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Les campagnes par procuration

Monday 12 oct. 2015

A l’instar des législatives précédentes, les législatives actuelles donnent lieu au phénomène de la propagande par procuration.

Dans les différentes circonscriptions, de grandes pancartes annoncent qu’une certaine personnalité soutient tel ou tel candidat. Ces pancartes appellent les électeurs à voter pour le candidat en question, tout en citant ses innombrables qualités.

Ce genre de propagande est tout à fait légitime. Il ne représente aucune infraction. Cependant, il doit être compté dans le coût de la campagne électorale des candidats concernés, lesquels, comme tous les candidats, sont tenus à élaborer un rapport financier et le présenter au haut comité des élections.

Le coût de ces campagnes assurées par une tierce partie doit, donc, être mentionné et soumis à un contrôle sérieux pour que les dits rapports ne deviennent pas une simple formalité destinée à compléter le dossier de candidature.

Obliger les candidats à ouvrir un compte bancaire a pour objectif de contrôler, dans les moindres détails, les ressources qu’ils consacrent à la campagne que celle-ci soit assurée par eux-mêmes ou par leurs supporters.

Si le plafond limitant les sommes investies dans la campagne se transforme en une question « pour la forme », le processus électoral risque de se transformer d’une concurrence respectable en une compétition qui échappe à tout règlement.

Il se trouve que de nombreux candidats ne respectent pas les règlements imposés par la loi de l’exercice des droits politiques relatifs à la campagne électorale. Ils contournent cette loi, convaincus de l’absence de tout contrôle, et par conséquent de sanctions.

L’une des images du contournement de la loi est le fait de ne pas considérer le coût des pancartes affichées par les partisans des candidats, sous prétexte qu’elles ne sont pas faites par le candidat lui-même, ce qui représente une infraction à l’article 56 de la loi de l’exercice des droits politiques. D’après cet article, un candidat a le droit de recevoir des dons, à condition que ceux-ci ne dépassent pas 5 % du coût maximum désigné à la campagne.

Les pancartes affichées par les partisans des candidats, pour déclarer leur soutien, sont en effet une forme de dons. Leur valeur doit, donc, être prise en comptel

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