Semaine du 12 au 18 décembre 2012 - Numéro 952
Ahmad Fouli: « Une médaille olympique est à notre portée »
Taekwondo  Ahmad Fouli, président de la Fédération égyptienne depuis fin septembre, exprime ses ambitions et ses nouvelles stratégies pour le développement de la discipline en Egypte. Entretien.
Propos recueillis par Doaa Badr12-12-2012

Al-Ahram Hebdo : Depuis votre élection à la tête de la Fédération égyptienne fin septembre, quelles sont vos réalisations ?

Ahmad Fouli : J’ai pris mes fonctions à la tête de la Fédération à un moment critique, à un mois des Championnats d’Afrique de Madagascar. Donc, j’ai continué sur le même plan de préparation de l’équipe nationale, mais selon un nouveau système de travail. Depuis mon arrivée à la Fédération, j’ai appliqué un nouveau système totalement transparent. J’ai effectué un tournoi pour choisir les athlètes de la sélection nationale qui participent aux Championnats d’Afrique en ouvrant la porte à tous les athlètes. Cela a eu de bons effets sur les athlètes. La preuve : les taekwondoïstes se donnent à fond à l’entraînement et ont fait de leur mieux pour remporter le titre africain. Ces jeunes joueurs, dont la moyenne d’âge est de 20 ans, ont prouvé qu’ils sont les meilleurs et qu’ils méritent la confiance de l’encadrement technique. En ce peu de temps, nous avons continué avec le même encadrement technique, sauf Mahmoud Chalabi, qui a quitté la sélection pour un nouveau contrat au Qatar. En fait, l’entraîneur de l’équipe, Mohamad Abdel- Alim, a joué un grand rôle dans la performance égyptienne. Il a consenti de grands efforts avec les athlètes pour atteindre ce niveau en si peu de temps. Pour aider l’encadrement technique de la sélection, j’ai pris une nouvelle décision pour intégrer l’entraîneur du club qui possède le plus grand nombre d’athlètes en sélection nationale. Donc, le directeur technique du club Al-Chams a rejoint la sélection pour entraîner ses athlètes qui sont nombreux. Le résultat a prouvé que nous sommes sur la bonne voie, puisque l’Egypte a remporté le titre africain.

— Les Championnats d’Afrique représentaientils un vrai test pour vous ?

— En taekwondo, le niveau africain n’est pas médiocre. Il a nettement progressé durant les dernières années. Lors de la dernière édition des Championnats d’Afrique, l’Egypte a terminé à la 2e place derrière le Maroc. Les Africains sont très forts. Mais récemment, leur niveau technique s’est encore amélioré en fréquentant les différentes écoles de taekwondo internationales. Il est à noter que l’Afrique a remporté plusieurs médailles olympiques durant ces dernières années, dont une par le Gabon en 2012 et une par le Mali en 2008. Donc, notre titre africain prouve que nous sommes sur la bonne voie. Il nous incite à continuer notre élan.

— Après avoir assuré le titre africain, quelle est votre priorité ?

— Ma première préoccupation est de faire des changements à la tête des directions des comités et des zones. La réussite dépend d’une bonne direction. Et pour réaliser un succès, il faut commencer par la base. J’ai désigné un nouveau directeur exécutif et un comptable compétent. J’ai séparé les différents comités de la Fédération. Chacun d’eux est totalement responsable de son travail. Tous les comités de la Fédération égyptienne doivent répondre aux exigences de la Fédération internationale. On ne peut pas avoir de comité à la Fédération égyptienne qui n’existe pas au niveau de la Fédération internationale et le contraire. Je veux faire un changement au sein des directions des entraîneurs et des arbitres. Je viens de recruter de nouveaux employés capables d’utiliser les nouvelles technologies et qui maîtrisent l’anglais et le français, car je voudrais entretenir de fortes relations avec les autres fédérations.

— Quelles sont les nouveautés que vous voulez réaliser au sein de la Fédération ?

— J’ai été nommé à la tête de la Fédération qui connaît un très mauvais état, surtout sur le plan financier. Notre budget est de 700 000 L.E., soit une somme insuffisante pour une discipline telle que le taekwondo. Mais comme la situation de notre pays est très mauvaise, nous ne pouvons pas demander l’augmentation du budget. Donc, il faut recourir à de nouvelles idées pour attirer les sponsors. Il faut savoir que le taekwondo, comme les autres sports individuels, n’est pas intéressant pour les sponsors. Mais j’essaie avec le conseil d’administration de la Fédération de le faire en leur offrant des privilèges, et surtout en profitant de nos relations personnelles. En fait, les membres du conseil d’administration m’ont beaucoup aidé. Ils financent la Fédération avec leur propre argent.

— Le nouveau conseil d’administration est composé de plusieurs membres très jeunes. Est-ce votre décision ?

— J’ai remporté l’élection avec ma liste. Et dès le début, j’ai choisi de jeunes membres. Notre conseil d’administration regroupe plusieurs anciens athlètes qui ont la trentaine, comme Mohamad Gad, Mohamad Chaabane, Mohamad Ali et Mohamad Moustapha. Et cela pour donner des chances aux jeunes. Il faut que cette nouvelle génération travaille aux côtés des membres qui ont plus d’expérience. Je compte former ces jeunes pour diriger la Fédération d’ici les prochaines élections qui auront lieu dans 4 ans.

— Quel est votre plan pour la progression de la discipline en Egypte ?

— Je travaille sur plusieurs axes. Premièrement, j’essaie d’attirer les sponsors pour financer la discipline qui a besoin d’argent en premier. Deuxièmement, depuis mon arrivée à la Fédération, j’ai décidé d’augmenter le nombre de compétitions disputées en Egypte, car les athlètes doivent être habitués aux compétitions pour améliorer leur niveau, et surtout leur état physique. J’ai introduit de nouveaux tournois en kumité pour les catégories d’âge de 12 et 14 ans, et cela pour que nos athlètes soient au niveau des athlètes internationaux, puisque la Fédération internationale a décidé d’organiser des Championnats du monde cadets (-14 ans). J’ai introduit de nouvelles compétitions nommées les Grands Prix. Elles sont sponsorisées par de grandes entreprises telles que Coca-Cola et Procter and Gambel. Troisièmement, je compte augmenter le nombre de pratiquants de la discipline, afin d’avoir une large base. Pour réaliser cela, j’ai décidé d’augmenter le nombre de zones égyptiennes, et cela en introduisant de nouvelles zones ou en divisant certaines zones. Je donne une grande importance au sud de l’Egypte, qui était pour longtemps négligé. En effet, j’ai commencé ce travail avant mon élection à la tête de la Fédération. En tant que vice-président du Comité olympique égyptien, j’ai élaboré un nouveau projet qui vise la création de 10 académies pour le judo et le taekwondo aux quatre coins de l’Egypte. Il existe une académie en Nubie qui est totalement sponsorisée par Procter and Gambel. J’aspire au développement de la discipline en Egypte, en Afrique et dans les pays arabes.

— Quel est votre principal objectif à la Fédération ?

— Mon but principal est de remporter une médaille olympique aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro 2016. Ce n’est pas un rêve impossible à réaliser, puisque l’Egypte possède des athlètes talentueux, d’un très haut niveau et qui sont très distingués. Il faut savoir que l’Egypte possède plusieurs athlètes avec de bons classements mondiaux, surtout chez les filles, comme Séham Al-Sawalhi (67 kg), qui était à la première place mondiale avant les JO 2012, et Hédaya Malak (62 kg). Chez les hommes, l’équipe renferme plusieurs athlètes d’un très haut niveau, sans oublier la présence de Tamer Salah, médaillé de bronze aux JO 2004, qui constitue un atout pour l’équipe et transmet son expérience aux jeunes. Afin de réaliser ce but, la sélection nationale doit jouir d’une bonne stabilité avec une excellente préparation selon un programme de préparation à long terme. Elle doit effectuer un bon nombre de stages à l’étranger et participer aux compétitions internationales de haut niveau. L’équipe a besoin encore d’un bon encadrement technique qui comporte un spécialiste physique, un nutritionniste et un psychologue dont la présence est cruciale pour la préparation des athlètes. Si nous pouvons réaliser notre programme, la médaille olympique sera à notre portée .




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