Sports > Sports >

Azmy Mehelba : Je dois mes résultats à mon père qui m’a consacré son temps et son argent

Doaa Badr, Mardi, 30 septembre 2014

Azmy Mehelba, 23 ans, a réalisé un exploit en remportant la médaille de bronze au skeet et le premier ticket olympique lors des Championnats du monde de tir qui se sont achevés la semaine dernière en Espagne. Entretien.

Azmy Mehelba
(Photo : www.issf-sports.org)

Al-Ahram Hebdo : Que représente pour vous la médaille de bronze aux Mondiaux d’Espagne ?

Azmy Mehelba : Cette médaille a un goût spécial. Une médaille aux Mondiaux est la plus précieuse pour un athlète. Il faut savoir qu’en tir, les Championnats du monde complets, qui regroupent toutes les épreuves, ont lieu tous les 4 ans. C’est un grand honneur de décrocher une médaille à ces Mondiaux, qui sont les plus importants en tir. Monter sur le podium était un exploit incomparable qui m’incite à décrocher beaucoup plus de médailles.

— Pouvez-vous nous décrire la concurrence lors de ces Mondiaux ?

— Vu que c’est une compétition qui regroupe les meilleurs athlètes du monde, soit les 3 meilleurs de chaque pays, la concurrence était très rude. J’étais en concurrence avec des champions du monde, des champions olympiques et des champions d’Europe qui visent tous le podium et la qualification olympique. J’ai pu obtenir la médaille de bronze après avoir battu le Français Eric Delaunay sur le score de 15-13.

— Cette médaille vous a offert une qualification pour les Jeux olympiques de Rio de Janeiro 2016. Que pensez-vous de cette qualification très avancée ?

— Premièrement, être le premier Egyptien, Africain et Arabe à me qualifier pour les Jeux Olympiques (JO) 2016, représente un grand honneur. Il faut savoir que seuls les 3 premiers des Mondiaux se qualifient aux JO. Deuxièmement, le fait que cette qualification est réalisée avant terme représente un grand atout pour moi. Il reste 2 ans pour les JO. Je me sens très satisfait à la suite de ce résultat. Le plus important est que je pourrai commencer ma préparation pour les JO très tôt.

— Comment êtes-vous parvenu à ce niveau international ?

— Je dois tous mes résultats à mon père. Il m’était impossible de parvenir à ce niveau sans lui. Mon père, qui était un ancien tireur, comme mon grand-père, a consacré tout son temps et son argent à moi et à mon frère Abdel-Aziz. Il nous a envoyés tous les deux à l’étranger pour des stages de préparation. Il a signé des contrats avec les meilleurs entraîneurs au monde pour nous former. Actuellement, je suis en contrat avec l’entraîneur italien, Diego Gasprimi, l’un des meilleurs entraîneurs au monde, qui a une licence A détenue par 5 personnes seulement. Depuis 2 ans, cet entraîneur planifie mon programme de préparation que j’applique à la lettre. Parfois, je m’entraîne seul à Alexandrie, ma ville natale. D’autres fois, je pars en Italie ou en Chypre pour m’entraîner avec lui. Il est à noter que Gasprimi est l’entraîneur de la sélection de Chypre. Cet entraîneur m’a beaucoup aidé à améliorer mon niveau. Avec lui, je suis devenu un tireur professionnel.

— Comment se déroule l’entraînement d’un tireur ? Effectuez-vous des entraînements physiques ?

— Le tir est un sport qui repose sur la concentration totale, vu la pression de la compétition. Cela exige un entraînement intensif technique et mental d’un très haut niveau, afin d’acquérir de l’expérience et de travailler sur les lacunes. Mais il faut savoir que le fusil pèse 3,5 kg. Je dois être physiquement bon pour pouvoir lever le fusil durant la durée de la compétition (8 postes sur 3 jours et chaque poste prend une demiheure). Durant la séance d’entraînement, je dois commencer par l’entraînement physique, puis je commence à tirer, tout en évaluant ma performance chaque fois que je manque un plateau, et j’essaie de nouveau à cibler ce plateau.

— Comment préparez-vous les JO ? Et quels sont vos objectifs à Rio de Janeiro ?

— Dès mon retour des Mondiaux, j’ai effectué une réunion avec le président de la Fédération égyptienne, Hazem Hosni, et le ministre de la Jeunesse et du Sport, Khaled Abdel-Aziz. Durant cette réunion, le ministre a accepté de financer ma préparation des JO, y compris le montant du contrat de mon entraîneur italien. Cette saison, il me reste encore deux compétitions : la finale de la Coupe du monde en octobre à Azerbaïdjan et le Championnat arabe en novembre prochain au Qatar. La saison prochaine comprend presque 5 étapes de la Coupe du monde et le Championnat du monde de skeet. Avant chaque compétition, je dois effectuer un stage de préparation à l’étranger avec mon entraîneur. Il est à noter que ces JO seront ma deuxième participation, puisque j’ai disputé les JO de Londres 2012 où j’ai réalisé une mauvaise performance. J’étais encore jeune et je n’avais pas d’expérience. Lors des prochains JO, je serai prêt pour réaliser mon rêve de monter sur le podium olympique.

Le tir en quelques mots

C’est le 3e sport individuel pratiqué dans le monde (après le tennis et le golf). Il s’agit d’un sport diversifié, grâce à ses nombreuses épreuves, et qui se pratique à tout âge. Certaines épreuves sont olympiques : pistolet et carabine à 10 mètres à air comprimé, pistolet vitesse et combiné dames à 25 mètres qui se pratiquent avec des pistolets de calibre, pistolet libre et carabine à 50 mètres, tous deux également en calibre, fosse olympique et skeet. L’Egypte est l’une des plus anciennes nations à pratiquer le tir. Mais le nombre de pratiquants de ce sport reste limité, puisque ce sport est très coûteux. Par exemple, le pistolet utilisé lors des tournois internationaux coûte 7 000 euros, ce qui représente une grande somme pour un athlète. Près de 1 500 tireurs sont inscrits à la Fédération égyptienne de tir, représentant les 28 clubs membres de la Fédération. Le plus grand club en nombre d’athlètes et en résultat est Talaei Al-Gueich, puis vient le club de l’Institution militaire et le club Al-Seid d’Alexandrie et de Doqqi. La saison de tir commence en octobre et s’étend jusqu’au mois de mai. Durant ces 10 mois, 8 tournois dans chaque épreuve sont organisés en Egypte, précisément au Caire et à Alexandrie. Grâce à ce grand nombre de compétitions, l’Egypte reste le meilleur pays africain. Et les Egyptiens ne cessent de réaliser des résultats au niveau international. En effet, la médaille de bronze de Azmy Mehelba n’était pas le premier exploit de cette discipline. Son compatriote Mohamad Ismaïl, lui aussi, avait réalisé une première dans l’histoire du tir égyptien en décrochant la médaille d’or aux Jeux méditerranéens 2007. On attend d’autres exploits.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique