Semaine du 1 au 7 mai 2013 - Numéro 972
La fête malgré tout
 
1
(photo: Ap)
May Atta 01-05-2013

Alors que les islamistes se querellent pour savoir si le président musulman peut se permettre un geste protocolaire et répondre à l’invitation du patriarche pour assister à la messe, ou encore si le fait de souhaiter bonne fête à ses collègues et voisins chrétiens ne serait pas un acte d’impiété, les coptes, eux, ont joué avec les rameaux et s’apprêtent à fêter Pâques, mais dans un sentiment d’aliénation et d’insécurité.

A peine trois semaines les séparent des heurts interconfessionnels qui ont fait une dizaine de morts et de l’attaque du siège de leur patriarche qui s’en est suivie, et seulement quelques jours de la tentative de prendre d’assaut une église à Wasta, à Béni-Soueif.

Sont-ils plus vulnérables qu’auparavant ? « La différence se voit clairement dans l’état général de la sécurité à travers le pays. La police s’est affaiblie après la révolution. Nous avons alerté le commissariat de femmes qui se font voler à leur sortie de la messe, mais aucune mesure n’a été prise », dit père Philopater, de l’église de la Sainte-Vierge à Abbassiya, au Caire. « Mais le problème se situe également au niveau du discours haineux et sectaire qui se propage sans gêne après l’élection du président Morsi, cela influence les couches simples de la société comme il peut influencer certains policiers », ajoute-t-il.

Mgr Théodose, responsable des églises du centre de Guiza, explique par contre, non sans pessimisme, que « dans le fond, rien n’a changé, sinon la personne qui profite des troubles et qui utilise la police et les hommes de main pour attaquer les églises ».

La nuit de la Saint-Sylvestre en 2010, une attaque contre une église à Alexandrie a provoqué la mort de 21 chrétiens. Un an auparavant, six chrétiens ont trouvé la mort dans une fusillade la veille de Noël devant une église à Nag Hammadi en Haute-Egypte.

« J’insistais sur le fait que toute la famille assiste à la messe les jours de fête, mais depuis ces derniers attentats, j’hésite trop. J’ai surtout peur pour les enfants », dit Olfat Ibrahim, une mère de famille qui réside à Guiza.


Lien court:

 

Courriel
 
Nom
 
Titre
 
Commentaire