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Des perspectives de croissance pour le secteur privé

Marwa Hussein , Mercredi, 23 novembre 2022

Malgré les contraintes qu’elle impose aux activités économiques et commerciales, la crise mondiale offre des opportunités à certains secteurs en Egypte. Au secteur privé de les saisir.

Des perspectives de croissance pour le secteur privé
Les industries à consommation intensive de gaz ont une opportunité de croissance en Egypte à cause de la guerre en Ukraine. (Photo : Reuters)

En dépit du climat morose qu’impose le ralentissement économique mondial provoqué par le conflit entre la Russie et l’Ukraine, d’aucuns estiment que celui-ci peut ouvrir des perspectives de croissance dans certains secteurs économiques. « On ne sait pas quand la crise économique mondiale se termine. Cependant, malgré les difficultés qu’elle impose, elle offre des opportunités à ceux qui possèdent la capacité d’en profiter et se réorganiser », estime Mohamed El-Bahey, membre du conseil d’administration de la Fédération des industries égyptiennes et représentant de l’Egypte dans le Conseil des affaires des pays membres de l’Accord arabo-méditerranéen de libre-échange dit « Accord d’Agadir ». Il explique que la perturbation des chaînes d’approvisionnement international offre une opportunité historique à l’Egypte. « Les industries à consommation intensive de gaz naturel sont affectées en Europe par la baisse des approvisionnements en gaz provoquée par la guerre en Ukraine, alors que l’Egypte exporte du gaz naturel. Le manque du gaz en Europe a affecté plusieurs industries et pas seulement le réchauffement des maisons. Les industries des engrais, du fer et de l’acier, du ciment et des vitres qui ont des surplus de production peuvent augmenter leurs exportations », assure El-Bahey, tout en soulignant que l’existence de vastes terrains dans le désert, loin des zones urbaines en Egypte, peut permettre la localisation de telles industries dans le pays sans affecter la santé des habitants ou l’environnement.

« Ce dossier seul peut bien conduire à une hausse considérable des exportations et rendre réalisable l’objectif de l’Etat de générer 100 milliards de dollars d’exportations », assure-t-il, en avançant comme preuve la mobilité actuelle des investissements au niveau international. Beaucoup d’industries, qui ont quitté la Russie et l’Ukraine à cause de la crise, se sont dirigées vers les Emirats arabes unis et le Maroc qui ont pu attirer ces investisseurs en offrant des avantages directs, surtout la rapidité d’octroi des licences. « Les opportunités sont multiples mais il faut agir vite et prendre en considération l’importance du temps. La facilité des procédures est primordiale car un petit fonctionnaire qui complique la tâche peut affecter la décision d’investissement. L’Etat a considérablement amélioré l’infrastructure, y compris le développement sans précédent des ports. L’offre des terrains industriels par droit de concession est un autre avantage que l’Etat a offert. Il reste à faciliter les procédures et arrêter d’imposer des frais supplémentaires non inclus dans la loi », réclame El-Bahey. Ces derniers points ont été soulevés lors de la Conférence économique de l’Egypte qui s’est tenue fin octobre. Le gouvernement a promis de prendre en considération ces griefs tout en oeuvrant avec le secteur privé à rédiger une stratégie industrielle visant à encourager ce dernier.

L’industrie automobile

L’industrie locale de l’automobile est un autre secteur qui peut profiter de la situation actuelle, surtout après la dévaluation de la livre égyptienne qui rend les véhicules assemblés localement bien plus compétitifs. « Tous les prix des automobiles vont augmenter à cause de la hausse du prix du dollar, mais bien sûr les voitures assemblées localement restent bien moins chères. Une voiture assemblée localement coûtera entre 15 et 20% moins cher que le même modèle importé. Ce qui fait que les producteurs locaux vendent 100 % de leur production », explique Hussein Moustafa, ancien président exécutif de l’Union des producteurs d’automobiles. « La crise mondiale a affecté l’industrie automobile mondiale qui s’est contractée de 30% à cause de la baisse des exportations des métaux par la Russie, l’un des plus grands exportateurs mondiaux de métaux, ainsi que le gaz d’asperge de l’Ukraine. L’industrie automobile en Egypte a été également affectée: entre 200000 et 250000 automobiles sont vendues annuellement sur le marché égyptien, mais ce dernier peut bien écouler jusqu’à 500 000 unités. La production locale est d’à peine 100000 voitures par an », explique-t-il.

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