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Gamal Awad : Les pays arabes doivent collaborer et encourager l’investissement dans les fonds de retraite

Nasma Reda , Mercredi, 05 octobre 2022

Gamal Awad, chef de l’Autorité nationale des assurances sociales, revient sur les efforts déployés par l’Egypte pour la réforme du système des retraites.

Gamal Awad

Al-Ahram-Hebdo : L’Egypte accueille pour la première fois la Conférence arabe sur la retraite et l’assurance sociale. Quelle est l’importance de cet événement ?

Gamal Awad : L’expérience égyptienne en termes de réforme du système de retraite suscite un intérêt général. Depuis plusieurs années, le gouvernement égyptien oeuvre à résoudre les problèmes financiers, afin d’assurer la viabilité financière du système d’assurance et de retraite. Plusieurs mesures ont été prises, on a unifié les lois relatives aux règlements des fonds d’assurance, on a assuré la régularité de paiement de la part du ministère des Finances et de la Banque nationale d’investissement. Tout cela garantit le paiement des pensions de retraite.

— Pensez-vous que les fonds de retraite soient en danger ?

— Sûrement pas. L’indépendance de l’Autorité nationale des assurances sociales, l’unification des lois et la réduction du phénomène des entreprises qui tentent de s’exempter de payer les assurances de leurs employés, ainsi que le renforcement des sanctions, autant de mesures qui ont garanti la stabilité et la continuité du paiement des fonds mensuels de retraite. Par exemple, la nouvelle loi garantit le paiement, par le ministère des Finances, de ses dus. D’ici 2026, nous allons récupérer 1,7 trillion de L.E. En outre, l’autorité a eu recours aux études actuarielles menées tous les trois ans pour évaluer la situation financière du système. On a également poussé graduellement l’âge de retraite jusqu’à 65 ans au lieu de 60 ans.

— Les défis économiques s’accroissent, surtout après la crise de la pandémie de Covid-19 et la guerre en Ukraine. Selon vous, comment les pays arabes peuvent-ils surmonter ces crises ?

— Les pays arabes doivent collaborer et encourager l’investissement, afin de garantir le paiement des pensions et assurer leur augmentation. A cet égard, chaque pays a son point fort, par exemple, l’Arabie saoudite a réussi la transformation numérique du système des pensions.

— Justement, comment l’Egypte se prépare-t-elle à la transformation numérique dans ce domaine ?

— L’Autorité égyptienne des assurances sociales lancera, à partir de juillet 2023, un site web et une application électronique qui faciliteront l’accès à nos services et résoudra les problèmes rencontrés par les retraités. On cherche aussi à accroître le nombre des individus profitant de l’assurance sociale. L’autorité augmentera son budget et assurera par conséquent la stabilité des paiements des retraites.

— Comment pouvez-vous sensibiliser les citoyens à intégrer le système de l’assurance sociale et à cotiser ?

— On prépare effectivement une campagne publicitaire sur les bénéfices du système d’assurance, afin d’inciter le plus de citoyens à cotiser pour garantir leur retraite. Nous allons faire le tour des gouvernorats pour sensibiliser les citoyens à ce sujet.

— Quels sont vos plans pour investir dans les fonds de retraite ?

— Environ 75 % des fonds de pension sont investis à la Banque Centrale comme bons de Trésor (T-Bills) parce que ce type d’investissement est plus sécurisé et maintient les fonds de retraite en offrant des intérêts. Nous étudions également la possibilité d’investir les 25 % restants dans différents aspects.

— Et quels seront ces aspects ?

— Rien n’est encore décidé. Je peux citer des exemples comme la Bourse égyptienne, les fonds arabes, l’investissement dans l’immobilier ou dans le domaine de l’éducation et autres. De multiples suggestions sont toujours en étude et la meilleure option sera choisie.

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