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Tintin en Egypte

Nasma Reda , Mercredi, 07 décembre 2022

Une exposition sur les aventures de Tintin en Egypte est organisée au Musée national de la civilisation égyptienne à la suite de la publication d’une nouvelle édition de l’album Les Cigares du Pharaon.

Tintin en Egypte

«  Les Cigares du Pharaon », le 4e des Aventures de Tintin, est aujourd’hui le titre d’une exposition temporaire tenue au grand hall du Musée national de la civilisation égyptienne (NMEC), à Fostat, depuis le 22 novembre. Organisée par Tintinimaginatio en coopération avec The International Fondation for Fine and Decorative Arts (IFFDA) et le soutien du ministère égyptien de la Culture, cette exposition, qui dure un mois, fête à sa manière les deux grands événements archéologiques de l’année 2022 : le centenaire de la découverte du tombeau de Toutankhamon et le bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes.

Afin de créer les séquences égyptiennes de la bande dessinée Les Cigares du Pharaon, le célèbre dessinateur et auteur belge Hergé s’est librement inspiré de la découverte du tombeau de Toutankhamon, faite par Howard Carter en 1922. « Nous fêtons les 90 ans du premier lancement de cet album– d’abord sorti en 1932, pour un total de 124 planches (pages) puis édité au format album, en 1934–, publié en noir et blanc de façon hebdomadaire dans le Petit Vingtième, sous le titre Les Aventures de Tintin en Orient, explique Carolyn Routledge, conservateur et chef de projet auprès de l’IFFDA. Et de souligner que « cette aventure a fait l’objet d’une colorisation inédite de la version originale des années 1930. Grâce à cette démarche, le récit original reparaît cette année pour célébrer, à sa manière, les anniversaires des deux découvertes égyptologiques majeures », car, dit-elle, l’histoire de Tintin en Egypte est très liée à celle de Carter et à la découverte du tombeau du jeune roi. A savoir que l’album est apparu au mois de novembre 1934 sous son titre actuel Cigares du pharaon et qu’il est le premier de la série à paraître chez Casterman. L’aventure est entièrement remaniée et redessinée pour la colorisation de l’album en 1955.

Juste devant l’entrée principale du NMEC, l’on trouve deux grandes vitrines dont l’une contient les premières pages colorées de la nouvelle édition de l’album alors que l’autre contient la fin de l’histoire avec des pages anciennes en noir et blanc. « Les visiteurs peuvent également parcourir l’édition en noir et blanc mise en regard de celle récemment colorisée par Tintinimaginatio », retrace le chef de projet auprès de l’IFFDA.


Un film diffusé en marge de l’exposition où les gens peuvent prendre des photos avec Tintin.

Juste en face de la salle principale du musée, un album hors-format s’ouvrant sur les planches 14 et 15 montre les détails en séquences du tombeau de Kih-Oskh, le nom du pharaon d’Egypte dans les aventures de Tintin, comme point de départ de cette exposition graphique colorée, alors que le revers de ces planches révèle la couverture de la nouvelle édition. « C’est vraiment fantastique que Tintin se rende pour la première fois en Egypte », assure Routledge, rappelant que les albums des aventures de Tintin sont au nombre de 24.

De son côté, Yves Février, organisateur de l’exposition et directeur du digital chez la société Moulinsart, qui s’est donné pour mission de restaurer et d’embellir, grâce à de nouvelles technologies, la qualité de reproduction des premières aventures éditées en noir et blanc, affirme que ce héros est toujours présent dans les grands événements, indiquant que les trois premiers albums avant celui des Pharaons ont été fêtés dans les pays dont il parle. Tintin a fêté en 2019, en Russie, le centenaire de la Révolution soviétique par l’album Tintin au pays des Soviets, apparu en 1929, et avec l’ouverture du Musée africain à Bruxelles, l’association a pour sa part lancé la nouvelle édition de Tintin au Congo, apparu pour la première fois en 1931 alors que la nouvelle édition de Tintin en Amérique, le 3e album de ses aventures, a vu le jour au moment de la dernière élection présidentielle en 2020.

« Après avoir réalisé la colorisation de cet ouvrage à partir de l’édition originale, on a voulu célébrer cet événement au Caire, surtout que la première partie de l’ouvrage fait référence à l’Egypte avec des éléments factoriels comme le trône de Toutankhamon et le cartouche de Séthi Ier. Ceux-ci viennent de l’Egypte et ont inspiré Hergé », explique Février.

En marge de l’exposition est diffusé un court métrage en dessin animé sur cette merveilleuse aventure de Tintin découvrant le tombeau égyptien. Ce film présente aussi quelques photos prises par Harry Burton, le photographe anglais de la célèbre découverte du tombeau de Toutankhamon, dressant un parallèle entre les deux aventures, celle de Tintin et celle de Carter.


Couverture de la première édition du livre.

Guidés par l’apparition successive et régulière du symbole de ce mystérieux pharaon, les visiteurs sont ensuite invités à participer au « Tintin Adventure Trail », où ils peuvent découvrir, via QR codes, dix objets que le héros a rencontrés lors de ses investigations en Egypte. « La malédiction est aussi présente dans l’album et certains égyptologues sont transformés en momies », dit Février, faisant référence au décès de lord Carnarvon, le commanditaire des fouilles du tombeau de Toutankhamon, et en douze ans, au moins 27 autres personnes proches de l’expédition décédèrent de causes suspectes.

Selon lui, Tintin n’est plus Belge, il est partout dans le monde. « Ces albums ont été traduits en 130 langues dont l’arabe. Mais le problème avec l’arabe est qu’on doit tourner toutes les images car elles se lisent de droite à gauche. Pour l’instant, pas de nouvelle édition originale en arabe », souligne-t-il. Enfin, pour conserver un souvenir de leur expérience, les visiteurs peuvent prendre des photos avec le célèbre reporter belge, en se mettant debout devant une case reproduite à l’échelle.

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