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Halte à l’abattage des êtres humains

Chahinaz Gheith, Lundi, 02 juin 2014

Une association qui défend les droits des victimes des erreurs médicales vient de voir le jour.

Halte à l’abattage des êtres humains
Le décès de Nadine Chams était la goutte qui a fait déborder le vase

« Que la mort subite et douloureuse de ma femme soit le déclic qui pourrait sauver des centaines de vies des négligences médicales dans nos hôpitaux. Aider, éclairer, soutenir les victimes et leur faire prévaloir leurs droits sont notre objectif », lance Dr Nabil Al-Qott, mari de la scénariste Nadine Chams qui a déposé une plainte, exigeant du médecin légiste de déterminer la cause du décès de sa femme, alléguant la négligence médicale. Une enquête est actuellement en cours. Et d’ajouter : « Les patients se présentent aux hôpitaux pour être sauvés ou guéris d’un mal et non pour être tués de sang-froid ni même de se retrouver invalides pour le restant de leurs jours ».

En fait, la mort de Chams a jeté la lumière sur les problèmes persistants de négligence médicale en Egypte. Et pour briser le silence et dire halte à ce que les patients qualifient « d’abattage humain », une dizaine d’ONG, d’associations gouvernementales ainsi que des médecins, des avocats et des syndicalistes ont décidé de révéler au grand jour les drames physiques et psychologiques des victimes des erreurs médicales. Ils veulent faire payer ces erreurs à « leurs bourreaux ». Parmi ces associations, on peut citer le centre Al-Nadim, le centre Hakaniya, l’Initiative égyptienne des droits personnels, l’Association de développement médicale et environnementale, les Médecins de Tahrir, etc. Depuis, une initiative appelée « les droits des patients » a été lancée afin de défendre les victimes d’erreurs médicales. « Chaque victime souffrait seule, entamait sans aucun appui les démarches pour porter plainte devant les tribunaux, et souvent, elle se heurtait à un mur de silence, notamment pour avoir accès en toute transparence au dossier médical. Il est donc temps pour que nous nous organisions pour surmonter ces difficultés », déclare Zeinab Kheir, avocate et membre de l’association. Et d’ajouter que le but de l’association est non seulement d’apporter une aide personnalisée aux victimes des erreurs médicales, mais aussi de défendre leurs intérêts et les représenter devant les autorités administratives pour promouvoir la sécurité des soins et la qualité de la prise en charge, et ce à travers une charte du patient hospitalisé.

Et ce n’est pas tout. L’objectif de cette initiative consiste d’abord à sensibiliser les patients à leurs droits. « Personne n’est infaillible. Un médecin peut se tromper comme tout le monde. Mais le patient doit savoir comment se prémunir et prendre des précautions qui réduiront les risques d’être victime d’une erreur médicale », précise Zeinab Kheir .

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