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Paris et les monarchies du Golfe

Al-Ahram Hebdo , Lundi, 06 décembre 2021

La tournée, cette semaine, du président français, Emmanuel Macron, dans la région du Golfe montre l’étendue de l’intérêt porté par la France à cette région du monde.

Tour à tour, le président français s’est entretenu avec le prince héritier d’Abu-Dhabi, Mohamad bin Zayed Al Nahyan, l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, et le prince héritier saoudien, Mohamad bin Salman. Il s’agissait pour la France de consolider le partenariat stratégique avec ces pays à la fois grands fournisseurs d’énergie et clients en matière d’armement et de haute technologie.

Au Qatar, Macron a salué le rôle de l’émirat dans l’évacuation des ressortissants européens d’Afghanistan après l’arrivée au pouvoir des Talibans.

A Dubaï, il a été surtout question d’un grand contrat d’armement avec l’achat, par Abu-Dhabi, de 80 avions de combat Rafale. Et à Djeddah, ce sont surtout les dossiers régionaux qui ont été au centre des discussions. L’occasion pour Emmanuel Macron de souligner le positionnement de la France par rapport à des questions comme l’Iran et le Liban. Ainsi, le président français a cherché à rassurer les monarchies du Golfe au sujet du dossier nucléaire iranien.

Au sujet du Liban, la France cherche à atténuer la récente tension entre Beyrouth et Riyad. La France et l’Arabie saoudite ont rappelé leur engagement en faveur du Liban en dépit de l’influence iranienne dans ce petit pays méditerranéen. Le rapprochement entre la France et les pays du Golfe est motivé par des considérations géopolitiques.

Le relatif désengagement américain de la région, pour se consacrer au face-à-face avec la Chine, les positions de Washington durant les révoltes arabes de 2011 et celles du président américain, Joe Biden, en faveur d’un dialogue avec l’Iran ont soulevé la méfiance des monarchies pétrolières qui préfèrent désormais se tourner vers « un nouvel allié ». Paris, qui entretient des relations solides avec les pays de la région depuis De Gaulle, est prête à « remplir le vide » et se pose désormais en alternative aux Américains, surtout en matière d’armement.

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