Semaine du 16 au 22 janvier 2013 - Numéro 957
Patrimoine: L'Egypte, pionnière en médecine
Nasma Réda16-01-2013
 
  Que ce soit pendant les périodes pharaonique, gréco-romaine ou islamique, les sciences médicales ont longtemps été les plus développées en Egypte.

Chirurgie, médecine dentaire, membres artificiels et même outils de momification, l’Histoire regorge de souvenirs témoignant du génie égyptien en matière de médecine et de pharmacie. Ces souvenirs remontent tout d’abord à l’époque antique. Adeptes de la momification, les médecins égyptiens avaient une très bonne connaissance du corps humain. En effet, ils prélevaient régulièrement certains organes d’un défunt avant de les examiner et les placer dans des vases canopes. Cette dissection minutieuse, pratiquée pendant plusieurssiècles, a donné une avance certaine aux Egyptiens. Par exemple, ils ont été les premiers à effectuer des opérations chirurgicales sur des êtres vivants. Ils connaissaient bien les divers fluides du cerveau ainsi que l’emplacement exact du coeur. Ils étaient également capables de compter les battements de ce dernier organe en se servant d’une horloge à eau.L’Histoire se souvient de grands noms, tel Imhotep. Grand architecte du pharaon Djoser et inventeur de la pyramide à degrés pendant la IIIe dynastie, il est aussi considéré comme le fondateur de la médecine égyptienne antique. Cette connaissance nous est parvenue à travers les manuscrits, les papyrus et les outils trouvés au sein de leurs tombes ou même sur les dessins aux parois des temples. Citons aussi Amenhotep, « fils de Hapou », qui débuta sa vie officielle en tant que scribe du roi Amenophis III (XVIIIe dynastie), avant d’être honoré en tant que dieu de la science et de la religion.

Rituels religieux
En Egypte, les avancées scientifiques n’ont jamais été à l’encontre de la religion, bien au contraire. La médecine et les rituels religieux, voire magiques, allaient de pair. Par exemple, les prêtres récitaient des formules aux patients afin de chasser les mauvais esprits. De leur côté, les malades n’avaient pas cessé de prier les « dieux » guérisseurs, comme Isis ou Sekhment, déesses de la santé et de la fécondité, Hathor, déesse de l’amour, Thot, dieu des scribes et patron des oculistes … Ces avancées ne s’arrêtent pas aux portes de l’Egypte Antique. Les époques gréco-romaine ou islamique ont aussi connu leurs lots d’innovations. L’étude de l’anatomie atteignit ainsi son succès au cours de l’époque grecque. Les médecins affluaient de toute part à Alexandrie afin d’y acquérir une connaissance approfondie de la science médicinale. Même schéma pendant la période islamique, où la connaissance des Egyptiens en matière de plantes et de chimie a favorisé l’essor de la médecine naturelle. Cette période a été marquée par plusieurs grands médecins, comme Ibn Sina, (980-1037), son époqueest considérée comme l’époque de la gloire des scientifiques islamiques, et Ibn Al-Nafis, d’origine syrienne, (1210-1288) spécialiste de l’appareil circulatoire.L’histoire de cette médecine sera bientôt exposée au palais de Sakakini, actuellement en restauration. On y découvrira de manuscrits, de papyrus ainsi que d’anciens outils empruntés à plusieurs musées égyptiens .




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