Semaine du 26 janvier au 1er février 2022 - Numéro 1408
Tareq Geith : Il faut donner sa chance au système immunitaire
  Docteur Tareq Geith, professeur d’allergologie et d’immunologie à l’Université de Zagazig, met en garde contre l’administration à domicile des antibiotiques intraveineux. Entretien.
Tareq Geith
May Atta12-01-2022

Al-Ahram Hebdo : La réaction allergique aux antibiotiques est-elle un phénomène nouveau ?

Dr Tareq Geith : La principale cause des réactions allergiques à certains antibiotiques est la forte proportion des personnes allergiques qui comptent aujourd’hui près de 35 % de la population mondiale. Qu’il s’agisse des sinusites, des allergies respiratoires, cutanées ou des allergies contre certains aliments ou médicaments. Outre le stress et la prédisposition génétique, la perturbation du système immunitaire est notamment due à la pollution et aux agents de conservation et colorants alimentaires. Autre facteur non négligeable, qui pourrait expliquer l’augmentation relativement récente des réactions allergiques aux antibiotiques, est la présence d’impuretés dans les substances pour usage pharmaceutique. En théorie, celles-ci ne doivent pas dépasser un certain seuil.

— Les réactions allergiques sont d’autant plus dangereuses en cas d’antibiotiques intraveineux. Quelles sont les précautions à prendre si le médecin les conseille ?

— Tout à fait, le patient doit savoir que les réactions allergiques aux antibiotiques intraveineux peuvent être fatale, d’où l’importance d’un test d’allergie préalable à leur administration. Il s’agit d’injecter une très petite quantité du médicament et d’attendre un quart d’heure. En cas de réaction allergique, le médecin traitant doit prescrire un autre antibiotique, avec un nouveau test d’allergie s’il le faut. Ces tests doivent être faits à l’hôpital pour pouvoir gérer les symptômes allergiques s’ils se manifestent.

— Y a-t-il un excès dans la prescription des antibiotiques, selon vous ?

— Il ne faut pas prescrire d’antibiotiques au début de la maladie, mais plutôt procéder graduellement, surtout si le patient est en bonne santé et si la respiration et le pouls sont réguliers. S’il n’y a ni inflammation pulmonaire ni accumulation de pus à l’arrière de la gorge, il s’agit donc d’un petit rhume contre lequel un antibiotique n’est d’aucune utilité. Dans ce cas, il faut donner sa chance au système immunitaire, et même en cas de fièvre le patient peut se rétablir sans antibiotiques. En revanche, certains cas nécessitent un traitement par antibiotique, parfois en intraveineuse, dès la manifestation de la maladie. C’est le cas des patients gériatriques, ceux qui souffrent de maladies chroniques ou d’une déficience immunitaire. Là, les antibiotiques permettent d’éviter une infection bactérienne qui pourrait entraîner une inflammation pulmonaire.


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