Semaine du 8 au 14 décembre 2021 - Numéro 1402
La triade thébaine, symbole de la création et du destin
  Dans la mythologie de l’Egypte Ancienne, la triade de Thèbes est un ensemble de trois divinités adorées dans cette ville antique de la Haute-Egypte : le dieu Amon, son épouse la déesse Mout et leur fils le dieu Khonsou. Passage en revue
La triade thébaine,
Nasma Réda24-11-2021

Amon

La triade thébaine,

Symbole : Le bélier

Rôle : Le dieu de la création et de la fécondité, protecteur du roi. Amon est un dieu attesté depuis l’Ancien Empire (2647-2150 av. J.-C.) et commence à prendre de l’ampleur à Thèbes vers la fin de la première période intermédiaire (2140-2022 av. J.-C.). Il est associé plus tard à Rê, dieu solaire et créateur, et nommé Amon-Rê. Il est l’une des principales divinités égyptiennes et devient plus tard le roi des dieux.

Allure : Sa coiffure est composée d’un chapeau cylindrique légèrement évasé, fiché de deux longues plumes. Amon a un double aspect : l’humain ordinaire et l’ithyphallique de Min, dieu de la fertilité et de la fécondité.

Emblèmes : Le disque solaire, les cornes et le fléau.

Fêtes en son honneur : Il s’agit de la fête d’Opet et la Belle Fête de la Vallée qui menait Amon sur la rive gauche du Nil pour visiter les temples funéraires des pharaons et les nécropoles du peuple.

Lieux de culte : En raison du développement de son culte sous le Nouvel Empire (1549-1080 av. J.-C.), Thèbes, la grande capitale pharaonique de l’époque, constituait le principal lieu de culte dédié à Amon avec les célèbres temples de Karnak et de Louqsor. Il était aussi vénéré à Héliopolis et Memphis, à Tanis dans le Delta et à Madinet Habou sur la rive ouest du Nil. A l’époque archaïque grecque, Amon était assimilé à la divinité grecque Zeus.

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Mout

La triade thébaine,

Symbole : Le vautour

Rôle : Elle symbolise les valeurs maternelles. Mout est l’une des plus anciennes divinités égyptiennes. A la période hellénistique (305-30), elle était assimilée par les Grecs à la déesse Héra, épouse de Zeus. Elle avait plusieurs titres dont : Mère du monde, OEil de Rê, Reine des déesses, Dame du ciel et Mère des dieux.

Allure : Femme coiffée de la couronne blanche et parfois surmontée du pschent (la double couronne d’Egypte). Elle est représentée sous la forme d’un vautour ou sous celle d’une femme portant sur la tête la dépouille d’un vautour. Elle apparaît sur les murs de nombreux temples, aux côtés de son mari Amon, comme « Maîtresse des neuf arcs » (symbole de victoire sur les ennemis). Elle est parfois une déesse dangereuse, représentée sous la forme d’une lionne aux griffes acérées et parfois elle est la déesse du ciel, représentée avec des ailes.

Emblèmes : Le pschent, la dépouille du vautour et parfois le disque solaire. La déesse porte souvent le sceptre floral des déesses.

Fêtes en son honneur : Elle était célébrée le 29 du mois d’Epiphi dans la saison de Shemou. Elle était aussi célébrée pendant les fêtes propres à Amon.

Lieux de culte : Le lac Icherou, au sud de Karnak. Elle est également vénérée dans son sanctuaire situé au sud du temple d’Amon, appelé Hout-Mou. Sous la XVIIIe dynastie, son culte devient important en tant qu’épouse d’Amon. N’ayant pas d’enfant, elle décide d’adopter Montou, puis Khonsou. Elle est à la fois l’épouse, la mère et la fille d’Amon et la mère du dieu lunaire Khonsou. Elle était considérée comme un troisième oeil montrant la perfection cosmique et favorisant la crue du Nil. Elle est citée dans le Livre des morts aidant le défunt à gagner l’au-delà et évitant qu’il ne se décompose

Khonsou

La triade thébaine,

Symboles : L’enfant ou le babouin

Rôle : Créateur du destin des hommes. Khonsou « le voyageur » est une divinité lunaire parfois associée à Shou, dieu de l’air. Plus tard, il devient le dieu de la guérison sous le nom de « Khonsou le conseiller ». Il possède le redoutable pouvoir de déclencher les maladies, mais aussi d’éloigner les mauvais génies. Il est aussi le seigneur de la vérité, la source du développement, celui qui donne la vie, il devient donc le dieu de la fertilité de la terre et du pouvoir germinatif.

C’est surtout à partir du Nouvel Empire qu’il prend vraiment de l’ampleur.

Allure : Khonsou est représenté sous l’Ancien Empire comme un homme barbu dans la position de marche ou comme un homme à tête de faucon, coiffé du globe lunaire ou d’un croissant de lune. Sous le Nouvel Empire, il est représenté sous l’aspect d’un enfant, le crâne rasé, portant la mèche latérale des enfants royaux, ou divins. Il apparaît aussi en tant que « Khonsou l’enfant » et dans deux autres formes moins importantes : « Khonsou le jeune » et « Khonsou qui donne des conseils ».

Emblèmes : Le sceptre Ouas, la croix Ankh, le flabellum (ou Nékhekh) et parfois le collier menat sur la poitrine ou dans les mains. On trouve aussi rarement d’autres variantes, comme le babouin, dieu de la lune, le taureau ou encore à Madinet Habou, le crocodile. En tant que dieu associé à Thot, il tient une branche de palmier, utilisée pour mesurer le passage du temps. Il apparaît également assis sur un trône en tant que « Khonsou Néferhotep », portant l’uraeus et le collier menat en main.

Fêtes en son honneur : Pakhon (du 16 mars au 14 avril), le premier mois de la saison de Shemou lui était dédié.

Lieux de culte : Khonsou a son propre temple à Thèbes dans l’enceinte du temple d’Amon à Karnak. Il est construit sur les ruines d’un temple d’Amenhotep III. Le temple se compose d’une allée de béliers, d’un portail, d’un pylône suivi de la salle hypostyle et du naos, reposoir de la barque sacrée. Commencé sous Ramsès III, le sanctuaire fut agrandi et terminé à l’époque ptolémaïque. Aujourd’hui, certaines fresques témoignent encore de la splendeur des couleurs antiques. Khonsou fut aussi vénéré à d’autres endroits comme à Edfou ou à Tanis.


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