Semaine du 3 au 9 avril 2013 - Numéro 968
Cinéma: L’heure de l’union pour l’Afrique
  Un forum ayant pour thème Connexion entre les cinéastes et les producteurs africains s’est tenu la semaine dernière à Louqsor, en marge de la 2e édition du festival du Film africain. Il a donné des initiatives et des recommandations pour la promotion cinématographique africaine.
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Les grands écrans en Afrique ont besoin d'un plan de sauvetage.
Yasser Moheb03-04-2013

Le cinéma africain cherche à se promouvoir à travers l’union de ses créateurs. C’est dans ce registre que nombre de cinéastes africains ont lancé plusieurs initiatives et plans de travail « dans le but de s’unir pour le bien du septième art du continent », a souligné Sayed Fouad, président du Festival de Louqsor.

« Le cinéma africain est loin d’avoir sa place méritée sur le plan international », a-t-on souligné lors du forum, c’est pourquoi un réseau de travail et de planification en commun a été sollicité afin de pouvoir corroborer cette industrie cinématographique africaine, tout en conservant et en prenant en considération la diversité culturelle et patrimoniale.

Né de la volonté de permettre au cinéma du continent africain de voler de ses propres ailes, le forum Ettissal (connexion) vise à être une démarche de solidarité interafricaine ouverte à tous les créateurs, tout en concentrant son attention sur les nouveaux talentueux et l’équilibre du genre. Son champ d’application s’étend à toutes les régions d’Afrique et à leurs communautés. « C’est un outil que les professionnels du cinéma africain attendaient depuis longtemps, afin de pouvoir conserver cette industrie assez importante sur les plans culturel, économique et même politique, ainsi que pour exprimer et démontrer les richesses culturelles et civiles du continent », affirme Monica Hemming Rorvik, consultante pour le cinéma indépendant de l’Afrique du Sud.

Afin de permettre au cinéma africain de compter réellement sur ses propres forces, et de lui donner le coup de main indispensable pour qu’il puisse trouver une distribution de qualité partout dans le monde, les professionnels ont appelé les différents Etats et l’Union africaine à soutenir l’industrie du cinéma et à encourager l’échange des films africains entre les différents pays du même continent, comme point de décollage de plus en plus vers l’Occident et les grands festivals internationaux. « Les problèmes étant presque les mêmes dans la majorité des pays africains, on a donc trouvé qu’il est temps de commencer à viser l’union des expertises, pour cheminer vers des groupements purement cinéphiles, et de prendre notre festival pour un sommet du cinéma africain, où les représentants des pays sont les cinéastes et les cinéphiles, loin de plonger dans les différences politiques, éthiques ou culturelles », a annoncé Azza Al-Housseini, directrice exécutive du Festival de Louqsor.

L’union fait la force

Et puisque l’union fait la force, les cinéastes africains viennent de recommander lors de leur premier forum de chercher tous les moyens artistiques et organisationnels pour relancer le septième art de leur continent, ainsi qu’éviter l’envahissement du cinéma occidental sur nos écrans.

On peut trouver parmi leurs recommandations la nécessité de créer un réseau unifiant producteurs, distributeurs et agents de marketing des films africains, afin de discuter les problèmes de l’industrie de façon périodique, pour qu’on puisse en trouver les solutions. De même, la fondation d’un marché commun pour les films africains a été demandée par les participants, afin de pouvoir garantir une distribution équitable pour le film africain dans les pays de son continent, avant de réclamer sa distribution dans les autres pays occidentaux, dont la culture est différente. « On a réclamé également l’exigence de fonder une base de données complète renfermant toutes les informations sur le cinéma dans chaque pays africain, en plus des contacts de tous les cinéastes africains, et ce, afin de pouvoir mieux se connecter et aboutir à des moyens d’aide pour certains cinémas et à ceux de secours pour d’autres cinémas du continent », a souligné Katryn Brunner, experte allemande de la distribution digitale et productrice du film De l’intérieur, participant au festival.

Par ailleurs, la direction de la chaîne satellite égyptienne Dream a accepté la demande du festival de projeter les films africains palmés lors de cette édition, alors qu’elle vient aussi d’accepter de diffuser 12 films africains, parmi les concurrents au Festival de Louqsor, avec une seule diffusion pour chacun. Une progression parmi d’autres vis-à-vis du cinéma africain. Il est attendu davantage.



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