de l’énergie et le diriger vers d’autres secteurs comme celui de la production d’électricité.

A la fin, c’est l’ensemble des conditions, des régulations et des comportements environnementaux qui rendent la consommation de n’importe quel carburant saine ou pas.

— Pourquoi ne pas utiliser le gaz naturel ou l’énergie solaire ou éolienne au lieu du charbon ?

— Le charbon est abondant, et sa forme solide fait que le processus d’importation est beaucoup plus simple, comparé à l’importance de gaz naturel qui est très compliquée et qui coûte des milliards à l’Etat. Pour l’énergie renouvelable, dans les cimenteries, on a besoin d’énergie électrique et d’énergie thermique, donc le solaire peut être utilisé partiellement pour produire l’énergie électrique, mais pas l’énergie thermique. Le charbon est donc la solution idéale pour la durabilité de l’industrie, un système strict peut garantir la conservation de l’environnement.

— Mais les cimenteries ne respectent pas les règlements. Elles préfèrent commettre des infractions et payer les amendes au lieu de changer de technologie, car cela leur revient moins cher …

— Cette perception des cimenteries est erronée. La plupart des cimenteries investissent actuellement de grandes sommes pour changer leurs filtres, afin de se conformer aux nouvelles régulations environnementales. Dans notre cas, nous avons investi 10 millions de dollars pour changer le filtre EPS de la ligne de production numéro 1, dans le but d’avoir une technologie avancée et nous sommes en train de travailler pour changer le filtre de la ligne de production numéro 2. Une fois cela terminé, nous commencerons tout de suite les procédures de changement du filtre de la ligne de production numéro 3. Donc pour changer ces filtres, l’investissement total de CEMEX atteindra les 30 millions de dollars.

A mon avis, la solution c’est de mettre en place un système cohérent pour la conservation de l’environnement qui soit appliqué non seulement par le ministère de l’Environnement, mais aussi par tous les ministères concernés. En plus, il est important de considérer le facteur temps, puisque les cimenteries souffrent déjà du manque d’approvisionnement en énergie.

Personnellement, je ne peux suggérer tout autre système ou dire si dans le système actuel les peines doivent être durcies ou pas. Mais je peux assurer qu’une fois un système est en place, CEMEX le suivra.




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