Opinion > Opinion >

La paix oubliée

Wednesday 25 mai 2022

Le nouveau gouvernement israélien de Naftali Bennet n’a visiblement rien à envier à son prédécesseur, Benyamin Netanyahu. Tandis que le tohu-bohu soulevé par la mort de la journaliste d’Al-Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée la semaine dernière alors qu’elle couvrait les affrontements en Cisjordanie, ne s’est toujours pas calmé, Israël a décidé d’aller de l’avant avec son plan de construction de 4 427 nouveaux logements en Cisjordanie. 2 684 logements ont déjà obtenu les autorisations nécessaires, tandis que les autres sont en passe de les obtenir.

La décision israélienne intervient un mois avant la visite attendue en Israël et en Cisjordanie du président américain, Joe Biden. Le gouvernement israélien veut visiblement tester le chef de la Maison Blanche sur la question des colonies. La date de l’annonce de ces colonies n’est donc pas fortuite. En 2010, une décision similaire approuvant la construction de colonies avait également été annoncée lorsque Joe Biden, à l’époque viceprésident des Etats-Unis, était en visite dans la région. Comme ses prédécesseurs, l’actuel gouvernement israélien manoeuvre pour réaliser ses objectifs, notamment élargir les colonies, poursuivre la judaïsation de Jérusalem, changer les repères de la ville et modifier son aspect historique et démographique en créant un vaste paysage de colonies qui sépare la ville de son environnement palestinien et la relie aux profondeurs israéliennes.

En résumé, le gouvernement israélien a décidé de régler « à sa façon » les questions du statut final, c’est-à-dire de manière unilatérale et par la force de l’occupation. Tout discours sur la paix dans la région et sur la solution des deux Etats relève désormais de la fiction.

Mots clés:
Lien court: