Semaine du 8 au 14 décembre 2021 - Numéro 1402
Attia Mahmoud Al-Tantawi : Notre faculté est un lieu de rencontre arabo-africain
  La faculté des études supérieures africaines de l’Université du Caire s’apprête à fêter son 75e anniversaire. Dr Attia Mahmoud Al-Tantawi, doyen de la faculté, revient sur le rôle de cette institution pour consolider les relations panafricaines.
Photos Mohamed Abdou
Photo : Mohamed Abdou
Propos recueillis par Sabah Sabet24-11-2021

Al-ِAhram Hebdo : Avant de parler des objectifs de votre faculté, comment préparez-vous son jubilé de diamant ?

Attia Mahmoud Al-Tantawi : A l’occasion du 75e anniversaire de cet édifice scientifique, une grande célébration aura lieu au mois de mars pendant toute une semaine et elle inclura plusieurs activités et événements. Premièrement, il y aura une conférence mondiale sous le titre « Le développement durable sur le continent africain, potentiel et défis ». On prépare aussi une grande Encyclopédie africaine qui contiendra nos dernières recherches dans tous les domaines. De plus, nous sommes en train de préparer le Livre de diamant qui contiendra la mémoire de l’institut, de sa création à aujourd’hui. En outre, des événements culturels et artistiques, notamment une exposition des produits africains, seront organisés lors de cette cérémonie.

— Quel est donc l’objectif de la faculté ?

— Notre faculté est considérée comme l’une des plus prestigieuses d’Afrique. Elle vise à approfondir la connaissance des affaires africaines en menant des recherches sur toutes les questions qui ont trait au continent, en les documentant et en les publiant afin qu’elles soient au service des instances concernées par l’Afrique. La faculté s’engage aussi à présenter un service éducatif, en formant des cadres spécialisés et des spécialistes dans le domaine des études africaines. Ces derniers auront pour rôle de soutenir la communication avec le continent africain et de travailler à la diffusion de la culture et de la connaissance. On peut considérer la faculté comme une maison d’expertise dans les affaires africaines, qui répond aux besoins de la communauté locale, régionale et internationale, tout en adhérant aux normes internationales dans les domaines des études et de recherches.

— Quelles sont les conditions d’admission ?

— Nous acceptons tous les diplômés des facultés égyptiennes, africaines et arabes. Notre faculté est un lieu de rencontre arabo-africain. Concernant les matières et les études enseignées, nous avons six départements qui couvrent tous les domaines d’études : histoire, géographie, ressources naturelles, anthropologie, langues africaines, et un département de politique et d’économie.

La faculté coopère-t-elle avec d’autres établissements universitaires ou organisations ?

— Il y a des accords de coopération avec plusieurs facultés en Afrique et un échange de professeurs. Moi, par exemple, j’étais doyen de la faculté des sciences naturelles au Nigeria. Nous sommes toujours prêts à offrir nos recherches et notre expérience.

— Quel rôle peut jouer votre institution pour renforcer les relations panafricaines ?

— Comme je l’ai déjà signalé, nous acceptons les diplômés de tous les pays africains. Nous avons aussi des diplomates et des ambassadeurs africains qui enseignent chez nous. Notre faculté est surnommée « la maison des Africains en Egypte ». Les études africaines attirent les étudiants de certains pays arabes comme les Emirats arabes, l’Arabie saoudite, Oman et le Koweït. Nous avons des activités qui encouragent l’esprit de groupe chez les étudiants. Nous avons, à titre d’exemple, 12 modèles de simulation de l’Union africaine et de l’Onu et en ce moment, nous préparons le modèle du Parlement africain. Ces activités sont préparées par les étudiants africains et égyptiens qui travaillent ensemble. Ils tentent d’imiter le travail des organisations en formant des projets et en formulant des recommandations. Notre objectif est d’amener l’étudiant à faire des recherches et de lui apprendre à diriger. Le président de l’Université du Caire, Dr Mohamad Osman Al-Khocht, nous a demandé d’installer un bureau à la faculté qui soit au service des étudiants africains et à travers lequel ils peuvent résoudre certains problèmes comme le logement, les papiers de séjour et autres. Les étudiants africains apprennent ici avec leurs collègues égyptiens. Ils vivent en Egypte et apprennent à connaître la culture égyptienne et les Egyptiens font de même. Ils découvrent la culture africaine. Lorsqu’ils retourneront dans leurs pays, ils vont transmettre ces expériences et ces cultures à leurs familles, et c’est d’ici que commence le rapprochement.

— Qu’est-ce que la faculté offre à l’Egypte ?

— En général, nous adoptons les visions égyptiennes sur l’arène africaine. Dans ce contexte, nous organisons chaque année une conférence mondiale à travers laquelle nous discutons d’une question africaine comme le développement, l’intégration économique, le changement climatique et ses effets sur le continent, l’énergie et l’identité africaine.

Comme je l’ai déjà signalé, la faculté est considérée comme une maison d’expertise qui offre un service de recherche dans les questions africaines. Dans ce cadre, on nous confie des recherches dans certains domaines et nous les remettons aux instances concernées comme le ministère des Affaires étrangères.

Un de nos buts est de renforcer la force douce de l’Egypte, à travers les étudiants qui enseignent ici puis retournent dans leurs pays. Par exemple, 25 étudiants nigériens qui ont obtenu des doctorats enseignent actuellement dans les facultés nigériennes du nord. Ils vont assurément transmettre leur expérience et leurs sentiments envers l’Egypte et les Egyptiens à leurs étudiants. Je considère donc ses diplômés comme des représentants ou plutôt des messagers de la faculté et de l’Egypte.

Afrique

74 ans d’histoire

Créée en 1947, la faculté des études africaines est passée par plusieurs changements.

Au début de sa création, en 1947, au sein de l’Université du Caire (Université du roi Fouad), la faculté des études supérieures africaines portait le nom de l’Institut de recherches soudanaises, et à cette époque, elle était une section affiliée à la faculté des lettres. Devenant une entité indépendante en 1970, elle a été nommée Institut des recherches et d’études africaines. Le 3 décembre 2018, et à l’occasion des préparatifs de l’Egypte pour présider l’Union africaine, l’institut a été transformé en faculté (degré supérieur à institut en Egypte) sur décision du premier ministre égyptien.

La bibliothèque africaine

Photos Mohamed Abdou
Photo : Mohamed Abdou

La faculté renferme une grande bibliothèque africaine, la plus ancienne et la plus grande dans son domaine. On y trouve des thèses scientifiques, des rapports et des périodiques scientifiques, des recherches dans de différents sujets spécialisés ayant trait à l’Afrique (histoire, géographie, langues africaines, anthropologie, politique et économie). La bibliothèque fournit un service WhatsApp (01121682226) qui permet de se renseigner sur tout ce qui la concerne. Elle fournit également un service de photographie à distance pour les étudiants.

Musée ethnographique

La faculté renferme un Musée ethnographique qui renferme des pièces d’antiquité africaines. C’est le seul musée enregistré dans cette spécialité au monde. Il expose des outils agricoles et des équipements de guerre, des accessoires et des instruments de musique africains, comme les tambours.

La plupart des pièces sont offertes en1956 par le ministre d’Etat pour les Affaires du Soudan, présentant le mode de vie africain. Elles sont pour la plupart faites en bois.

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