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DERNIER MOT : La responsabilité médiatique

Wednesday 7 sept. 2022

Les grandes villes du monde sont fières de posséder des parcs historiques. La capitale londonienne possède Hyde Park, Paris a la chance d’avoir les jardins de Luxembourg, et New York, le Central Park. Le Caire avait le privilège d’avoir le jardin d’Ezbékiyeh qui avait été effacé par l’urbanisation accrue et qui a été substitué enfin récemment par le jardin d’Al-Azhar. Alexandrie, quant à elle, compte 4 parcs, Antoniades, Challalat, Nozha et, enfin, le Zoo qui, auparavant, était une partie du parc Nozha. Je rappelle cela à cause des inquiétudes suscitées par des photos choquantes circulant sur les médias sociaux selon lesquelles ce dernier sera démoli pour le transformer en bâtiments et commerces qui généreront des sommes colossales. Le parc de 50 feddans avait été bâti par le khédive Ismaïl qui avait assigné à l’architecte français Paul Richard la tâche de le concevoir sur le style des jardins du palais de Versailles. Pire encore, le palais d’Antoniades, qui remonte à 1855 et qui a été témoin de la signature de l’accord de 1936, sera détruit également.

Les dernières informations que j’avais sur ce palais est qu’il dépendait de la Bibliotheca Alexandrina à l’époque de son ex-directeur, Ismaïl Séragueddine. Je sais que la Bibliotheca avait versé pour sa restauration environ 20 millions de L.E., pour en faire un siège pour les études de la Méditerranée et un lieu d’accueil pour les savants internationaux. Ensuite, après beaucoup de retard, émergent des nouvelles rejetant ces allégations et exposant les contours du plan de développement du parc qui ne prévoit ni la démolition du palais ni la construction d’immeubles et de commerces. Où étaient donc les responsables de ce plan ? Devraientils attendre jusqu’à ce que le mal soit fait pour qu’ils aient conscience de leur responsabilité médiatique envers l’opinion publique qui n’est plus mise à l’écart comme ce fut le cas avant les Révolutions de Janvier et de Juin ?

Aujourd’hui, la participation du citoyen dans la prise de décision est un devoir de chaque responsable. C’est une manière qui lui permettrait de devancer toutes les rumeurs au lieu de se contenter de nier les informations après qu’elles eurent produit leur effet. La mentalité médiatique de la plupart de nos responsables a besoin de réforme. Qu’ils suivent l’exemple du président de la République dans ses visites de terrain au cours desquelles il explique à l’opinion publique les projets dans tous leurs aspects. Dans le monde des médias, la crédibilité revient à celui qui donne l’information et non pas à celui qui s’empresse de la nier après sa publication.

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