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Pour une génération 100 % écolo

Dina Bakr , Mardi, 15 février 2022

Sensibiliser les juniors aux questions environnementales et leur apprendre les bons gestes pour protéger la planète, tel est l’objectif de trois initiatives lancées par trois ONG. Focus.

Nombreuses sont les activit s qui mettent en relief l ducation environnementale.

«  Ezraa Chagara » (plante un arbre), c’est le nom que s’est choisi une association qui oeuvre à sensibiliser aux questions environnementales. A Hadayeq Al-Qobba, des enfants sont incités à fouiller dans tous les coins du centre de sensibilisation de l’association, une ferme qui s’étend sur une superficie de 1000 feddans. Des enfants âgés de 5 à 6 ans écoutent attentivement les instructions des grands, ils veulent comprendre ce qui se passe à la ferme. « Nourrir, observer et découvrir la présence d’autres êtres vivants, animaux et plantes, est un objectif éducatif. Ici, les enfants se sont familiarisés avec l’environnement », explique Nabil Mahrous, président de l’association Ezraa Chagara. Cette association tente de propager le principe des espaces verts dans les établissements scolaires et universitaires, les hôpitaux et les maisons. Ezraa Chagara a déjà planté des centaines d’arbres de Moringa, possédant de nombreuses vertus médicinales, à l’hôpital 57357 des enfants cancéreux et celui de Magdi Yaacoub à Assouan.

Ici, dans ce centre de sensibilisation, qui autrefois servait de décharge, l’association Ezraa Chagara apprend aux enfants l’importance de l’écosystème. Aujourd’hui, on y trouve des ruches d’abeilles, un pigeonnier, un modèle de ferme piscicole et on y fait de l’élevage de volaille et de caprins. « Cette association accueille les élèves des écoles pour les inciter à avoir des comportements écologiques. Et même les petits de 4 ans sont sensibilisés à l’importance des arbres et des plantes. Ils les arrosent tout en prenant soin de ne pas les abîmer en coupant leurs feuilles ou en cassant leurs tiges fragiles », souligne Mahrous. Cette association présente les fournitures nécessaires, ainsi que les installations de tous les systèmes agricoles modernes. « De nouvelles techniques sont adoptées en matière d’agriculture urbaine: jardins, toits des maisons et cours des écoles », explique Mahrous. L’association prend en charge gratuitement les semis en germination jusqu’au repiquage des plants. « Nous avons vu des vers de terre à l’apparence dégoûtante. Cependant, ils améliorent la qualité des sols, car le fait d’en trouver dans un jardin signifie que la terre est riche en nutriments et nourrit les plantes », explique Hamza, élève en première année primaire. La philosophie de l’association est de simplifier les questions écologiques et d’éviter de contribuer à la détérioration de la biodiversité locale. « Aborder des sujets qui concernent les émissions de gaz à effet de serre est déjà un discours scientifique compliqué pour les enfants. On parle des avantages et des bienfaits des espaces verts en disant que planter des arbres permet de respirer de l’air pur et sain. Et que l’absence ou la diminution de ces types d’espaces engendre une augmentation de la température de la planète dont les conséquences sont innombrables », avance Mahrous.

En effet, le concept de l’éducation environnementale s’est développé au fil des ans. « La coopération avec le ministère de l’Education a commencé en 2000, et des conférences se tenaient au niveau des écoles et des universités soulignant la nécessité de préserver la nature et l’environnement », explique Rehab Youssef, directrice générale de la sensibilisation environnementale au ministère de l’Environnement. « Un protocole a été signé entre les deux ministères de l’Environnement et de l’Education, en collaboration avec les ONG, ayant pour objectif de simplifier aux élèves ces sujets compliqués, et ce, à travers les colloques, les jeux, les excursions et le choix d’ambassadeurs parmi les étudiants », ajoute-t-elle.

Apprendre le recyclage

Nafezati (ma fenêtre) est une autre association écologique qui collabore avec le ministère de l’Education depuis 17 ans en organisant des ateliers pour fabriquer du papier à partir de résidus de plantes. « La paille de riz, les résidus de feuilles de bananiers, de fleurs du Nil et du coton sont recyclés et servent à fabriquer du papier », explique Inès Khamis, directrice de Nafezati. Cette industrie manuelle produit du papier à dessin et du papier transparent pour fabriquer des chapeaux pour les lampadaires et les abat-jour. « Nous avons assisté à la fabrication du papier du début jusqu’à la fin. Je trouve que c’est une idée géniale afin de préserver la nature au lieu de polluer l’air en brûlant les résidus agricoles ou en coupant des arbres pour fabriquer du papier », affirme Marawan, élève en première année secondaire. Lui et ses camarades qui ont participé à cet atelier pensent créer prochainement des machines qui réduisent les étapes de fabrication. « Les résidus agricoles sont une richesse nationale. Une fois recyclés, ils peuvent ramener des profits et des devises au pays, car il s’agit d’un secteur prometteur », avance le jeune écolo.

Une autre initiative a été lancée par l’association Al-Kheir wel Tassamoh (bien et tolérance). « Souvent, on organise des excursions à Charm Al-Cheikh et à Dahab comptant 50 enfants chacune. A bord du bateau et via le snorkeling (plongée en apnée), les enfants arrivent à découvrir la faune et être proches des poissons. Ils apprennent donc ce qu’est une réserve naturelle et l’attitude à adopter pour la protéger. En parallèle, on leur dit de ne pas polluer la mer en jetant les canettes ou les sachets de chips afin de protéger les coraux et d’autres espèces comme les animaux aquatiques », affirme Amr Fouad, président de l’association. Savoir que Ras Mohamad à Charm Al-Cheikh renferme plus de 250 espèces de poissons suscite la passion des enfants et les incite à chercher des détails sur Internet concernant la faune aquatique, tout en comparant ce qu’ils ont vu avec les photos.

« L’éducation environnementale fait comprendre aux enfants l’ampleur de la destruction infligée à la nature par les êtres humains et ce que cela entraîne comme conséquences sur la vie aquatique où certains poissons sont menacés d’extinction », explique Hazem Fathi, maître plongeur à Ras Mohamad qui accompagne les enfants.

Premiers fruits

Une sensibilisation qui semble porter ses fruits. « Nous avons appris que nous avons un rôle à jouer dans les diverses questions environnementales. Par exemple, en ce qui concerne la rationalisation de la consommation de l’eau, j’ai appris que l’explosion démographique a réduit le quota de l’individu de 1000 m3 par an. Je dois donc jouer un rôle en sensibilisant mon entourage », souligne Amr, élève en deuxième préparatoire. Cet enfant, qui habite à Imbaba, fait gentiment la remarque à ses voisins qui gaspillent de l’eau tout en leur demandant d’éviter ce gaspillage. Quant à Moaz, élève de 11 ans dans une école publique, nommé ambassadeur de l’environnement, il déclare: « A l’occasion de la Journée mondiale des sols, des responsables du ministère de l’Environnement nous ont fait partager un jeu qui ressemble à celui de l’oie, mais permettant de comprendre que l’utilisation des ressources à bon escient aide à monter l’échelle, alors que des agissements irresponsables causant des dommages environnementaux mènent au bas de l’échelle ». Aujourd’hui, cet élève se charge de faire comprendre à ses camarades l’importance de préserver l’environnement à travers les jeux et la nouvelle technologie. Moaz est parmi une vingtaine d’élèves ayant assisté à une séance de sensibilisation programmée par le ministère de l’Environnement et des ONG. « Ces élèves présentent leurs activités écologiques sur la chaîne de Telegram afin de soutenir tout ce qui est vert pour préserver les ressources naturelles », déclare Hanaa, chercheuse en environnement dans l’administration chargée de la sensibilisation des étudiants au ministère de l’Education.

Un autre exemple prometteur est présenté par Nagwa Samuel, chef du département de l’éducation environnementale au ministère de l’Education, celui des écolières dans une école publique à Agouza qui avaient ramené de la cantine des boîtes vides en carton et ont fait un tri, séparant les cannettes, les sachets et les restes des aliments.

Une éducation environnementale qui rejoint aussi la politique de l’Etat. L’initiative présidentielle Ethadar Lel Akhdar (prépare-toi au vert), lancée il y a 3 ans, a intégré les questions environnementales tout en signalant l’importance de faire face aux agissements irresponsables des entreprises industrielles, et ce, en commençant à faire de la sensibilisation environnementale tôt dans les écoles et à travers les médias. Parallèlement, l’Egypte accueillera la Conférence internationale sur les changements climatiques COP27 à Charm Al-Cheikh qui se déroulera au mois de novembre 2022.

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