Semaine du 12 au 18 décembre 2012 - Numéro 952
Syrie: De pire en pire
  Des rebelles se sont emparés d'une usine de gaz toxiques, tandis que Damas affirme qu'il n'utilisera jamais de telles armes. La Coalition de l'opposition tente de s'organiser, mais aucun progrès notable n'est à noter.
pire en pire
(Photo: Reuters)
Maha Salem avec agences12-12-2012

Comme prévu, les entretiens de Genève se sont achevés sans qu’aucune décision soit prise pour mettre fin à la guerre civile en Syrie. Le document publié par l’Onu s’est contenté de déclarer que ces entretiens avaient été « constructifs ». Ils réunissaient Lakhdar Brahimi, envoyé spécial de l’Onu et de la Ligue arabe pour la Syrie, et des représentants de la Russie et des Etats-Unis. La rencontre faisait suite à une réunion tripartite tenue le 6 décembre entre la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguev Lavrov, et M. Brahimi. Les participants ont cherché à faire avancer le processus de paix et à mobiliser davantage les acteurs internationaux pour mettre fin au conflit qui ensanglante une grande partie de la Syrie.

Les trois parties ont affirmé que la situation en Syrie était mauvaise et ne cessait d’empirer. Selon elles, un processus politique pour mettre fin à la crise est toujours possible. Une nouvelle réunion est prévue, mais ni le lieu ni la date n’ont été communiqués. Selon les analystes, l’objectif de ces réunions est de faire pression sur la Russie pour qu’elle lâche Bachar Al-Assad.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a espéré dimanche un rapprochement entre les Etats-Unis et la Russie sur la Syrie pour faciliter un règlement à l’Onu de la crise dans ce pays.

Arabi a indiqué que l’objectif des entretiens américano-russes « était de préparer une résolution (à soumettre) au Conseil de sécurité » en vue d’un règlement de la crise syrienne. « Une telle résolution sera un message clair au régime (de Damas) que sa protection est tombée », a-t-il espéré. La Russie est, avec la Chine et l’Iran, l’un des derniers soutiens du président syrien, Bachar Al-Assad.Par ailleurs, un nouveau commandement chapeautant la plupart des groupes rebelles en Syrie, à l’exception des djihadistes du Front Al-Nosra, devrait voir le jour, a déclaré le secrétaire général de la Coalition de l’opposition syrienne, Moustapha Sabbagh.

Une usine de gaz toxiques aux mains des rebelles

Accusé de vouloir utiliser des armes chimiques, le régime syrien a précisé que les djihadistes s’étaient emparés d’une usine produisant du gaz hautement toxique.La communauté internationale a multiplié les mises en garde à l'égard du président Bachar Al-Assad contre tout recours à des armes chimiques. Mais les Affaires étrangères syriennes ont réaffirmé que le pouvoir ne recourrait jamais à de telles armes tout en mettant en garde contre leur utilisation par les rebelles.Le ministère a mis en garde contre l’utilisation par les groupes terroristes d’armes chimiques contre le peuple syrien et a déploré « l’inaction de la communauté internationale après la prise de contrôle par un groupe terroriste d’une usine privée fabriquant du chlore toxique à l’est d’Alep ».

Le ministère faisait allusion à l’usine syro-saoudienne SYSACCO qui fabrique de la soude caustique et du gaz chlorhydrique, prise cette semaine par les djihadistes du Front Al-Nosra. Dans des lettres adressées au Conseil de sécurité et au secrétaire général Ban Ki-moon, le régime a réaffirmé qu’il « n’utilisera jamais les armes chimiques, si elles existent ». La Russie a implicitement reconnu l’existence de telles armes en Syrie, affirmant toutefois qu’elles étaient sous contrôle étroit.

Accusations rejetées

George Sabra, chef du Conseil national syrien, principale composante de la Coalition de l’opposition, a demandé « au monde d’agir avant la catastrophe » que représenterait l’utilisation d’armes chimiques par le régime.

L’opposition reste en effet décidée à se battre jusqu’au bout, la Coalition de l’opposition va créer incessamment « un Conseil militaire suprême pour unifier l’action militaire », a déclaré le secrétaire général de cette coalition. « C’est exclusivement à ce conseil que nous verserons l’aide matérielle que nous obtiendrons », a affirmé Moustapha Sabbagh.

Le général Selim Idriss, un ingénieur militaire qui a fait défection en juillet 2012, devrait être le chef du nouvel état-major de la rébellion. Cette instance regroupera les commandants des différents conseils militaires sur le terrain et les forces qui combattent le régime, notamment l’Armée Syrienne Libre (ASL). Quant aux anciens chefs militaires de l’ASL, les généraux Riad Al-Assaad et Moustapha Al-Cheikh, ils ne font pas partie de cette nouvelle structure, car elle ne réunit que les combattants sur le terrain alors qu’eux se trouvent le plus souvent en Turquie. Les groupes extrémistes islamistes armés, comme le Front Al-Nosra qui avait annoncé son rejet de la Coalition de l’opposition, ne feront pas partie de cette instance militaire. « Al-Nosra n’en fera pas partie, car les groupes extrémistes constituent une minorité », a précisé Selim Idriss. L’opposition a décidé de créer cinq régions militaires distinctes. La Syrie est en proie depuis la mi-mars 2011 à une guerre civile qui s’est progressivement militarisée. Les violences ont fait plus de 42 000 morts, selon l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) .




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