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Les stars du TikTok

Lamiaa Al-Sadaty, Mercredi, 06 janvier 2021

Comme partout dans le monde, des milliers de jeunes Egyptiens se sont tournés vers l’application TikTok pour partager leurs histoires et révéler leurs talents. D’où la percée de plusieurs noms devenus célèbres, en très peu de temps. Zoom sur quelques-uns parmi les plus suivis.

Les stars du TikTok

Rola Khalil, de l’humour avant toute chose

Rola Khalil, de l’humour avant toute chose

Pourquoi suivre Rola Khalil ? La réponse est bien simple : dans pratiquement toutes ses vidéos, elle incarne un personnage. Elle reproduit des stéréotypes de manière caricaturale et on ne peut s’empêcher d’écla­ter de rire. Connue pour ses vidéos hilarantes sur les réseaux sociaux, il n’est pas surpre­nant que Rola Khalil ait transféré ses efforts créatifs sur TikTok. En étant juste elle-même, Rola apporte une bonne dose d’humour pour agrémenter le quotidien, de quoi faire d’elle l’une des meilleures célébrités à suivre si l’actualité vous rend anxieux. « Depuis mon enfance, j’adorais la télévision et j’étais connue dans mon entourage par l’interpréta­tion de certains personnages, notamment ceux qui font rire. Sur mon compte Facebook, j’ai partagé plusieurs de mes vidéos, mais c’était en privé, c’est-à-dire que seuls mes amis étaient autorisés à les voir. Ces derniers m’ont encouragée à rendre mon compte public et à partager mes vidéos sur TikTok, qui est plus à la mode ». Sur TikTok, et au bout de quelques heures, Rola a eu 20 000 vues pour sa toute première vidéo. « J’ai été étonnée ! 20 000 personnes remarquent si vite ma présence ?! ». Et d’ajouter : « Je ne cherche pas à cumuler les followers et les likes. La preuve c’est qu’il y avait parmi mes followers ceux qui sont devenus des tiktokers à leur tour et ont aujourd’hui un nombre de followers supérieur au mien. TikTok consti­tue une distraction, un plaisir pour moi-même et pour les autres ».

Rola prend tout de même son job au sérieux. Avant de se filmer, elle cherche un personnage à incarner, prépare ses costumes et fait des répétitions. « C’est vrai que TikTok exige un contenu spécifique, dans le sens où sur TikTok, une publication classique de type story Instagram ne fonctionnera pas. TikTok a, plus que les autres réseaux sociaux, un côté fou et bizarre que je cherche à assumer jusqu’au bout, mais quand même je cherche de temps à autre à présenter des choses bien préparées ».

Par ailleurs, elle trouve qu’elle n’était pas bien préparée pour la célébrité à l’âge de 19 ans, faisant encore des études de communi­cation à l’Université américaine du Caire. Un domaine proche de l’art dramatique qu’elle adore. « Mes parents m’ont convaincue qu’il vaut mieux faire des études dans un domaine plus tranquille, qui me garantirait de trouver un emploi facilement. Ils ne sont pas conser­vateurs, mais ils trouvent que le fait d’avoir une vie qui tourne uniquement autour de ce domaine est difficile. Et ils ont raison ». Ayant suivi des cours de ballet autrefois, Rola n’hésite pas à assister à des ateliers d’art dramatique, afin de mieux saisir tout le côté théorique.

Pour échanger avec son entourage, elle peut répondre en direct aux questions de ses fans. Mais faire une vidéo live sur TikTok requiert un minimum de 1 000 followers. La fonctionnalité n’apparaît donc pas si vous en avez moins. Et Rola a dépassé les 114 000 followers et les 2 millions de likes. En outre, elle travaille sur des projets plus sérieux et cherche des volontaires pour l’aider à filmer et à éditer. « Il est temps de passer à YouTube, pour faire un contenu plus long et plus sérieux : la condition des femmes, le harcèle­ment sexuel, etc. Autant de sujets en rapport avec la femme m’intéressent. Je vais en dis­cuter prochainement à travers des documen­taires ».

Sarah Osman, improvisation et vitesse

Sarah Osman, improvisation et vitesse

« Une popularité soudaine garantit un succès rapide », affirme Sarah en toute confiance. Or, la règle semble être chambou­lée. « C’est l’effet TikTok », com­mente-t-elle, le sourire dans la voix. Et d’ajouter : « La mentalité de notre génération est différente. Nous sommes la génération du monde virtuel, de l’iPad et de l’iPhone ... tout doit se faire en toute rapidité, à l’improviste, pas de règles à suivre ». Avec la popu­larité soudaine s’ouvrent les portes d’une carrière, et le succès devient plus facile. La photographie et le modeling ont toujours été ses domaines de rêve. Sa mère, étant professeure à l’université et son père capitaine maritime, ils ne se sont jamais opposés à son rêve, ni à ses vidéos non plus. « Leur conseil était de prendre toutes les précau­tions nécessaires, notamment en ce qui concerne la vie privée », explique Sarah, qui avait exploré YouTube avant TikTok. Elle y avait une chaîne et une dizaine de fol­lowers. Pendant le confinement, elle a décidé de franchir le seuil de TikTok. Et cela a fonc­tionné. « J’ai fait du lip-sync d’une chanson en anglais. Le premier jour, j’ai été surprise d’avoir 9 000 followers. Au bout d’une semaine, leur nombre a dépassé les 37 000 ». En effet, le lip-sync est devenu une bannière du TikTok. Les tiktokers doivent synchroniser le mouvement des lèvres avec les paroles de la chanson, comme s’ils chantaient par eux-mêmes. « De même, une vidéo où je faisais du yoga a connu un grand succès. Le succès sur TikTok se fait beaucoup plus rapidement que sur YouTube ». La communauté TikTok dépasse aujourd’hui les 155 000 abonnés. « En effet, TikTok n’est pas que danse et humour, mais il perce aussi d’autres sphères. J’y trouve un espace positif où les gens se soutiennent. Je suis éblouie par l’amour que je reçois ».

Sarah, qui n’avait pas beaucoup d’amis, a réussi, grâce à TikTok, à élargir son cercle d’amis. Evidemment, puisqu’en 2 minutes, des inconnus se rencontrent. En franco-arabe (arabe écrit en lettres latines) ou en anglais, des discussions s’engagent entre Sarah et ses fans. Selon elle, écrire en arabe est plus difficile et prend du temps. « Les lettres latines sont plus faciles pour écrire sur le clavier », explique-t-elle, en soulignant qu’il ne s’agit pas d’un désir d’occidentalisation, mais simplement elle a fait ses études dans une école américaine. « Avec plaisir, je réponds aux messages des fans. Je sais que c’est dérangeant de chercher à communiquer avec une célébrité et d’avoir l’impression qu’elle s’en fout ». Etant en ter­minale, sa mère lui demande de faire une pause et de se concentrer sur ses études. Sarah considère, toutefois, que son activité sur TikTok pourrait l’aider à faire une carrière de direc­trice artistique. Et si TikTok serait annulé ou interdit ? « Je suis sûre qu’une nouvelle appli­cation verra le jour et aura plus de succès. C’est l’ère de la toute vitesse ».

Hassan Pisso, le pro du webmarketing

Hassan Pisso, le pro du webmarketing

Il fait partie de ceux que TikTok appelle « les créateurs de contenu », qui produisent des vidéos originales adaptées à la plateforme. Hassan Pisso a tout de suite misé sur son humour pour se faire une place sur TikTok, et il a réussi son pari. Avec près de 600 000 followers et 18 millions de likes, des marques comme Huawei ou encore Edita lui offrent désormais des produits pour qu’il en fasse la promotion. « TikTok est incontournable pour les marques. Les entreprises utilisent ces canaux de communication pour assurer leur notoriété et trouver des clients ». C’est du webmarketing. Hassan, qui fait des études en commerce extérieur et administration des affaires, profite bien de sa spéciali­sation en Bourse et actions pour comprendre comment tout cela fonctionne. Agé de 21 ans, il pense avoir une perspective différente de celle des tiktokers plus jeunes. « Je vois que la notoriété n’est pas un but en soi. Mais un moyen d’influencer les autres ». Changer des vies ? « Pourquoi pas ? », lance-t-il. Hassan a déjà tourné une série de vidéos, qui a fait tabac auprès des jeunes. Des réactions posi­tives ont inondé son inbox pour le remercier ou lui expliquer comment sa vidéo a impacté leur vie. « C’était surtout des vidéos à propos de la langue anglaise », explique-t-il.

En quelques secondes, il y expose à ses followers quelques références pour apprendre l’anglais. « Je suis parti pendant un an aux Etats-Unis, dans le cadre d’un programme d’échange étudiant, l’American Field Service (AFS). Au cours de ce séjour, j’ai enseigné la langue arabe dans une association islamique, et j’ai découvert que j’avais un penchant pour l’enseignement ». De retour, Hassan est embauché dans un centre pour apprendre les langues étrangères, afin d’enseigner l’anglais. Quelques mois plus tard, ce fut le confinement. « J’ai commencé à découvrir TikTok. Au mois de février dernier, j’ai partagé une vidéo, qui a reçu 150 000 likes en un seul jour. C’était une vidéo dans laquelle je jouais le personnage d’un jeune qui parle anglais avec un accent égyptien. Puis, en mars, 2 vidéos traitaient de l’annulation des examens. Au bout de quelques mois, j’ai cumu­lé des milliers de followers ». Les vidéos se sont suivies ; et à chaque fois, il faut chercher un conte­nu différent en lien avec les titres, tels How Do You Say It In Your Country ? ; Les situations les plus embarrassantes que j’ai connues ; Non au harcèle­ment …

Aujourd’hui, Hassan a 600 000 followers et 18 millions de likes sur TikTok, 80 000 sur Instagram et 8 000 abonnés sur YouTube. « Il faut toujours adapter à chaque plateforme son contenu, car le public change. Rejoindre TikTok, c’est surtout profiter de la diffusion rapide de la plateforme. YouTube exige, par contre, un travail plus assidu et prend plus de temps pour cumuler les abonnés. Or, je compte en avoir 100 000 début juin : je travaille dessus. Mais ce sera une surprise ».

Etre un créateur de contenu sur les réseaux sociaux, être scénariste, conseiller financier ou éco­nomiste, le choix de Hassan n’est pas encore fait. « Tout dépend des chances que j’aurai. Pour le moment, j’arrive à concilier entre mes talents et mes études que j’adore », dit-il, ajoutant avec beau­coup d’humour : « Un jour au club, une jeune fille a crié en me voyant. Tout le monde était en train de me regarder, lorsque son père est arrivé pour lui demander la cause de tout ce bruit, elle lui a dit que c’était Hassan Pisso, le tiktoker ! Et c’était à lui de me dire : Qu’est-ce que tu as fait mon fils ?! ».

Farouk Elgohary, acteur ou ingénieur ?

Farouk Elgohary, acteur ou ingénieur ?

Aux yeux bleus et cheveux bouclés, Farouk Elgohary a su séduire la communauté tikto­kienne, même s’il ne vient pas à l’origine du Tiktok. Ayant commencé par poster sur Instagram, il a décidé d’émigrer vers TikTok avec le début de la pandémie. « Je faisais du modeling et je partageais toujours mes photos et vidéos sur Instagram. Ennuyé, j’ai demandé à une amie de me montrer comment fonctionne le TikTok qui a été déjà utilisé par tout mon entourage. J’ai joué une scène du célèbre feuilleton La Casa del Papel, qui a fait 400 000 vues en un jour ! C’était vraiment surprenant ! ». Jeune homme hilarant, il sketche des situations où il est seul, en famille ou entre amis. Cela donne lieu à des vidéos amu­santes, différentes, des vidéos de danses ou lip-sync. « Au début, je n’ai pas pensé dire à mes parents que je faisais du TikTok. Mais avec le succès grandissant, je leur ai montré mes vidéos et ils n’ont exprimé aucun refus. Mes parents et moi, nous sommes de vrais amis ».

Farouk a acquis sa notoriété grâce à la vidéo où il jouait au « type cool », prononçant avec un accent américain le mot « Peanut Butter ». Cette vidéo a passé virale sur toutes les plateformes, pour faire en somme 12 millions de vues. Comment justifier ce boom ? « C’était amusant. Et peut-être ma façon de prononcer a attiré l’at­tention », explique Farouk, en insistant sur le fait que le but sur TikTok c’est de se filmer et réaliser des vidéos courtes ; et le montage est très simple à effectuer. « Grâce aux différents filtres et effets, vous obtenez un résultat rapide et très surpre­nant. Nous sommes une génération qui a très peu de patience ».

Malgré son succès qui s’est traduit par un nombre de 700 000 followers sur TikTok, Farouk a opté pour des études en polytechnique. « Depuis mon enfance, les maths et les sciences étaient mes matières préférées. Et je me suis dit que je pourrais étudier tout autre domaine après l’ingé­nierie, mais le contraire ne serait pas possible ». En même temps, Farouk fait du beatboxing et du volley-ball. Le TikTok ne manque pas ainsi de vidéos dans lesquelles le jeune homme charmant expose ses talents. « En Egypte, le TikTok n’est pas encore rémunéré, mais il me servira sans doute si jamais je déciderai de faire métier d’ac­teur, déjà plusieurs boîtes m’ont appelé pour participer à des publicités, comme je suis une figure connue dans le monde des jeunes ».

En outre, il n’a aucun souci à être critiqué par certains. « C’est le prix de la célébrité ! Mais il faut être sûr de soi-même, et savoir que c’est tout à fait normal de ne pas être aimé de tout le monde ». Farouk se considère comme un « influenceur ». Il a une forte présence sur presque toutes les plateformes : Facebook, Twitter, Instagram et bien sûr TikTok. Le défi ? « C’est comment réussir sur tous les réseaux sociaux sans tomber dans la dépression », affirme-t-il. Et d’ajouter : « Les réseaux sociaux constituent l’une des causes principales de la dépression chez les jeunes : ils mènent non seule­ment à l’isolement, mais aussi à un refus de la réalité, en pensant que les autres mènent une vie meilleure ». C’est d’ailleurs une question qu’il aborde dans pas mal de ses vidéos.

Farouk a certainement du charisme. Comment choisir alors entre être ingénieur ou acteur ? « Chaque jour, je découvre quelque chose de nouveau en moi. Je suis en deuxième année de fac, et j’aime tout ce que je fais pour le moment. En effet, je préfère laisser toutes les options ouvertes. On ne sait jamais … ».

Zeina El-Soly, l’autodérision

Zeina El-Soly, l’autodérision

A 17 ans, elle cumule 11 7000 followers et plus d’un million de likes. Le personnage de Zaïtouna créé et incarné par Zeina est devenu l’un des plus connus sur l’appli des ados. Dans un dialecte khaligui (celui des pays du Golfe), Zaïtouna nous fait découvrir son quotidien via TikTok. « Je n’aurais jamais pensé que mes vidéos connaîtraient cet énorme succès », affirme Zeina, pour qui TikTok est une appli très amusante sans laquelle elle ne saura jamais quoi faire. Un réseau social définitivement plus en ligne avec l’ima­ginaire de la GEN Z. Selon elle, si sur Instagram les utilisateurs montrent le meilleur d’eux-mêmes, embellis par des filtres, en mises en scène photographiques, sur TikTok, les utilisateurs préfèrent l’autodérision, tourner tout en dérision et mettre en scène leurs imperfections, etc. « La génération de mes parents est plutôt celle de YouTube. Cette génération pouvait suivre un pro­gramme ou un épisode pendant une heure sur YouTube. Pour la nôtre, c’est impos­sible ». Zeina avoue que pour avoir un flux de likes, il faut faire court et banal. « Ma première vidéo était un challenge intitulé : Wrong Answers Only. Il s’agit de poser une question et de donner une réponse qui n’a aucun rapport avec. Par exemple : Quel âge as-tu ? Cette vidéo d’une minute a eu dans 2 semaines 500 000 likes. Une autre vidéo a eu un million de likes dans quelques semaines : j’ai juste filmé des poussins, sans musique, sans effets. De quoi m’avoir encouragée à me filmer et à penser à de nouvelles idées ». Le succès de Zeina sur TikTok a fait en sorte qu’elle soit invitée dans plu­sieurs restaurants et parcs d’attraction pour y être filmée et faire de la pub à ces endroits. « Pourquoi pas ? Sortir et connaître des gens … cela fait du bien ! Et puis, c’est super d’être célèbre et de rencontrer ses fans ! ».

Zeina souhaite effectuer des études en communication. Un domaine qu’elle adore et qui n’est pas loin de ce qu’elle fait en ce moment. En quête quotidienne de nouvelles idées, elle n’a pas hésité à partager des vidéos tournées avec sa maman, son petit frère ou même son père. « Mon père était un peu gêné au début, me voyant entourée de fans. Mais petit à petit, il a commencé à découvrir mes vidéos et a compris que je ne faisais rien d’anor­mal : ni insultes, ni danses grossières, etc. ». L’interaction avec ses fans est une chose importante pour mieux connaître leurs avis. D’ailleurs, la langue employée dans les mes­sages semble un identifiant. « Les Cairotes écrivent souvent en anglais, les provinciaux en arabe ou franco-arabe (arabe écrit en lettres latines) », précise Zeina, fière d’avoir des fans de partout en Egypte.

Ziad Salem, chanter et parodier

Ziad Salem, chanter et parodier

Après avoir été publié sur TikTok pour la première fois début 2020, il a fait circuler une série de vidéos avec des chansons et de danses. Ziad a déjà plus de 2 millions de followers ! Fils d’un père koweïtien et d’une mère égyp­tienne, il est le petit-fils de la critique d’art de renom Lotus Abdel-Karim. Il a peut-être hérité d’elle cet amour pour l’art, même si elle n’est pas très convaincue de ce qu’il fait. « Elle n’était pas convaincue et ne cessait de me répéter : A quoi bon ? », raconte Ziad, qui a tout d’abord eu recours à YouTube pour publier certaines chansons qu’il interprétait. « Et comme je n’ai pas eu assez de vues, j’ai décidé d’an­nuler ma chaîne YouTube. Quelque temps après, et grâce à mes collègues au lycée qui m’encourageaient, je me suis tourné vers Instagram. Juste après ma première vidéo, j’ai eu 100 followers, puis le lendemain 5 000, et au bout d’une semaine, mes followers atteignaient les 12 000, ce qui m’a encouragé par la suite à faire des TikTok. Cette appli est la plus appréciée par les jeunes, et du coup, elle garantit un succès plus rapide ».

C’est grâce à une série de vidéos intitulée Singing on the Stairs (chanter sur les escaliers) qu’il a eu droit au succès. La recette ? Très simple. Debout, sur les escaliers de la villa où il habite, il se met à interpréter des chansons comme Bad Romance de Lady Gaga et/ou Snowman de Sia. Et voilà ! Ziad est devenu aujourd’hui la star. Dans la rue, dans les centres commerciaux, on l’arrête pour se prendre en photo avec lui. « L’été dernier au Sahel (la Côte-Nord), à ma plus grande surprise, une dame qui doit avoir l’âge de ma mère est venue me dire : C’est toi Ziad le tiktoker ? Ma fille t’adore, et moi aussi ! ». En outre, les messages qu’il reçoit quotidiennement de ses fans sont incomptables. « Je suis une personne ordinaire, et non pas une star comme on dirait souvent ! », lance-t-il, sans cacher son bonheur.

Récemment, deux semaines d’absence l’ont obligé à faire des excuses auprès de ses fans. « Je suis très occupé ces jours-ci : étudier mes cours, faire de la gym, etc. ». L’absence de Ziad ne passe pas inaperçue, car il est devenu une vraie star ; ses fans ont créé des pages Facebook qui portent son nom : Ziad Salem Top fans, Ziad Salem biggest fans ou I adore Ziad Salem.

Se considère-t-il en tant qu’influenceur ? « Je ne dirais pas cela dans l’absolu ! Mais je pourrais l’être lorsque je fais des vidéos prêtant conseil pour mieux interpréter des chansons, ou répondant à des fans qui me posent des questions concernant le fait de chanter ». Toutefois, Ziad aurait aimé être connu en tant que chanteur plutôt que tiktoker. « Le TikTok a eu un grand impact sur ma vie, mais aussi sur toute ma génération. Car pendant le confinement, on a eu la chance de s’ouvrir davantage sur les autres, sur les différents modes de vie ».

Sur son portable, Ziad a déjà 400 chansons non diffusées. Il se filme, puis décide : si son interprétation est bonne, il partage la vidéo. Puis, il observe les réactions des fans. Et si TikTok cessait d’exister ? « Il y aurait sans doute des alternatives. Avant le TikTok, il y avait Dubsmash et Vine. Internet ne manquerait pas d’appli ».

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