Semaine du 1 au 7 mai 2013 - Numéro 972
Budget de l'état: La facture du redressement financier
 
Boursiers
Le Conseil consultatif a rejeté 2 propositions de taxation des échanges boursiers. (Photo: Reuters)
Marwa Hussein01-05-2013

Pour parvenir à réduire le déficit budgé­taire, le gouvernement a inclus dans le budget une baisse des subventions ainsi qu’une hausse des impôts. « Il est normal de vouloir résorber le déficit, mais par quels moyens ? La structure des impôts est trop injuste », affirme un chercheur en économie qui requiert l’anonymat.

Du côté des dépenses, le gouvernement vise surtout à réduire les subventions à l’énergie supposées bénéficier surtout aux classes moyennes et riches. Or, l’effet sur les plus démunis ne sera pas négligeable, vu que toute hausse des coûts de transport se traduit par une hausse des produits ali­mentaires et de l’inflation. Pour diminuer la facture des subventions, le gouverne­ment veut introduire un système de cartes intelligentes pour la distribution de l’es­sence et du gasoil ainsi qu’un système de coupons pour la distribution des bon­bonnes à gaz, afin de rationaliser la consommation. Chaque véhicule se verra allouer une quantité déterminée d’essence ou de gasoil par mois au prix subvention­nés alors que les foyers recevront un nombre limité de bonbonnes de gaz, selon le nombre d’habitants. « Le système des coupons et des cartes intelligentes est trop compliqué et coûte cher. Il impliquera la création d’un corps administratif pour le gérer et le gonflement des emplois dans l’administration publique. Ce n’est pas sans raison que la majorité des pays du monde ont rompu avec de tels systèmes », commente Khaled Amin Zakariya, cher­cheur invité à la Robert Wagner School of Public Service, de l’Université de New York, et professeur adjoint à l’Université du Caire.

Les mesures impopulaires ont été annoncées et reportées à plusieurs reprises. Le gouvernement espère écono­miser quelque 36 milliards de L.E. Malgré les baisses prévues, la facture totale des subventions à l’énergie devra atteindre 100 milliards de L.E. en 2013-2014 contre 99,6 milliards de L.E. prévues pour l’exer­cice en cours. « La dévaluation de la L.E. et la hausse normale de la consommation pourront considérablement élever la fac­ture des subventions pour dépasser les 1 000 milliards », affirme une source du ministère des Finances qui a requis l’ano­nymat.

Le gouvernement envisage également d’économiser 4,2 milliards de L.E. avec l’instauration d’un salaire minimum et maximum, la réduction des conseillers qui touchent d’importantes sommes et la rationalisation des dépenses de l’appareil administratif. A terme, il espère économi­ser 2,1 milliards de L.E. en exerçant plus de contrôle sur les subventions aux matières alimentaires.

Au total, le gouvernement veut écono­miser 42,6 milliards sur ses dépenses. Cependant, les aides aux salaires vont connaître une hausse de 20,7 milliards de L.E. pour passer à 172 milliards de L.E. en 2013-2014.

Sur le plan des recettes, le gouverne­ment cherche à réviser et introduire à la hausse d’autres recettes, dont l’impôt fon­cier devant être mis en vigueur en juillet. Une hausse des taxes de vente sur diffé­rents produits est également prévue dans un court délai dans une première étape qui devra être suivie par une modification radicale de la loi des taxes de vente. Celle-ci sera transformée en taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui sera généralisée sur quasiment tous les produits avec quelques exceptions vers novembre 2013.

Le Conseil consultatif (Chambre haute du Parlement) doit débattre dans quelques jours des modifications de la loi des res­sources minérales dans le but d’augmen­ter les droits des carrières fixes depuis des décennies. Avec l’addition des sommes générées par des modifications adoptées sur la loi de l’impôt sur le revenu, la hausse globale des impôts devra rapporter quelque 90 milliards de L.E. en plus, pour atteindre 356,9 mil­liards de L.E. contre 266,9 prévues pour l’exercice 2012-2013. Or, le Conseil consultatif a déjà rejeté l’imposition d’une taxe sur les acquisitions et fusions en Bourse ainsi qu’une taxe sur les divi­dendes qui devrait rapporter aux caisses 5 milliards de L.E. par an.

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