Semaine du 12 au 18 décembre 2012 - Numéro 952
La révolution continue
Ossama Ghazali Harb12-12-2012
 
 

Depuis la dernière déclaration constitutionnelle faite par le président de la République, les jeunes de la révolution sont revenus sur la place Tahrir, des manifestations sont organisées dans toutes les villes égyptiennes et des foules énormes se sont dirigées vers le palais présidentiel pour exprimer le refus de la déclaration et aussi du projet de la nouvelle Constitution.

Est-ce que le parti au pouvoir et les Frères musulmans sont conscients de la signification des mouvements énormes des foules ? Les directions de la confrérie disent et tentent de se convaincre que ce qui se passe est provoqué par les tentacules de l’ancien régime, par ceux qui refusent la légitimité et la charia et par ceux qui n’aiment pas l’islam. Il suffit de revoir leurs déclarations, leurs écrits, les prêches du vendredi et leurs acclamations qui sont parvenus au monde entier pour comprendre que ces gens-là se croient être la révolution, le peuple et l’islam. Tandis que les foules actuellement en révolte sont contre la révolution, contre le peuple et contre l’islam !

Qu’est-ce que cela signifie ? Que la révolution n’a pas abouti à son objectif et que nous vivons actuellement une nouvelle vague de cette révolution exactement comme cela s’est passé dans toutes les grandes révolutions de l’Histoire. L’Egypte ne fait donc pas exception à la règle et la révolution continue puisque nous n’avons pas mis fin au régime de Moubarak pour être dirigés par Morsi. De plus, le peuple égyptien ne s’est pas débarrassé du pouvoir d’un parti unique, qui était le Parti national démocrate, pour revivre la même expérience avec un autre parti qui s’appelle le Parti Liberté et justice. Le peuple aspirait à un régime pluraliste réel, où le parti au pouvoir serait une partie d’un tout démocratique, et qui partagerait le pouvoir et la direction avec ceux qui l’ont devancé dans la révolution.

Il est évident que le peuple ne s’attendait pas à un parti qui s’accaparerait du fruit de la révolution et du pouvoir en entier. Les révolutionnaires voulaient se débarrasser d’un parti qui monopolise des milliers de pauvres et de gens simples sous prétexte de la loyauté au président et au père spirituel de la grande famille, et ce, en contrepartie de 10 L.E. et d’un repas. Et voilà que se dresse devant eux un nouveau parti qui monopolise des milliers de citoyens au nom de la légitimité et de la charia pour 100 L.E. et une recharge de téléphone portable. (Je suis prêt à défier n’importe qui nierait ce que je dis).

Voilà en bref l’erreur fatale commise par les Frères musulmans contre l’Egypte et contre la révolution. Je sais très bien que de grands symboles de la confrérie comprennent très bien ce qui se passe actuellement. Mais est-ce que les directions actuelles l’ont aussi compris ? Malheureusement, j’en doute tout en espérant me tromper.


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