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Le désengagement américain

Monday 7 févr. 2022

Quelles seront les conséquences du désengagement américain du Moyen-Orient ? Un an après l’investiture du président démocrate, Joe Biden, les nouvelles orientations de Washington visant à réduire sa présence dans la région semblent se confirmer, motivées d’une part par la volonté de se mobiliser sur le front de l’Asie du Sud-Est pour contrer l’influence de la Chine et d’autre part, par les échecs successifs des politiques américaines dans la région.

Le désengagement américain date de plusieurs années déjà. En 2019, une attaque attribuée aux forces yéménites alliées de l’Iran contre des installations du géant pétrolier saoudien Aramco n’avait soulevé aucune réaction de la part des Etats-Unis. Dès sa prise de fonction en janvier 2021, Joe Biden a mis fin à l’appui américain à la guerre au Yémen et s’est hâté de rétablir l’accord nucléaire signé par les Occidentaux en 2015 avec l’Iran, et duquel Donald Trump s’était retiré en 2018. Une décision qui a alimenté les craintes des alliés régionaux des Etats-Unis de voir grandir l’influence de Téhéran.

Les nouvelles orientations américaines ont eu pour conséquence un changement de la dynamique régionale, avec notamment un positionnement plus pragmatique des pays du Golfe envers l’Iran, mais aussi envers son allié syrien, comme en témoigne la réouverture, en 2018, de l’ambassade émiratie en Syrie. Rappelons qu’Abu-Dhabi a retiré une partie de ses troupes engagées dans la guerre au Yémen. Quant à l’Arabie saoudite, elle a ouvert un dialogue direct avec Téhéran pour tenter de désamorcer la tension entre les deux pays.

Le retrait américain de la région a surtout des répercussions sur Israël qui a désormais affaire à un environnement régional plus favorable à l’Iran. D’où le profond désaccord entre Washington et Tel-Aviv qui accuse son allié américain de ne plus le soutenir dans son face-à-face avec les Iraniens.

Enfin, le désengagement américain a ouvert la porte à d’autres puissances qui tentent d’occuper le vide laissé par les Etats-Unis comme la France et la Chine, même si ces deux pays n’ont pas, pour le moment, les moyens de remplacer la superpuissance.

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