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Magdi Abou-Frekha: « Il nous reste du temps pour former une bonne équipe »

Propos recueillis par Chourouq Chimy, Lundi, 26 novembre 2012

Magdi Abou-Frekha, nouveau président de la Fédération égyptienne de basketball, parle de ses ambitions pour la discipline. A court terme, il vise la qualification aux Championnats du monde. A long terme, les JO 2016.

Basketball
Réduire le nombre de matchs au championnat national permettra aux joueurs de joindre les regroupements de la sélection.

Al-ahram hebdo : Vous êtes président de la Fédération égyptienne de basketball depuis 2 mois. Maintenant, avez-vous fait le tour du propriétaire ? Quels sont vos objectifs ?

Magdi Abou-Frekha : Le basketball égyptien passait par une longue période de grave dégradation de son niveau. Depuis le début des années 1990, la sélection égyptienne n’arrive plus à se qualifier pour la Coupe du monde. Il y a une énorme différence d’âge entre les sélections junior et senior. Dans les années passées, j’étais membre du conseil d’administration et président du comité des compétitions au sein de la Fédération égyptienne de basketball. On a commencé, il y a quelques années, à accorder plus d’attention à la catégorie juniors. Et on a réussi en très peu de temps à se placer 4e en Coupe du monde junior et à remporter, pour la première fois de l’histoire, la Coupe du monde junior féminine. Toutefois, l’objectif est que ces juniors puissent rejoindre à la sélection senior et s’y intégrer. Quand je suis arrivé à la tête de la Fédération, j’avais 2 objectifs : à court terme, former une bonne équipe senior capable de redevenir championne d’Afrique. Malheureusement, nous n’avons terminé que 11e lors de la dernière édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). A long terme, je veux bien préparer la sélection senior en vue d’une qualification et de bons résultats aux JO 2016. Un chemin de mille lieues commence toujours par un pas.

— Le ministère du Sport vous alloue-t-il un budget suffisant en vue de ces objectifs ?

— La situation économique de l’Egypte est très mauvaise. Je ne peux pas demander l’augmentation de mon budget. Je dois aussi travailler à développer des formes d’autofinancement. Utiliser la publicité sur les terrains, sur les t-shirts des arbitres, commercialiser les matchs du Championnat national à la télévision et à la radio, etc. Je peux réaliser des économies en développant de bonnes relations avec d’autres pays, comme la Turquie, l’Espagne, l’Allemagne et les Etats-Unis. Des négociations sont en cours avec ces pays pour qu’on procède gratuitement à des échanges pour les stages de préparation.

— Plus concrètement, comment allez-vous améliorer le niveau des différentes sélections ?

— Je vous assure qu’en junior nous avons déjà atteint nos objectifs, en masculin et en féminin. Les filles sont vraiment talentueuses et elles pourraient créer des surprises très rapidement. Au mois de juin 2013, les juniors disputeront la CAN qui compte comme qualificatif pour la Coupe du monde. Je suis en train de négocier avec un expert étranger pour qu’il devienne le directeur général de ces équipes. Ce dernier créera en outre un système unifié pour les différentes catégories juniors, moins de 16 ans et moins de 18 ans. Avec un tel système, on aura devant nous toute une génération de basketteurs capables de remporter des titres. En ce qui concerne la sélection senior, je viens de signer un contrat de directeur technique avec Amr Aboul-Kheir. C’est un ancien joueur de basketball et il a obtenu de bons résultats avec des équipes arabes en tant qu’entraîneur. Au mois de janvier prochain, la sélection disputera les qualificatifs africains pour la CAN. Si on arrive à terminer dans les 3 premiers, lors de cette dernière, on sera qualifié automatiquement pour la Coupe du monde. C’est notre obsession pour 2013. Mais si on termine plus bas dans le classement, ce sera de toute façon un pas de plus vers notre objectif.

— Le Championnat national est de retour. Comment le jugez-vous ?

— Pour l’instant, il y a une grande stabilité en matière de sécurité et de déroulement des matchs. J’ai accepté de disputer les matchs en public après avoir obtenu la permission de la police. Et, les matchs étaient bien organisés. Je crois que ça annonce le début du retour du public égyptien dans les stades. Quant au système de jeu, je l’ai un peu modifié : les équipes jouaient beaucoup de matchs et il n’y avait pas de temps pour les entraînements seniors. J’ai en outre diminué la liste des joueurs dans chaque équipe, de 20 à 14 ou 16 joueurs. Mon but est de bien répartir les joueurs afin de garantir un maximum d’équité et de compétition.

— Vous n’êtes pas contre le fait d’avoir des joueurs étrangers au sein des équipes égyptiennes ?

— Non, je ne suis pas contre. Mais avec pas plus d’un joueur étranger par équipe. Avant c’était une vraie foire : les équipes n’avaient pas d’expérience et recrutaient des joueurs étrangers mauvais ou même de moindre niveau que les joueurs égyptiens. Maintenant, ils ont plus d’expérience et signent de bons joueurs étrangers qui font la différence au sein de leur équipe, et cela donne une dimension différente au Championnat national. D’autres pays dépendent essentiellement de joueurs étrangers, ce qui, avec le temps, nuit à leurs équipes.

— Comment jugez-vous les performances des équipes arabes et africaines ?

— Le Maroc, l’Algérie, la Jordanie, le Liban et la Tunisie sont les meilleurs. La Tunisie a beaucoup progressé dans son jeu après un passage à vide dû à la situation politique du pays. On espère être à pied d’égalité avec ce pays. Nous avons quand même pu arracher le titre de la dernière édition du Championnat arabe, et il nous reste encore du temps pour former une bonne équipe comme la leur. En Afrique, le défi est complètement différent. Ils sont vraiment forts. L’Angola, le Sénégal, le Nigeria, le Cameroun et la Côte d’Ivoire sont les meilleurs. Cela vient en grande partie du fait que leurs joueurs sont professionnels aux Etats-Unis et en Europe.

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