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Mohamad Al-Chorbaguy : Je ne veux pas m’endormir sur mes lauriers

Chourouq Chimy, Mardi, 28 octobre 2014

Mohamad Al-Chorbaguy occupe pour la première fois la tête du classement mondial de squash (PSA). Dans une interview exclusive à Al-Ahram Hebdo, il parle de ses ambitions et de son intention de conserver cette place au top du circuit mondial.

Mohamad Al-Chorbaguy
(Photo : WSF)

AL-AHRAM HEBDO : Comment êtes-vous arrivé à occuper la première place au classement mondial PSA ?

Mohamad Al-Chorbaguy : Je n’avais pas planifié cela. La saison de squash commence au mois d’août. Elle a commencé avec l’Open de Hong-Kong que j’ai remporté. Ensuite, j’ai remporté les Opens de la Malaisie et du Mexique. Au mois d’octobre, j’ai disputé l’Open des Etats-Unis. Lors de la demi-finale, je savais que j’allais avancer en classement et occuper la tête du classement après que Nick Matthew eut perdu contre mon compatriote Amr Chabana.

— Que signifie pour vous cet exploit ?

— J’ai beaucoup travaillé pour atteindre cette place. Ce n’était pas facile, mais le plus difficile pour moi est de conserver cette place pour longtemps encore. Certains pensent que je suis arrivé ainsi au sommet, mais j’estime que ce n’est que le début.

— Comment pensez-vous pouvoir garder votre place au top du classement mondial ?

— Je vais sûrement faire plus d’entraînements et travailler mes points faibles. Je n’aime pas trop penser au classement mondial. Mon but principal est de gagner les compétitions. Je me sens mal quand je n’arrive pas à remporter des titres, car les titres me permettent automatiquement de conserver ma place au top du classement mondial. Cependant, je peux dire que la différence de points entre moi et le Français Gregory Gaultier est très mince. Alors qu’elle est plus grande entre moi et les autres joueurs du top 5. Si jamais j’arrive à terminer finaliste aux championnats du monde individuels qui auront lieu dans deux semaines, je collecterai beaucoup de points qui me mettront à l’abri.

— Dans deux semaines, vous allez disputer les championnats du monde individuels. Pourrez-vous arracher ce titre ?

— Le titre de champion du monde de squash est mon rêve. Mais, je ne veux pas le remporter et m’endormir sur mes lauriers, comme beaucoup d’autres joueurs. En 2013, j’ai terminé finaliste tandis que l’année dernière, j’ai terminé demi-finaliste. Je ferai de mon mieux pour le remporter cette fois-ci.

— Vous êtes le seul joueur égyptien parti très jeune vivre en Europe et pratiquer le squash. Comment avez-vous pris cette décision ?

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(Photo : WSF)

— En 2006, l’Egypte accueillait les championnats du monde de squash. J’ai rencontré l’entraîneur anglais Jonah Barrington. A ce moment-là, j’avais 15 ans. Il m’a dit qu’il avait beaucoup aimé mon jeu et que j’étais talentueux. Il m’a appelé et m’a proposé une bourse à l’école Millfield. J’ai accepté. En une semaine, j’avais mon visa, et ma vie a commencé en Angleterre. J’ai eu aussi une autre bourse pour mes études à l’Université West of England. A l’âge de 23 ans, je viens de terminer mes études en business. Barrington était mon seul entraîneur pendant toute cette période. Et je n’ai pas l’intention de le changer.

— Avez-vous un sponsor ?

— Pour l’instant, mes sponsors sont mon père, ma mère et Farag Amer, président du club Smouha. Ce dernier ne m’offre pas de salaire, mais je joue toujours pour le club. Il m’a accordé beaucoup de facilités depuis mon enfance. Après avoir terminé mes études, je n’ai pas eu de sponsors. Mais, lors de l’open des Etats-Unis, j’ai rencontré le responsable d’une société allemande qui a commencé à me sponsoriser juste avant l'Open des Etats-Unis. Mais franchement, les hommes d’affaires égyptiens m’ont beaucoup déçu. Je suis le numéro 1 en circuit mondial de squash, et c’est une société allemande qui me sponsorise et non une égyptienne ! J’ai eu une bourse universitaire anglaise et un sponsor allemand ! Honte aux hommes d’affaires égyptiens ! Je ne suis pas le genre de joueur qui va partout mendier et court après les hommes d’affaires. Je consacre ma vie et mon temps au squash.

— Voulez-vous nous décrire vos entraînements au quotidien ?

— Je m’entraîne 6 jours par semaine : deux heures le matin et deux heures l’après-midi. Je travaille ma rapidité, ma condition physique, mes mouvements en pleine cour et ma technique de jeu. Mais en pleine saison, je m’entraîne au maximum 2 heures par jour pour donner la chance à mon corps de se reposer et afin de ne pas me blesser.

— Selon vous, quels sont vos points forts en comparaison avec les autres joueurs ?

— Personne n’est parfait. Mais arriver au top 4 est difficile de faire des fautes. Il s’agit plutôt de travail mental et beaucoup de concentration. Sur le plan technique, je tiens toujours à contrôler le milieu du court. Sinon, je passe mon temps à courir. Je ne pourrai pas poursuivre les compétitions car je serai certainement fatigué.

— Vous êtes au top 5 depuis un an et demi, est-ce un challenge différent ?

— Avant d’accéder au top 5, je disputais les tournois et la demi-finale en étant très fatigué. Mais j’ai décidé de changer cela et j’ai travaillé ma condition physique. En même temps, quand je disputais les demi-finales, je me concentrais beaucoup. Je ne ratais pas facilement les occasions pour marquer. Maintenant, j’arrive facilement à disputer la demi-finale et je joue les finales avec beaucoup de fraîcheur. C’est pourquoi je gagne.

— Qui sont les joueurs qui ont influencé votre carrière ?

— J’aime bien le jeu du champion égyptien Amr Chabana. C’est un joueur complet pour moi. Quand on observe son jeu, on s’aperçoit qu’il joue un squash facile et simple. Tandis que son adversaire fait beaucoup d’efforts. On l’appelle le « Federer du squash ». Son squash est exceptionnel. J’ai appris beaucoup de choses en squash en observant son jeu. A part cela, j’aime bien son attitude en pleine cour et sa sérénité. En plus, il possède un charisme. En ce qui concerne les joueurs étrangers, l’Anglais Nick Matthew est un grand joueur. Je le respecte beaucoup. Il a 34 ans et il possède une grande carrière en squash.

— Et ton frère Marwan Al-Chorbaguy, actuel n° 17 mondial ?

— J’ai vraiment la chance d’avoir mon frère Marwan dans ma vie. Il a beaucoup influencé ma carrière en squash. Le squash est un sport individuel et exige beaucoup de concentration. Marwan est mon partenaire lors des entraînements. Je lui confie tout, et personne ne peut faire cela avec son partenaire d’entraînement, car un jour il jouera contre lui. Quand Marwan me donne un conseil, je suis sûr qu’il est sincère et qu’il veut mon intérêt. Je crois que lui aussi profite de son entraînement avec moi.

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