Semaine du 19 au 25 décembre 2012 - Numéro 953
Référendum: Des violations Flagrantes
19-12-2012
 
 

Des circonscriptions sans juges

La salle d’opérations du Club des juges a reçu plus de 27 plaintes concernant l’ab­sence d’une surveillance judiciaire. De simples fonctionnaires, secrétaires de tri­bunaux et des membres du Parti Liberté et justice ont occupé la place des juges et supervisaient le référendum dans nombre de bureaux de vote. Ces incidents ont engendré des querelles verbales dans plu­sieurs bureaux, même ceux qui renfer­maient des juges, puisque des électeurs ont commencé à soupçonner l’identité de ces derniers.

Une campagne islamiste prématurée pour voter « Oui »

Bien organisé et possédant des moyens variés, le courant islamiste a commencé tôt sa campagne. Avec l’ouverture des bureaux de vote à 8h du matin, la machine des islamistes est bien huilée autour de chaque circonscription. Des tracts sont distribués aux électeurs les appelant à voter « oui ». Des affiches sur lesquelles est écrit « Oui à la Constitution » sont déjà collées sur les murs aussi bien que sur les voitures qui sillonnent les circons­criptions. Les mosquées sont aussi utili­sées dans ce but, comme cela s’est passé au Nord-Sinaï, invitant les citoyens, par haut-parleurs, à voter « oui ».

Accueil retardé des électeurs

Il est 8h du matin. Les queues d’élec­teurs commencent à se former. Pourtant, des bureaux de vote n’ont pas encore ouvert dans certaines circonscriptions. Les justifications sont différentes et peu convaincantes : Le juge, ou plutôt le fonc­tionnaire, n’est pas encore arrivé. Les bulletins de vote ne sont pas prêts, ou plutôt le bureau de vote n’est pas encore prêt pour accueillir les électeurs. Résultat : les électeurs s’entassent, des cas d’éva­nouissement sont observés en raison de la bousculade, alors que plusieurs électeurs ont décidé de rentrer chez eux, sans voter.

p Absence d’observateurs

Le gouvernorat du Caire a témoigné d’une absence remarquable d’observa­teurs dépendant des ONG, des partis et des mouvements politiques. En revanche, des membres du Parti Liberté et justice, bras politique de la confrérie des Frères musulmans, sont présents dans la majorité des bureaux de vote. Pire, à l’Ecole tech­nique pour garçons du cycle secondaire, le juge permettait à un observateur isla­miste d’organiser l’opération de vote à sa place quand il devait aller prier.

Des listes désorganisées

Dès les premières heures du référen­dum, le tohu-bohu a dominé les rangs des électeurs. Au Caire, comme à Assiout ou à Gharbiya, les listes sont désorganisées. Outre l’absence de noms d’électeurs, il y a des noms d’électeurs décédés. La colère atteint son apogée lorsque certains trou­vent un émargement en face de leur nom alors qu’ils n’ont pas encore voté. Des procès-verbaux ont été dressés. Pourtant, aucune décision n’a été prise pour la clô­ture des bureaux de vote concernés.

Un dépouillement avant l’heure

Il est 19h40. Les téléspectateurs sont surpris de la diffusion sur la chaîne Misr 25, propriété des Frères musulmans, de certains résultats du référendum, tandis que la période de vote a été prolongée jusqu’à 23h, à la suite d’une décision de la Haute commission des élections. Pourtant, des bureaux de vote, notamment dans les gouvernorats de Gharbiya et d’Alexan­drie, ont insisté à fermer dès 19h, malgré les longues queues qui se formaient encore. Les électeurs interdits de vote se sont chamaillés avec les responsables chargés du référendum. Toutefois, ces derniers ont fait la sourde oreille : ils ont commencé le dépouillement, voire ils ont annoncé les résultats.




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