Economie > Economie >

Contrer la hausse des prix du pain

Amani Gamal El Din , Mercredi, 23 mars 2022

Le gouvernement a décidé d’appliquer un mécanisme de tarification du pain non subventionné pour trois mois, afin de limiter la hausse de son prix.

Contrer la hausse des prix du pain
Le mécanisme de tarification du pain non subventionné fait partie des mesures de régulation du marché.

L’Egypte place en tête de ses priorités sa sécurité alimentaire. Le président de la République, Abdel-Fattah Al-Sissi, a donné ses instructions pour la mise en place d’un mécanisme de tarification du pain non subventionné pour trois mois afin de faire face à la hausse de son prix. Suivant ce mécanisme, le prix de la galette a été fixé, selon son poids, entre 50 piastres et une livre égyptienne, a annoncé le gouvernement, lundi 21 mars (voir encadré chiffres). La décision prévoit également une amende de 100 000 à 5 millions de L.E. contre ceux qui vendront le pain à des prix différents.

Cette décision vise à réguler le marché et est intervenue à la suite de la hausse du prix de la farine qui est passé de 9000 L.E. à 12000 L.E. la semaine dernière. « Les répercussions se sont ressenties par la suite sur les prix du pain non subventionné qui ont enregistré une hausse de 25 à 50%. Le prix de la galette de pain baladi de 50 piastres a passé à 75 piastres et celle qui coûtait une livre se vend désormais à 1,25 L.E. », a déclaré Abdallah Siam, président du département des boulangeries de Guiza.

La hausse des prix locaux est la conséquence de l’inflation mondiale galopante et de la guerre Russie-Ukraine. D’autant que l’Egypte est le premier importateur mondial de blé et que deux de ses plus importants fournisseurs sont les deux pays en guerre, l’Ukraine et la Russie, qui assurent environ 80% de ses besoins estimés d’atteindre 12,4 millions de tonnes en 2021-2022.

Avant d’annoncer le nouveau prix du pain, le gouvernement a tenu plusieurs réunions dont l’objectif était d’étudier le coût du pain non subventionné et les entrants de production. Les directives présidentielles étaient claires: le ministère de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur est chargé de vendre le blé aux boulangeries pour contrôler les prix. Dans ce contexte, le président a demandé de hâter la fixation de la prime supplémentaire d’approvisionnement de blé pour la saison actuelle (voir ci-dessous). Le suivi sera assuré par les inspecteurs du ministère.

Avant de prendre des mesures strictes pour réguler le marché, le gouvernement a tenu à calmer les esprits en annonçant que les approvisionnements de blé n’ont pas été affectés et que les 189000 tonnes contractées au préalable ont été acheminées des trois destinations, à savoir l’Ukraine, la Russie et la Roumanie. La semaine dernière, 126000 tonnes ont été reçues de la France et de la Roumanie. « Nous tenons à ne pas faire distorsion à la chaîne d’approvisionnement. Nous sécurisons nos réserves de blé en diversifiant les marchés alternatifs, qui sont au nombre de 14, parmi lesquels les Etats-Unis, l’Argentine, le Canada, le Paraguay et l’Australie », a annoncé le ministre de l’Approvisionnement et du Commerce intérieur, Ali Al-Mosselhi.

Mots clés:
Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique