Opinion > Dernier Mot >

DERNIER MOT : Le deuxième Israël

Wednesday 2 nov. 2022

L’une des déclarations célèbres du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, est d'avoir dit à plus d’une occasion que l’Ukraine est le deuxième Israël. Il a souvent défendu les crimes odieux de ce dernier commis dans les Territoires occupés en invoquant son droit à se défendre. Et ce, au même moment où Israël était critiqué par le monde entier pour sa brutalité envers le peuple palestinien. Au début, je n’avais pas compris ce que le président ukrainien voulait dire en qualifiant son pays de deuxième Israël. Mais j'ai saisi son intention lorsqu'il a envoyé cette semaine un message ferme aux Etats-Unis dans lequel il a formulé ses exigences financières pour l’année à venir sous une forme péremptoire que certains médias américains ont largement critiquée. Zelensky a imité le discours d’Israël, qui reçoit chaque année des Etats-Unis la plus grande aide bilatérale au monde. Dans une interview télévisée, il s’est adressé au Congrès américain en disant : « En ce moment, nous avons des besoins financiers de base. Premièrement, nous avons besoin de 38 millions de dollars pour combler le déficit de notre budget de l’année prochaine. Deuxièmement, nous avons besoin des 17 millions de dollars approuvés par la Banque mondiale pour reconstruire l’infrastructure du pays. Troisièmement, nous avons besoin de prêts de 2 milliards de dollars pour reconstruire l’infrastructure électrique détruite et augmenter nos exportations vers l’Europe et quatrièmement, nous avons besoin de prêts pour l’achat de gaz et de charbon pour le chauffage. En tout cas, le montant de l’aide requise pour cette année ne devrait pas être inférieur à 5 milliards de dollars ». Ces propos ont poussé le célèbre présentateur américain Tucker Carlson de Fox News à s’interroger dans son émission intitulée Ce soir : « De quel droit cet étranger se tourne-t-il vers le Congrès américain avec un discours aussi imposant ? Et quelle tutelle a-t-il sur le Trésor américain ? ». Il a terminé ses propos en disant : « Partez d’ici ! », suivi d’un mot inapproprié. Mais en réponse à Carlson, je dirais que Zelensky s’exprime à partir du droit que les Etats-Unis accordent à Israël et en vertu duquel leur Trésor lui est largement ouvert car l’Ukraine joue maintenant face à la Russie le même rôle de médiateur américain que joue Israël au Moyen-Orient.

Mots clés:
Lien court: