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Galila Al-Kadi : Le meilleur moyen de sauvegarder un bâtiment c’est de lui attribuer un nouvel usage 

Doaa Elhami, Mardi, 10 février 2015

A l'occasion de l'initiative de restauration des 5 musées, l'urbaniste de renom Galila Al-Kadi parle de son projet de réaménagement du palais Saïd Halim et de son environnement.

Galila Al-Kadi
Galila Al-Kadi.

Al-Ahram Hebdo : Comment vous vous êtes intéressée au palais Saïd Halim ?

Galila Al-Kadi: C’était à l’occasion du projet européen Heritage Conservation and Managment in Egypt and Syria (Hercomanes) pour la préservation du patrimoine architectural et urbain de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. C’était en 2002, il s’agissait alors de dresser un inventaire des bâtiments du centre du Caire, candidats à être répertoriés, le palais Saïd Halim en fut un.

— Qu’est-ce qui distingue le palais Saïd Halim des autres palais du Caire ?

— D’abord, c’est l’un des rares palais du Caire khédivial qui existent encore. A cette époque, Le Caire était délimité au nord par la place Ramsès, au sud par la place Abdine et au sud-ouest par la place Tahrir.

Le palais possède une grande valeur historique: il a été construit en 1898 par le prince Saïd Halim, petit-fils de Mohamad Ali, qui a eu recours au célèbre architecte austro-italien, Antoine Laschiac. Celui-ci a adopté un style hybride alliant la renaissance anglaise et le néoclassicisme. Il a aussi une valeur symbolique: transformé par la suite en une école, il a été le lieu de formation des enfants issus de l’élite égyptienne, dont certains sont devenus de grandes figures de la médecine, du cinéma et de la politique, tels les grands médecins Ibrahim Badrane et Mohamad Aboul-Ghar, le directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie, Ismaïl Seragueddine, la star de cinéma Hussein Fahmi, le photographe Al-Chimi et les deux frères Amin, fondateurs de la maison de presse Akhbar Al-Youm, pour ne citer que quelques exemples.

— En quoi consiste votre projet de restauration du palais ?

— Le meilleur moyen de sauvegarder un bâtiment c’est de lui attribuer un nouvel usage. C’est ainsi que nous proposons la transformation de ce palais en musée de l’histoire du Caire, tout en respectant bien entendu son style, sa configuration interne et ses façades. En effet, Le Caire, considéré en quelque sorte la capitale du monde arabe, a besoin d’un musée qui raconte l’histoire de son évolution et qui mette en évidence sa riche architecture dont certains vestiges remontent à l’Ancien Empire, quand Memphis était la capitale de L’Egypte.

— A votre avis, comment peut-on développer les environs du palais ?

— Le palais est situé dans une zone déshéritée, mais qui est devenue une destination culturelle grâce à la galerie Townhouse. Mais il y a sûrement un important travail de rénovation qui reste à faire au niveau du quartier, notamment la restauration de ses bâtiments de valeur. Les problèmes auxquels on fera face sont liés aux habitations sauvages dont il va falloir reloger les occupants une fois la zone autour du palais rénovée.

— Avez-vous la même vision pour les autres palais concernés par cette initiative de restauration ?

— Chaque palais a sa propre histoire et sa propre particularité, mais l’usage le plus adéquat pour ces bâtiments historiques devra être d’ordre culturel: ces palais devront être aménagés en musées, bibliothèques, écoles, ou en hôtels, dans la mesure du possible.

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