Semaine du 1 au 7 mai 2013 - Numéro 972
Iraq: Le feu aux poudres
  Des combats meurtriers entre les forces de sécurité et des manifestants sunnites ont éclaté, menaçant la stabilité et faisant planer le retour à un conflit communautaire ouvert.
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Les récentes violences ont coûté la vie à plus de 200 personnes Les récentes violences ont coûté la vie à plus de 200 personnes (photo:Reuters)
Maha Salem01-05-2013

La tension est montée d’un cran cette semaine et le pays est menacé à nouveau par le spectre de la guerre civile. En 5 jours, les violences confessionnelles ont fait plus de 200 morts et 300 blessés, selon un dernier bilan officiel, lundi dernier. Un bilan qui pèse lourd sur les épaules du premier ministre chiite, Nouri Al-Maliki. Mais, ce chiffre pourrait encore s’alourdir dans les prochains jours, tant la tension a augmenté en Iraq depuis le début de la semaine, à cause d’un incident qui a mis le feu aux poudres. Les dernières violences ont été déclenchées quand les forces de sécurité sont intervenues près de la ville de Houweijah (nord) contre un rassemblement de sunnites qui protestaient depuis janvier contre le gouvernement de Nouri Al-Maliki, provoquant la mort de 53 personnes. Ces violences ont, à leur tour, déclenché une vague de représailles dans 5 provinces à majorité sunnite, au cours desquelles des dizaines de personnes ont été tuées et des hommes armés ont pris le contrôle de la localité de Souleimane Bek. Il s’agit des violences les plus meurtrières liées aux manifestations antigouvernementales depuis que ce mouvement de contestation a été lancé il y a plus de 4 mois dans les régions sunnites d’un pays à majorité chiite.

Les analystes craignent que le pays ne s’enfonce à nouveau dans une crise politique et confessionnelle semblable aux pires heures de la guerre civile, entre 2006 et 2009, lorsque milices chiites et combattants d’Al-Qaëda commettaient quotidiennement des massacres. « Il s’agit de la crise la plus grave et la plus dangereuse depuis 1921 », a jugé Mouaffaq Al-Roubaie, ancien conseiller pour la sécurité nationale, en ajoutant que la situation actuelle « pourrait mener à un conflit confessionnel, puis à la division. Les violences confessionnelles, avec notamment le pic de 2006-2007 des attentats et des assassinats perpétrés par des escadrons de la mort, avaient fait plusieurs dizaines de milliers de morts ». En effet, l’état de la sécurité s’est depuis notablement amélioré, mais les tensions confessionnelles persistent.

Cette vague de violence coïncide avec la tenue des élections provinciales de samedi dernier, le premier scrutin depuis le départ des troupes américaines fin 2011. Les élections doivent servir de baromètre de la popularité du premier ministre, Nouri Al-Maliki, en conflit avec ses partenaires de coalition et la minorité sunnite, et montrer la capacité des forces de sécurité à maintenir l’ordre. Au cours de ces élections, 13,8 millions d’électeurs sont appelés à renouveler 12 des 18 assemblées provinciales. La campagne électorale a été marquée par un vif regain des violences. 14 candidats ont été assassinés depuis le début de l’année. Mars a été le mois le plus meurtrier depuis août 2012. Seuls deux tiers des provinces iraqiennes votent. Les 3 provinces de la région autonome du Kurdistan ont leur propre calendrier électoral et à Kirkouk (nord), un contentieux entre les différentes communautés empêche la tenue du scrutin.

En première réaction, Maliki a jugé que le conflit confessionnel en Iraq venait de la Syrie voisine, tandis qu’une puissante milice menaçait de faire la guerre aux insurgés comme aux pires heures du conflit ayant suivi l’invasion américaine.

« Les heurts entre les différentes confessions qui composent l’Iraq ont repris, car ils ont commencé ailleurs dans la région », a déclaré Maliki, faisant visiblement allusion à la guerre en Syrie qui oppose des rebelles, en majorité sunnites, au régime de Bachar Al-Assad, membre de la minorité alaouite (issue du chiisme).

Qualifiant le confessionnalisme de mal qui « n’a pas besoin d’autorisation pour passer d’un pays à un autre », le premier ministre a estimé que son retour en Iraq n’était pas une coïncidence, mais était calculé et planifié.

Le premier ministre chiite a prévenu que « le confessionnalisme peut rapidement provoquer la division et le déchirement de l’Iraq, des pays arabes et des autres pays musulmans ». Selon lui, « le conflit confessionnel est plus grave que la lutte contre des armées ou une occupation ».

L’Iraq, où les chiites sont majoritaires (environ 60 %), est formé de multiples ethnies et religions et a déjà payé un lourd tribut lors d’affrontements confessionnels en 2006 et 2007, après l’invasion en 2003 du pays par les troupes américaines .

Bouteflika : « pas d’inquiétude »

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(photo:Ap)

L’état de santé de Abdelaziz Bouteflika ne suscite « aucune inquiétude », selon le cabinet du premier ministre algérien. Mais « l’annonce de son malaise — fait inhabituel dans les traditions du régime algérien — est destinée à préparer l’opinion publique à la succession de Bouteflika », estime le politologue Rachid Tlemçani.

Bouteflika a été réélu en 2009 grâce à un amendement de la Constitution lui autorisant à briguer un troisième mandat. Selon les analystes, l’âge de Bouteflika, 76 ans, et son état de santé fragile ne devraient pas lui permettre de briguer un nouveau mandat en 2014.

Considéré comme le principal artisan de la réconciliation nationale après 10 ans de guerre civile en Algérie, le président algérien a dû affronter une contestation grandissante, notamment contre la vie chère en janvier 2011 .




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