Semaine du 12 au 18 décembre 2012 - Numéro 952
Le référendum accroît la crise du pouvoir
Hazem Abdel-Rahman12-12-2012
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Nous avons témoigné, ces derniers jours, des pires accrochages que l’Egypte ait connus depuis la révolution de juillet 1952 entre les différents courants politiques. L’erreur éminente commise par Morsi est d’avoir gardé le silence et de n’avoir dit aucun mot tout au long des soirées sanglantes du mercredi et du jeudi qui ont vu une effusion de sang sans précédent ayant fait des morts et des blessés dans les alentours du palais présidentiel.

Dans cette nuit noire du mercredi, les adeptes de l’islam politique ont pris d’assaut les opposants libéraux et laïques qui étaient en sit-in autour du palais. Il va sans dire que le président était parfaitement conscient des événements qui se déroulaient en dehors du palais. Pourquoi n’est-il pas revenu et est sorti devant les deux camps belligérants, microphone à la main, pour les appeler à la retenue ? Pourquoi n’a-t-il pas donné l’ordre immédiat aux forces de la garde républicaine pour se mobiliser et se répandre afin de mettre un terme aux accrochages et de contrôler la situation ? Pourquoi n’a-t-il pas convoqué les forces spéciales afin de venir en soutien aux forces de la garde républicaine ? Plus important encore, pourquoi ne s’est-il pas adressé par derrière les murs du palais à travers des microphones évoquant les principes incontournables du caractère pacifiste des manifestations et la nécessité de mettre un terme immédiat aux accrochages ? Si Morsi aurait procédé ainsi, il serait devenu un héros national aux yeux de ses opposants avant ses sympathisants. Il aurait ainsi prouvé qu’il était le président de tout le peuple, sans discrimination aucune. Ceci aurait été, sans conteste, le jour de sa naissance politique. Mais malheureusement, il a perdu une occasion d’or qui ne se répétera plus jamais.

Pire encore. Le discours prononcé jeudi dernier dans lequel Morsi s’est aligné de manière injustifiée en faveur des jeunes du courant islamiste qui, selon toutes les évidences logiques, ont été les premiers à prendre d’assaut les manifestants et à les attaquer autour du palais d’Al-Ittihadiya. Encore plus, il a accusé les manifestants pacifistes d’avoir en leur possession des armes, des épées et des fonds pour s’attirer des sympathisants. Ceux qui étaient à l’écoute de son discours ont cru effectivement qu’il ordonnait au procureur général de mener une enquête sur les faits et de prononcer un communiqué condamnant les manifestants qui campaient sur la place d’Al-Ittihadiya, abstraction faite de la réalité. Nous espérons que le nouveau procureur général se mettra à l’abri de tout parti pris et ne se soumettra aucunement à n’importe quel ordre, d’autant plus qu’il faisait partie du courant de l’indépendance de la magistrature. Ce dernier avait pour principe incontournable de refuser de politiser la magistrature et de ne point se soumettre à la volonté du pouvoir exécutif. Je crois que le vice-président, Mahmoud Mekki, qui appartient lui aussi au courant de l’indépendance de la magistrature, n’est point satisfait de cette partie du discours. Raison pour laquelle je me demande comment se fait-il que le vice-président qui est un éminent juge, c’est-à-dire un expert en magistrature, n’est pas consulté par le président sur les dossiers qui relèvent de sa compétence ?

Pourquoi le président Morsi est-il sorti pour prononcer devant le public un long discours provocateur qui a duré 45 minutes pour ne rien dire à la fin ?

Comment se déroulera le jour du référendum ? Peut-il effectivement avoir lieu ? Le magistrat, qui est président du comité technique chargé de la supervision du référendum, et la grande majorité des magistrats vont le boycotter. Comment peut-on dans de telles circonstances parier sur l’intégrité des résultats ? D’aucuns diraient qu’il suffit 1 500 magistrats pour superviser le référendum, est-ce vrai ? Si le nombre des comités dépasse 2 500 et la Constitution stipule que les élections seront soumises à une supervision juridique totale, c’est-à-dire un magistrat pour chaque urne. Ceci ouvre donc grand la porte devant toutes sortes de suspicions sur ce référendum et par la suite sur la légitimité du pouvoir. Ceci signifie que la légitimité du pouvoir qui sera incarnée à merveille dans l’illégitimité de la Constitution gagnera en ampleur. Que fera donc le président Morsi face à cette menace imminente ?



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Ali
12-12-2012 10:59am
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Feloul BLACK LIST
Ce monsieeur est Feloul. Il parait que vous etes Feloul a Ahram en francais, Jai aussi vu Mr Makram du syndicat Moubarak entre autres, BLACK LIST BLACK LIST
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