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Neamat Shafiq : L'individu et l'Etat doivent contribuer ensemble à produire une société saine

Hala Fares , Mercredi, 16 mars 2022

La directrice de la London School of Economics, Neamat Shafiq, alias Minouche, revient sur sa vision du contrat social, du développement et des plus importantes questions sociales et éducatives. Entretien.

Neamat Shafiq

— Al-Ahram Hebdo : Avec la guerre entre la Russie et l’Ukraine, vers où se dirige l’économie mondiale ? Et quelles sont vos craintes face à la crise ukrainienne ?

Neamat Shafiq : Le plus grand impact de la crise en Ukraine sera la hausse des prix du pétrole et des taux d’inflation dans le monde entier. Cette hausse continuera jusqu’à ce que d’autres pays augmentent leur production pour couvrir ce que la Russie et l’Ukraine produisaient. Et jusqu’à ce que cela arrive, il y aura des pressions sur les pays et sur les individus, en raison du coût élevé de la vie. Mais ce qui m’inquiète à plus à long terme, c’est l’augmentation des dépenses militaires en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays voisins de la Russie. Cette augmentation des dépenses se fera aux dépens des infrastructures, de l'éducation, de la santé et autres. Nous avons l’exemple frappant de l'Allemagne qui a décidé d'augmenter ses dépenses militaires qui passeront de 1,2 % à 2 % du PIB. Cet argent était orienté vers les investissements dans les infrastructures et sera dirigé vers des domaines moins préoccupants pour la société et l’économie.

— L’investissement dans l’infrastructure vous préoccupe dans le cadre de ce que vous appelez le « nouveau contrat social ». S’agit-il d’un contrat social global, ou chaque pays doit-il formuler ce contrat pour ses citoyens ?

— Je pense toujours au contrat social avec ce qu'on peut appeler les cercles imbriqués. La base du contrat social c'est la famille, c'est le plus important et le plus fort, puis ce cercle s'élargit pour inclure le village, puis la ville, l'Etat et le monde, c'est ainsi que se construit le contrat social. Il se renforce au milieu puis s'affaiblit au fur et à mesure que l'on s'éloigne de l'être humain. Bien sûr, il y a un contrat social international, mais je vois les choses de la perspective d’une personne qui a travaillé de nombreuses années dans des organisations internationales. Pour qu’un contrat social se transfère d'un pays à l'autre, il faut d’abord qu’il soit fort au sein d'un Etat, car une personne ne sera pas généreuse avec l’autre en dehors de son pays à moins que le contrat social à l'intérieur de son pays ne lui donne des droits, de la sécurité et des opportunités. Le nouveau contrat social ne consiste pas à augmenter les impôts et à redistribuer davantage de richesses, ni à renforcer l’Etat-providence. Il s’agit plutôt d’une réorganisation en profondeur de la société, visant à répartir de manière plus égalitaire les possibilités et la sécurité économique. Cela permettrait d’augmenter la productivité et de mieux partager les risques liés à la garde des enfants, à la santé, au travail et à la vieillesse, qui sont source de beaucoup de préoccupation. Ce nouveau contrat social repose sur trois piliers : la sécurité économique, le partage des risques et l’ouverture de nouvelles possibilités.

— Qui est chargé de rédiger ce contrat ?

— Nous sommes tous responsables, et nous l’écrivons tous et le pratiquons de façon quotidienne au sein de la famille, avec nos collègues et nos concitoyens. Un citoyen qui travaille et paye des impôts est tenu d'élever ses enfants pour qu'ils soient de bons citoyens. Et le gouvernement doit fournir à l’individu l'éducation, les services de santé et des emplois qui permettent au citoyen de jouer son rôle dans la création d’un contrat social convenable. L'individu et l'Etat doivent contribuer ensemble à produire une société saine.

— Depuis votre jeune âge, vous vous concentrez sur ce que vous appelez « l'ingénierie des opportunités ». Quelle est la philosophie de ce principe ?

— L'ingénierie des opportunités signifie comment une personne profite de l'opportunité pour améliorer sa condition. Un exemple : dans différents pays, chaque génération prend du temps pour augmenter ses revenus et passer d’une classe sociale à une autre. En Europe du Nord, il faut deux générations, en Europe et aux Etats-Unis, il leur faut cinq générations, alors que dans des pays comme le Brésil, l'Afrique du Sud et l'Egypte, il faut neuf générations. Dans ce dernier cas, il n'y a aucun espoir si la personne est née pauvre d'atteindre un niveau intermédiaire dans la société. Cela signifie que l'ingénierie des opportunités n'est pas égale. Personnellement, je vois que l'éducation à un jeune âge a un rôle très important dans les opportunités d'ingénierie. Tout développement important dans la vie d’une personne se fait pendant les 1 000 premiers jours de sa vie. Si la nutrition pendant l’enfance n'est pas bonne, ou si l’enfant ne joue pas correctement avec ses camarades, ou qu'il ne trouve pas quelqu'un pour lui lire un bouquin, vous lui faites perdre de grands avantages, même si vous l'envoyez plus tard dans les meilleures écoles. Le plus important dans l'ingénierie des opportunités est d’investir pendant les deux premières années dans la vie de l'enfant.

A cet égard, je me souviens d'une étude faite en Jamaïque sur des individus qui rendent visite à des familles de façon hebdomadaire pour qu’elles prennent soin de leurs enfants. L'étude a prouvé que ces enfants qui ont été pris en charge au cours des deux premières années de leurs vies ont vu leurs revenus augmenter de 42 % après trente ans par rapport à ceux qui n'ont pas été correctement pris en charge. A partir de là, il devient clair que l'intérêt accordé à cet âge a un impact très important sur l'éducation, la santé, les revenus et les opportunités dans la vie. Personnellement, pendant mon enfance et ma jeunesse aux Etats-Unis, les opportunités éducatives étaient limitées. Mon salut était les librairies, où ma mère m'emmenait constamment les week-ends. J'étais membre d'un grand nombre de clubs de lecture et je passais de nombreuses heures à la maison à lire et à découvrir le monde.

— Quand on parle de la réhabilitation de l'enfant et d’un nouveau contrat social, on n'oublie pas la femme qui a le plus grand rôle. Comment voyez-vous les femmes dans nos sociétés ?

— Le plus grand acteur qui puisse modifier le contrat social est le changement du rôle des femmes. Partout dans le monde, le taux d'inscription des femmes dans les universités est supérieur à celui des hommes, les femmes ont la capacité de travailler et d'exceller, mais le contrat social dans chaque pays est basé sur le fait que les femmes doivent s'occuper des enfants, de la famille et du mari. C’est un travail supplémentaire sans salaire. Et partout, les femmes travaillent deux heures par jour de plus que les hommes. Lorsqu'elles obtiennent leur diplôme, elles sont payées au même salaire que les hommes, mais avec le premier enfant, il y a une baisse de salaire et de promotion. Il faut chercher un moyen pour leur stabilité et la poursuite de leur travail en mettant en place une infrastructure de prise en charge des enfants, afin que les femmes puissent accomplir leur mission de vie et de travail et leur rôle productif dans l'économie. En fait, la société perd beaucoup en ne profitant pas des femmes éduquées et productives à cause de ces obstacles. Cela va certainement changer, car l'éducation des femmes modifie leurs préférences et leurs opportunités. Pour permettre aux femmes d'être plus productives, il faut une répartition des tâches plus équitable au sein des familles et des sociétés. Et à cette occasion, je dois reconnaître que les femmes égyptiennes sont fantastiques et ont toutes les capacités d’accomplir des tâches dans plusieurs domaines. Il y a beaucoup de femmes égyptiennes qui m’ont aidée et m’ont inspirée dans mon parcours professionnel.

— L'objectif principal de votre livre était d'expliquer l'état de colère vécu dans les différentes sociétés. La crise du coronavirus a-t-elle augmenté cette colère ?

Cette crise a changé l'état de colère en un état de peur et d’anxiété. Selon une série d'enquêtes, les gens en général, quel que soit leur statut socioéconomique, ressentent plus de peur. En même temps, le coronavirus a créé des sentiments de sympathie et de soutien mutuel. Les priorités se sont focalisées plutôt sur la recherche de la « sécurité », que ce soit sur le plan des services médicaux ou des emplois. Je m'attends à ce que les demandes des individus auprès des gouvernements au cours de la période à venir soient axées sur la réalisation de la « sécurité » sous toutes ses formes, que ce soit dans la santé, l'économie ou autres. Il y a aussi un sentiment que le développement actuel, notamment dans le secteur technologique, créera un état d'anxiété. Une question se pose alors : l'individu pourra-t-il suivre le rythme de ces évolutions afin de pouvoir conserver son emploi ? Il y a aussi un état d'inquiétude concernant la question de l'identité et la capacité des concepts traditionnels à résister aux changements. Dans certaines sociétés, comme c'est le cas en Europe, on s'inquiète des flux migratoires et des migrants qui deviennent des concurrents dans les différents domaines du travail.

— Peut-on dire que la crise du coronavirus a accéléré l'évolution des exigences du marché du travail, et ainsi la modification des systèmes éducatifs ?

— Certainement. Il y a une grande demande dans certains domaines tels que la numérisation et l'intelligence artificielle, mais il y aura toujours des besoins dans les domaines des arts et des savoirs traditionnels, qui peuvent prendre une forme avancée, que ce soit dans les moyens de les enseigner ou de les appliquer sur le marché du travail. En ce qui concerne l'avenir des métiers, il est probable que les métiers basés sur la répétition des tâches et le travail routinier soient remplacés par l'intelligence artificielle. Mais l'homme aura toujours la capacité d'exceller dans des domaines qui nécessitent de la créativité et la capacité de développer des compétences pour faire face aux crises et aux problèmes et les résoudre. J'ai récemment visité une usine chimique en Allemagne pour découvrir qu'une grande partie de celle-ci n'emploie que deux personnes, alors que les robots gèrent le reste des tâches routinières. Et je pense que c'est l'avenir du marché du travail. Il y aura une plus grande présence de l'intelligence artificielle. L’avenir inclura un report de l'âge de la retraite, ce qui signifie le besoin de systèmes capables de soutenir et de développer les capacités au fil du temps. Par conséquent, les systèmes éducatifs doivent évoluer, tout en soutenant l'idée de formation et de développement après la fin des principales étapes de l'éducation. Par exemple, les institutions éducatives doivent offrir des programmes de formation et de développement des compétences adaptés aux besoins de l'individu. A la London School of Economics (LSE), par exemple, nous préparons des programmes d'études courts et à horaires flexibles pour ceux qui veulent améliorer leurs compétences ou ceux qui cherchent à changer de carrière. Les gouvernements doivent soutenir la formation continue des individus, par des prêts ou des facilités financières, pour aider les citoyens à atteindre leurs objectifs.

— Comment jugez-vous la gestion mondiale de la crise du Covid-19 ?

— Il y a une imperfection évidente dans la gestion globale de la crise du coronavirus. Cette crise n'a pas été gérée dans une perspective globale, mais plutôt individuelle, et cela n'aurait pas dû arriver. Bien que la crise soit mondiale, chaque pays a choisi de faire face à l'épidémie individuellement, ce qui a conduit à une propagation plus large et de nombreuses mutations du virus originel. Je crois que l'année en cours sera décisive pour évaluer le succès ou l’échec de la gestion mondiale de la crise.

— Le changement climatique est un défi au nouveau contrat social. Comment pouvons-nous y faire face économiquement et socialement ?

— Dans les 10 années à venir, il faudra investir 30 mille milliards de dollars dans l’infrastructure : routes, transport, électricité, etc. Si on arrive à injecter des investissements durables dans ces domaines, on pourra certainement sauver le monde des dangers climatiques. Pour réussir, les pays riches doivent soutenir les pays pauvres, car ces investissements sont très coûteux à court terme, mais ont une très grande importance à long terme. On a l’exemple de l’Egypte qui a actuellement une position formidable dans le secteur de l’énergie renouvelable (énergie solaire), devenue moins chère. Il faut aussi investir dans le transport public pour arriver à zéro émission de carbone. Mais tout cela a besoin d’un financement énorme.

L’Egypte possède une excellente opportunité, car elle accueillera la Cop27 à la fin de cette année et si le gouvernement arrive à trouver un financement, ce sera une grande opportunité.

La société égyptienne pense que le changement climatique est une question spécifique aux pays occidentaux. Nous n'y sommes pour rien, et donc c'est à l'Europe de résoudre le problème du climat. Qu’en pensez-vous ?

— C'est une pensée qui doit changer, car nous sommes tous touchés par la pollution qui émane des voitures, et un grand nombre de personnes meurent en Egypte à cause des maladies respiratoires. Tout le monde veut un air plus pur et des transports plus faciles

— Votre père disait : « Ils peuvent tout vous prendre sauf votre éducation ». Si l'éducation est le mot-clé, les modes traditionnels ont changé avec le coronavirus. Or, l'éducation est à la base du développement …

— Je pense que c'était un bon conseil. La vie est pleine de surprises. En un jour et une nuit, tout peut arriver, une crise économique, une guerre, etc. Je dis toujours à mes étudiants à la LSE, le jour où ils reçoivent leurs diplômes, que c'est l'atout le plus important qu’ils possèdent. On peut tout perdre et les personnes qui nous ont aidés durant notre vie peuvent disparaître. L'homme doit apprendre de nouvelles choses et investir pour pouvoir agir face aux changements de ce monde. Il faut savoir que l'éducation traditionnelle, où l'enfant mémorise les informations pour les examens, n'a plus aucun sens. Désormais, chaque enfant a un portable qui lui donne accès à n'importe quelle information. Ce qui m'importe, c'est que lorsqu'il voit des informations sur Google, il s'assure qu’elles sont vraies, qu'il puisse les analyser, les évaluer et penser de manière indépendante. C'est la bonne éducation. Cela nécessite également de changer le rôle de l'enseignant, qui sait tout, en celui qui aide les élèves à penser, analyser, évaluer et appliquer, c'est le rôle que nous voulons. On ne peut pas se passer de l'enseignant, car la technologie ne le remplacera jamais, les élèves et les étudiants ont encore besoin de l'enseignant.

— Vous répétez toujours une parole d’Abraham Lincoln, à savoir « La meilleure façon de prédire votre avenir est de le créer ». Pouvez-vous nous raconter des étapes de votre vie qui correspondent à cette parole ?

— Cette parole est vraie. La société peut également aider à créer l’avenir ou, au contraire, à l'entraver. Cela dépend de l’ingénierie des opportunités qui existe dans la société dans laquelle on vit. Quant à moi, je n'avais pas de plan précis pour occuper un poste en particulier, mais à chaque endroit où j’ai travaillé, il y avait des gens qui m'encourageaient, me donnaient des opportunités et avaient confiance en mes capacités. Et je pense que cela m’est arrivé dans chaque poste que j’ai occupé, que ce soit à la Banque Mondiale (BM), au Fonds monétaire international ou à la Banque Centrale d’Angleterre. Ces gens ont pris des risques avec une personne différente d’eux : une femme égyptienne et plus ou moins jeune. Ils m’ont tous donné la chance de grandir, et c’est ce que chacun de nous peut faire dans son travail : donner la chance aux autres et les aider à réaliser leurs rêves.

—Comment avez-vous réussi à concilier travail et vie de famille ?

— Il est vrai qu'en l’espace d’un an, je me suis devenue une mère responsable de cinq enfants. J’ai eu des jumeaux et mon mari avait trois enfants. Par conséquent, je devais continuer à exercer le travail que je maîtrisais le plus afin de réaliser un certain équilibre. Je crois que cet équilibre a été atteint parce que mon mari est très compréhensif

-La société a un rôle à jouer pour réhabiliter les femmes et les amener à réaliser l'équilibre entre leur travail et leur foyer. Mais j'ai toujours cru que pour qu'une femme parvienne à cet équilibre, elle a besoin de trois éléments principaux : un mari compréhensif et solidaire, un bon sens de la gestion et une aide fiable pour la garde des enfants.

— Etes-vous de l’avis de Zygmunt Bauman exprimé dans le Livre  Liquid Times, à savoir que le monde vit dans une période d'incertitude ?

— Je pense qu’à toutes les époques, les gens vivent dans un état d'anxiété et d'instabilité. Mais en même temps, je crois fermement que nous sommes à la veille d'une grande transformation, comme lors de la transformation provoquée par l'électricité. Le numérique apportera des changements très importants. Nous sommes au seuil de cette transformation.

— Vous avez été membre de plusieurs institutions internationales dans le domaine du développement et également membre du conseil d’administration de la fondation Bill Gates. Quel est votre rôle dans ces institutions ?

— J'ai beaucoup travaillé dans le domaine du développement dans différents pays du monde. J'ai vu des évolutions remarquables dans le domaine de l'eau et du drainage sanitaire, surtout en Afrique grâce aux énormes investissements qui ont été faits. Aujourd’hui, ce problème a presque disparu, sauf dans certains endroits très pauvres d'Afrique et certains pays d'Asie. Il n'y a plus d'enfants qui meurent de diarrhée, par exemple.

Lorsque j'ai commencé à travailler dans le domaine du développement, un des problèmes majeurs était l’éducation des filles. C'était un gros problème de convaincre les parents d'envoyer leurs filles à l'école. Durant mon travail, j'ai vu de très grands progrès dans plusieurs domaines et cela me rend optimiste. Je suis fière d'avoir participé à ce travail. Dernièrement, je suis devenue membre du conseil d'administration de la Fondation Bill Gates, ma première réunion est en mai et les choses ne sont pas encore claires. En ce qui concerne le conseil des Lords, j’en suis devenue membre durant la pandémie de Covid-19. Tout le travail était en ligne. Nous commençons maintenant à faire des réunions en présentiel. Je vais me concentrer sur les domaines dans lesquels j'ai travaillé. Ce conseil est formé d'experts dans différents domaines. Je vais me concentrer sur l'économie, le développement et l'éducation — les choses que je comprends.

Qui est Neamat Shafiq (Minouche)

Née le 13 août 1962 à Alexandrie de parents égyptiens, elle a occupé plusieurs postes dans des organisations internationales dans les domaines de l’économie et du développement.

Elle rejoint la Banque mondiale et devient, en 1998,  la plus jeune vice-présidente de la BM à 36 ans.

Elle est appelée par le gouvernement britannique au Département du développement international (DFID). Elle est responsable des bureaux du DFID à l'étranger et des financements, notamment pour l'Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie, l’Amérique latine et l'Europe de l'Est.

A partir de 2008, elle devient Secrétaire permanant du DFID, où elle dirige le programme d'aide bilatérale dans plus de 100 pays.

D'avril 2011 à 2014, elle rejoint l'équipe dirigeante du Fonds Monétaire International (FMI) où elle devient la seule femme parmi les quatre adjoints de Christine Lagarde, présidente du FMI.

En 2014, elle est choisie comme vice-gouverneur de la Banque Centrale d’Angleterre, responsable des marchés bancaires et membre du comité des politiques monétaires.

En septembre 2017, elle prend son poste de directrice de la London School of Economics.

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